Santé: Christian Dubé et Horacio Arruda misent sur la prévention

Stéphane Blais, La Presse Canadienne
Santé: Christian Dubé et Horacio Arruda misent sur la prévention

Le ministre de la Santé, Christian Dubé, veut mettre la prévention au cœur de sa réforme de la santé et il a annoncé jeudi un plan d’action pour y parvenir. L’annonce marquait le retour du docteur Horacio Arruda devant les médias.

Le sous-ministre adjoint Horacio Arruda sera l’ambassadeur du PGPS ou Politique gouvernementale de prévention en santé.

Pour la seconde phase de ce plan, le gouvernement octroie un investissement de 120 millions $, soit 40 millions $ par année, jusqu’en 2024-2025.

Le maître mot de la conférence de presse qui avait lieu à Québec était la «prévention».

La «prévention, c’est ce qui manque en ce moment comme projet de société», a indiqué Sylvie Bernier, présidente des Tables nationales en saines habitudes de vie, qui était présente lors de l’annonce du plan.

Horacio Arruda a pour sa part répété à plusieurs reprises «vive la prévention!».

Le gouvernement veut renforcer le message selon lequel plusieurs solutions pour soulager la pression sur le système de santé se trouvent en dehors du système et reposent sur de saines habitudes.

Ainsi, le plan d’action va mobiliser près d’une trentaine de ministères et organismes gouvernementaux et plus de 80 partenaires non gouvernementaux, afin de faire la promotion de saines habitudes de vie.

Plus d’une «centaine d’actions partout au Québec» sont prévues dans ce plan.

Questionné à savoir comment, concrètement, l’argent sera dépensé, le docteur Arruda a indiqué qu’il s’agissait de mettre en place des «projets communautaires qui transforment l’environnement» des gens. 

La médaillée olympique Sylvie Bernier a pour sa part donné l’exemple de programmes d’éducation alimentaire en milieux défavorisés. 

Le ministre Dubé a ajouté que certains montants pourraient servir à faire des campagnes de sensibilisation pour que les citoyens sachent où sont les infrastructures sportives dans leurs communautés. 

«Il faut convaincre les Québécois de penser aux saines habitudes de vie» qui peuvent améliorer l’espérance de vie de qualité, a souligné le ministre Dubé, en précisant que «ces habitudes sont: être non-fumeur, ne pas être obèse ou en surpoids, consommer de l’alcool avec modération, faire 30 minutes d’activité physique par jour et avoir une alimentation de bonne qualité».

Sur la somme de 120 millions $, 20 millions $ serviront au «développement des capacités des personnes dès le plus jeune âge». 

Plus de 50 millions $ seront dépensés pour orienter «l’aménagement de communautés et de territoires sains et sécuritaires».

Près de 39 millions $ seront octroyés à «l’amélioration des conditions de vie qui favorisent la santé» et 8 millions $ au «renforcement des actions de prévention dans le système de santé et de services sociaux».

Le retour du docteur Arruda

Ce plan d’action est une «étape importante» pour le Québec, a déclaré le docteur Arruda avant d’ajouter: «attachez vos tuques», car «on sent vraiment un élan actuellement» de la part des différents partenaires. 

Il a indiqué que sa nomination à titre d’ambassadeur de cette politique était «un très grand privilège» et que son rôle consistera notamment à rencontrer les «acteurs clés» de santé publique dans les différentes régions et s’assurer que «les gens connaissent» et mettent en œuvre le plan d’action.

«Ce qu’on veut, c’est que chaque ministère contribue à améliorer la santé du Québec», a ajouté Horacio Arruda.

Le docteur Arruda a par ailleurs indiqué que ce n’était «ni un soulagement ni une déception» de ne plus occuper le poste de directeur de la santé publique, en ajoutant que «gérer la prévention, c’est gérer la prochaine crise dans nos hôpitaux».

En janvier dernier, Horacio Arruda avait démissionné comme directeur national de santé publique du Québec après presque deux ans de pandémie.

Horacio Arruda a également répondu à quelques questions concernant la gestion de la pandémie.

Une journaliste lui a demandé ce qu’il avait «trouvé le plus difficile» lors de cette période.

 «Le manque de connaissance qu’on avait lors de toutes les interventions. Comme scientifique, c’est agréable d’appuyer nos décisions sur des données probantes, mais elles ne le sont pas, au début d’une pandémie, il y a plein de choses qu’on ne sait pas», a répondu le docteur avant d’ajouter «que de gérer quelque chose sans être appuyé par des expériences antérieures est probablement l’élément le plus difficile».

Il a expliqué que les décisions qu’il a prises sont «celles qu’on pensait les plus justes, en termes d’équilibre, pour la population québécoise et il ne faut pas oublier dans quel état de fragilité était le réseau de santé et on ne voulait pas que quelqu’un qui faisait un infarctus arrive (à l’hôpital) et ne puisse pas être traité».

Horacio Arruda a ensuite ajouté «qu’on fait toujours mieux après qu’avant».

Toujours au sujet de la gestion de la pandémie, il a mentionné que «dans le même contexte et les mêmes recommandations, j’en arriverais probablement aux mêmes solutions».

Il a également indiqué «que le Québec, malgré ce que les gens pensent, sur la question de la surmortalité», a «très bien performé» en faisant référence à des données qui seront bientôt publiées.

De toutes les provinces et de tous les territoires du Canada, c’est au Québec que le taux de mortalité associé à la COVID-19 a été le plus élevé, selon une analyse publiée récemment par le Journal de l’Association médicale canadienne.

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