Quelques centaines d’étudiants reprennent les revendications du printemps érable

Pierre Saint-Arnaud, La Presse Canadienne
Quelques centaines d’étudiants reprennent les revendications du printemps érable

MONTRÉAL — Les étudiants de 2022 ont repris, mardi, le flambeau porté par leurs semblables il y a dix ans, lors du printemps érable de 2012.

Quelques centaines d’entre eux ont pris la rue dans la métropole alors que des grèves et manifestations étaient prévues à travers la province, et ce, jusqu’à vendredi dans certains cas.

Comme en 2012, les étudiants réclament la gratuité scolaire: «Je pense que nous sommes une grosse gang à avoir comme idéal sociétal, l’équité des chances, l’égalité des chances», a expliqué Jean-Manuel Doran-Penafiel, étudiant au niveau collégial. 

«Peu importe de quel milieu social on vient, peu importe la provenance socio-économique, de donner à tout le monde la chance d’y accéder. C’est une position purement néo-libérale que de dire: les individus doivent investir dans leur avenir et l’avenir réinvestira en eux. Ça, c’est partir d’un point de vue qui n’a rien à voir avec l’égalité des chances», a-t-il fait valoir.

Le jeune homme n’était pas en terrain inconnu, a-t-il précisé: «Quand j’avais 8 ou 9 ans, mes parents qui sont profs de science politique à l’université, m’amenaient avec eux dans toutes les manifs des carrés rouges. Ça m’a marqué. Dix ans plus tard, on a l’impression que la lutte a stagné.»

À cette revendication traditionnelle s’en ajoutent d’autres, au premier chef le salariat des stages. Le refus de payer des stagiaires est une revendication qui est portée depuis quelques années maintenant. Camille, une des porte-parole du Collectif «Un salaire pour toustes les stagiaires» qui n’a pas voulu donner son nom de famille, a harangué les étudiants en dénonçant l’indifférence des autorités face à cette demande: «Ça fait depuis 2016 que le gouvernement et le ministère de l’enseignement supérieur sont au courant de nos revendications.»

 «Le message qu’on nous envoie en tant qu’étudiantes, c’est: payez pour travailler.»

«Nous en avons ras-le-bol de faire du travail gratuit. Nous en avons ras-le-bol que nos cégeps, nos universités, nos écoles techniques ne nous soutiennent pas. Nous en avons ras-le-bol des ordres professionnels qui menacent les stagiaires de leur faire couler leurs stages si iels exercent leur droit de grève. Nous en avons ras-le-bol d’être la main-d’oeuvre gratuite, le « cheap labor » d’un gouvernement qui nous manque de respect», a-t-elle déclamé sous les applaudissements de la foule, avant que les manifestants ne prennent la rue.

À Montréal, la manifestation s’est déroulée dans la bonne humeur par beau temps. Aux revendications purement étudiantes se sont ajoutées des condamnations de la loi 21 sur la laïcité, de la brutalité policière, du capitalisme.

Partant de la Place du Canada au centre-ville de la métropole, ils ont déambulé jusqu’à la Place Émilie-Gamelin, en bordure de l’UQAM.

Le mouvement ne touche pas l’ensemble des étudiants de niveau postsecondaire, mais environ 82 000 d’entre eux, tant du niveau collégial qu’universitaire.

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