Ottawa se dit prête à gérer des manifestations du «convoi» lors de la fête du Canada

La Presse Canadienne
Ottawa se dit prête à gérer des manifestations du «convoi» lors de la fête du Canada

Ottawa se prépare à une nouvelle série de manifestations qui devraient commencer le jour de la fête du Canada — mais le maire et le chef de la police se disent prêts.

Le maire Jim Watson et le directeur par intérim du Service de police d’Ottawa, Steve Bell, ont déclaré lundi que des plans de sécurité avaient été élaborés pour permettre des fêtes du Canada en toute sécurité, vendredi, malgré la menace de manifestations dans la capitale fédérale.

«Je tiens à assurer à tous que la Gendarmerie royale du Canada, la police d’Ottawa, la police de Gatineau et le Service de protection parlementaire sont pleinement préparés à répondre à toute situation», a assuré le maire Watson en conférence de presse lundi.

La capitale fédérale avait été le théâtre de plusieurs grandes manifestations des partisans du soi-disant «convoi pour la liberté», qui ont occupé le centre-ville pendant trois semaines en janvier et février.

Alors que la police a depuis réussi à empêcher des manifestations similaires de reprendre le contrôle de la ville, il sera probablement plus compliqué d’empêcher les manifestations prévues de devenir incontrôlables pendant la fête du Canada, avec ces milliers de personnes venues célébrer la fête nationale.

«Nous ne serons intimidés par aucun groupe qui envisage de perturber les célébrations, a martelé le maire Watson. Nous sommes prêts et nous ne tolérerons aucune activité illégale de la part de qui que ce soit.»

Pas de structures fixes

Le chef Bell a déclaré de son côté que la police était préparée à un certain nombre de scénarios différents et qu’elle réagira rapidement à toute activité illégale, y compris des efforts pour ériger des structures comme des scènes improvisées. «Nous avons élaboré nos plans en fonction des manifestations illégales et de l’événement  »Rolling Thunder »», a-t-il expliqué.

À la fin d’avril, la Commission de services policiers d’Ottawa a approuvé une demande du chef Bell visant à mobiliser jusqu’à 831 policiers de la GRC pour prêter main-forte lors des activités de motocyclistes du «Rolling Thunder». Cette mobilisation spéciale demeure valide jusqu’au 4 juillet — après la fête du Canada.

Le maire Watson a déclaré lundi que les habitants d’Ottawa et les visiteurs ne devraient pas hésiter à participer aux célébrations de la fête du Canada, qui se déroulent à l’ouest du centre-ville. Ils devraient par contre s’attendre à des retards, des fermetures de rues et d’autres entraves à la circulation. 

La Ville d’Ottawa prévient que les véhicules en violation des zones d’interdiction d’arrêt recevront des contraventions et seront remorqués; l’étendue totale des zones qui seront interdites n’a toutefois pas encore été déterminée.

Le chef Bell a déclaré que la police tentait de contacter les organisateurs de la manifestation. «Nous avons eu l’occasion, grâce aux renseignements que nous avons recueillis et aux examens de source ouverte que nous avons effectués, d’essayer d’établir un lien avec les différentes personnes qui indiquent qu’elles pourraient venir à Ottawa pour manifester», a déclaré le chef intérimaire de la police municipale. 

Une «commission populaire»

De nombreux habitants d’Ottawa sont toujours en colère contre la façon dont la Ville et la police ont géré les manifestations du «convoi de la liberté». Plusieurs groupes communautaires se sont ainsi regroupés pour lancer une «enquête citoyenne» sur la manière dont cette manifestation avait été gérée par les autorités.

La «Commission populaire d’Ottawa sur l’occupation par le convoi» a indiqué que les travaux seraient présidés par deux juristes et une militante pour la justice sociale.

«Les examens locaux et fédéraux sur ce qui s’est passé dans la capitale nationale, et à la grandeur du Canada, l’hiver dernier ne font qu’effleurer la surface de cette occupation dangereuse, antidémocratique et outrageante», a indiqué lundi en conférence de presse Ken Rubin, qui a lancé l’idée de cette commission populaire.

«Nous avons besoin de cette enquête indépendante et non partisane pour écouter les citoyens ordinaires, les organisations de défense des intérêts, les agences sociales, les propriétaires d’entreprises, les travailleurs et tous les autres dont la vie a chamboulé pendant l’occupation. 

«Il faut que les autorités répondent à la question de savoir comment on a pu permettre un assaut aussi préjudiciable à la ville et comment renforcer la capacité d’Ottawa et des autres communautés canadiennes à prévenir et à résister à une telle belligérance à l’avenir.»

La commission souhaite tenir des audiences et des consultations publiques à la fin de l’été et au début de l’automne, puis de formuler ses recommandations définitives en février 2023, autour du premier anniversaire du «siège d’Ottawa».

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