Super Meghan et les fantastiques

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
Super Meghan et les fantastiques
La petite Meghan est entourée de ses parents Karine Pelletier et Samuel Auger, et de son frère Jacob (Photo : Pier-Olivier Gagnon)

COMMUNAUTÉ. Relevant d’immenses défis telle une héroïne des bandes dessinées qu’elle apprécie tant, Meghan Auger est pourtant bien réelle. Appuyée par les trois fantastiques que sont Karine Pelletier, Samuel Auger et son frère Jacob, la brave fille de 6 ans de Maskinongé déjoue les pronostics qui lui prédisaient une vie en fauteuil roulant. Un combat quotidien où Super Meghan, armée de sa volonté de fer et de son courage, l’emporte un défi à la fois.

«Meghan est hypotonique, elle a une faible tonicité musculaire. Les spécialistes disaient qu’elle ne marcherait jamais. Bien plus que marcher, maintenant elle court», rapporte fièrement sa maman Karine Pelletier tout en précisant que lorsque la fatigue se fait ressentir, Meghan a tendance à se cogner. Ce qui demande une grande vigilance dans la maisonnée.

Un souci qui vaut bien la chaise roulante qui devait l’accompagner pour toujours. «Comme elle a été hospitalisée jeune et longtemps «ploguée» après des machines, on a dû lui montrer, geste par geste, ce qui vient naturellement chez un enfant», explique son père Samuel Auger qui remercie l’apport de spécialistes, entre autres de l’hôpital Sainte-Justine, qui permettent à sa fille de tendre vers l’autonomie dans ses déplacements.

S’ajoutant à son hypotonie, autre défi, Meghan a une lacune au point de vue génétique qui demeure, pour le moment, difficile à cerner. «Il y a des recherches qui se font actuellement en Allemagne sur sa génétique», explique Karine.

«Meghan est une petite fille très déterminée. Même bébé à Sainte-Justine, les médecins nous disaient à quel point elle était combative. Elle a conservé ce trait de caractère et je suis certaine que sans cette volonté, elle n’aurait pas autant progressé»

– Karine Pelletier

Bien qu’ayant certains défis au niveau intellectuel, Meghan parle et communique depuis peu. «Depuis quelques mois, c’est les premières fois où je commence à avoir des vraies conversations avec ma fille. Ça fait du bien. Avant, elle ne faisait que répéter des mots», témoigne avec émotion celle qui, du côté professionnel, enseigne l’évaluation et l’estimation en bâtiment au Cégep de Trois-Rivières. «C’était un vraiment un soulagement, comme la première fois où elle a ri», se rappelle tendrement son père. «On est toujours resté positif en voulant le mieux pour Meghan», ajoute sa mère.

À ce sujet, bien que bénéficiant d’un magnifique accueil à l’école primaire de Louiseville, Karine et Samuel voudraient possiblement inscrire leur Super Meghan dans un établissement scolaire spécialisé. «On est actuellement en transition pour peut-être lui faire fréquenter l’école Marie-Leneuf à Trois-Rivières», indique le papa.

Le grand frère de Meghan, qui vient d’avoir 11 ans, incarne également un fantastique qui appuie la super héros de Maskinongé. «Il est vraiment protecteur. Une fois, Jacob a présenté sa sœur à sa classe. Avant son arrivée, il est entré dans la classe en disant «Si j’en vois un qui rit de ma sœur, ça n’ira pas bien», dévoile Karine. «C’est un petit gars proche de ses émotions. Jacob a vu l’intensité que sa maman et son papa vivaient. Cela l’a sensibilisé à comprendre et accepter la différence», ajoute Samuel, un entrepreneur dans le domaine des articles promotionnels.

Nécessitant une attention «non-stop», Karine et Samuel apprécient par ailleurs le soutien apporté par le Centre de réadaptation en déficience physique Jacques-de-Labadie. «On a une petite allocation qui nous permet d’embaucher une gardienne. Ils se sont rendu compte que, parfois, on avait besoin de penser à nous, en tant que couple. Une fois par mois, on se paye un souper d’amoureux», relate reconnaissant Samuel qui remercie du même souffle leur dévouée gardienne et voisine Aurelie Mirandette.

Parlant couple, Karine et Samuel devaient se marier le 26 juin à Punta Cana en présence de leurs amis et leurs familles. Un beau moment permettant d’unir officiellement les amoureux tout en étant une récompense qui a été annulé pour les raisons «covidiennes» que l’on connaît.

«Pour notre famille, c’était comme un cadeau. Meghan a atteint plusieurs objectifs et nos pires craintes sont derrière nous. Notre fille sera capable de se débrouiller et être fonctionnelle dans la vie. Pour nous c’est une réussite incroyable. Le mariage c’était aussi un gros merci pour tous nos proches qui nous aident», souligne une Karine qui demeure positive de se marier, au Québec, en 2021.

Et qui sait, peut-être que d’autres super héros se mobiliseront pour rendre encore plus fantastique cette occasion de célébrer les efforts de cette famille… fantastique!

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