Plus d’équité, moins de favoritisme

Plus d’équité, moins de favoritisme
François Langevin, président, Marc-André Camirand, vice-président et Annie Jalbert, registraire de l'Organisation du baseball mineur de Louiseville. (Photo : Photo Pier-Olivier Gagnon)

Organisation du baseball mineur de Louiseville

BASEBALL. En marge de la nouvelle saison, l’Organisation du baseball mineur de Louiseville (OBML) a adopté une toute nouvelle façon de faire pour déterminer la composition de ses 14 équipes.

Cette nouvelle approche résulte d’un profond désir des membres du conseil d’administration d’éliminer toute forme de favoritisme des entraîneurs, bien souvent des parents, envers les jeunes joueurs de baseball.
Ainsi, cette année, un comité indépendant a été formé afin d’évaluer les habiletés et les aptitudes des joueurs lors d’un camp d’entraînement qui s’est tenu sur une période de quatre à six semaines. Ces évaluateurs ont ensuite procédé aux sélections appropriées pour chaque catégorie. «On voulait éviter toutes les possibilités d’avoir des injustices causées par la sélection des joueurs par des parents. Même s’il y avait généralement de bonnes intentions dans les évaluations des joueurs par les entraîneurs, il n’en reste pas moins qu’en apparence, il pouvait y avoir des conflits d’intérêts», explique Marc-André Camirand, vice-président de l’OBML.

Ce comité, composé d’une dizaine d’évaluateurs, analysait, avec l’aide d’une fiche d’évaluation objective, six principaux critères, soit le frapper, le lancer, l’attraper, la course, le comportement et la capacité à s’adapter aux directives d’un entraîneur qualifié.

«On voulait changer cette mentalité qui a toujours été présente et dans laquelle on remarquait des jeunes qui ne se forçaient pas vraiment ou qui savaient déjà un peu à l’avance dans quelle équipe ils étaient pour être. C’était toujours un peu de l’acquis pour eux et on voulait changer ça. D’un autre côté, il y avait une pression sur les entraîneurs et c’était toujours un peu délicat», raconte François Langevin, président de l’OBML.

«Ç’a toujours été comme ça. Si tu jouais dans le niveau A une saison, tu étais un peu assuré de jouer dans le A la saison prochaine. Et penser ça, c’est une erreur! Si le joueur a le potentiel d’être dans le A, il doit le démontrer au camp d’entraînement et son évaluation doit être le reflet de ce qu’il a donné», renchérit M. Camirand, lequel précise que l’attribution des entraîneurs a été faite une fois les équipes formées.

Indépendance et compétence

L’Organisation du baseball mineur de Louiseville se dit choyée d’avoir pu compter sur l’implication de personnes dévouées et compétentes pour réaliser les sélections de ses équipes. «Ça prenait vraiment des gens compétents et disponibles sinon nous n’aurions pas pu faire ça. Nous avons approché Hugo Beaudin qui a accepté de prendre en charge ce volet. Hugo est très connu dans le baseball et il en mange. C’est un bon pédagogue, un bon entraîneur, un gars impliqué et c’était la personne toute désignée pour faire ça. Il a de l’expérience et il voit vraiment le potentiel des jeunes», confie Marc-André Camirand.

«On voulait changer cette mentalité qui a toujours été présente»

– François Langevin

M. Beaudin s’est entouré de joueurs évoluant au niveau junior élite et d’autres personnes qui gravitent dans le monde du baseball depuis longtemps. «Ce sont des gens qui sont venus bénévolement nous aider. C’est un défi d’avoir des bénévoles dans tous les sports, mais nous sommes chanceux à Louiseville de pouvoir miser sur ces bonnes personnes pour contribuer au développement du baseball», souligne-t-il.

D’ailleurs, l’OBML est satisfaite d’avoir mis sur pied ce nouveau programme et ne reviendrait pas en arrière. «Le travail a été bien fait. Notre équipe de sélection était solide et nous n’avons pas un mot à dire là-dessus. C’est une belle réussite. Il est certain que du chialage, il y en aura toujours, mais on remarque qu’il y en a eu beaucoup moins. Aujourd’hui, même si l’échantillon est petit parce que la saison vient de débuter, on constate que nos équipes représentent vraiment ce qu’elles devaient être», remarque le président en confirmant que cette expérience sera répétée l’an prochain.

François Langevin n’écarte pas non plus la possibilité d’élaborer un système d’évaluation pour suivre l’évolution des joueurs en cours de saison.

Formation des entraîneurs

Le baseball mineur de Louiseville profite cette année d’une augmentation de 15% du nombre d’inscriptions par rapport à la saison dernière et les projections des prochaines années semblent être aussi positives. Pour encadrer adéquatement les 159 joueurs de cette association, les dirigeants ont décidé d’investir davantage dans la formation de ses entraîneurs.

«La Mauricie au complet était en retard là-dessus. Ça fait partie de notre nouvelle vision de miser sur la formation des entraîneurs. Chaque instructeur doit maintenant participer au Programme national de certification des entraîneurs (PNCE) et peut ensuite se spécialiser avec d’autres formations complémentaires. Ça remonte le niveau de compétence de nos entraîneurs qui partent avec une bonne base», rapporte M. Langevin.

«Tu peux avoir le meilleur parent possible, avec une bonne volonté, mais s’il ne connait pas le baseball, on s’en va un peu nulle part parce qu’on veut que les jeunes apprennent, se développent et qu’ils aient du plaisir. On n’a pas le choix d’aller vers la formation. Nous, comme organisation, on croit que c’est un peu un service qu’on rend aux jeunes. La formation, ça engendre des coûts, mais on juge que c’est un investissement. Ce sont nos jeunes qui vont en bénéficier», croit le président de l’Organisation du baseball mineur de Louiseville.

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

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