Moulin à farine et farine de bois

Par superadmin

Après un long sommeil pendant lequel le Moulin seigneurial de Pointe-du-Lac servait de Centre d’exposition des arts, le site historique est maintenant dégourdi et accueille, chaque été, pas moins de 6000 visiteurs, en quelques mois seulement. En effet, ses expositions permanentes, axées sur sa richesse patrimoniale, suscitent l’intérêt de la population, curieuse de connaître l’histoire de ce bâtiment d’époque, aujourd’hui considéré comme un des plus beaux joyaux d’architecture rurale.

Construit sous l’égide des Godefroy de Tonnancour entre 1765 et 1784, le moulin à farine de Pointe-du-Lac a été, jusqu’au milieu de 19e siècle, l’un des plus productifs au pays. Son importance ayant décliné lors de l’abolition du régime seigneurial, le moulin tomba, en 1927, entre les mains de la communauté des Frères de l’Instruction chrétienne, qui y ont construit une petite scierie adjacente au bâtiment principal à la fin des années 1940. À l’époque, les deux moulins desservaient les besoins de la communauté religieuse jusqu’à l’arrêt des mécanismes au milieu des années 1960.

Le site historique, qui servait essentiellement de centre d’exposition des arts depuis les trente dernières années, n’a que tout récemment été dépoussiéré et remis en marche. «Les gens venaient voir les œuvres exposées dans la salle d’exposition, mais portaient une plus grande attention aux deux moulins et à leur fonctionnement. L’idée est donc venue naturellement de réactiver les mécanismes et de le faire revivre.», explique Andréanne Blais, coordonnatrice à la Corporation du moulin seigneurial. C’est ainsi que <@Ri> Maître meunier et <@Ri> Farine de bois ont vu le jour. Parcourant le moulin à farine, expliquant son fonctionnement et les secrets de la fabrication de la farine, la première exposition à l’immense rôle de transmettre le savoir-faire des meuniers d’antan, qui sombre peu à peu dans l’oubli, alors qu’ils étaient des personnages de premier plan dans la communauté puisque, par leur labeur acharné, ils assuraient la subsistance de plusieurs. Pour les visiteurs, cette exposition est un lot d’informations, qui nous apprend même que le moulin, qui était un lieu de ragots, fermait ses portes aux femmes, par crainte qu’elles y entendent des propos inconvenants pour leurs chastes oreilles.

Toute aussi intéressante, Farine de boispermet, quant à elle, aux visiteurs de goûter à la réalité des travailleurs du bois du siècle dernier, qui n’a soi-disant rien à voir avec le métier d’aujourd’hui. «Les gens sont fascinés de voir à quel point le travail était difficile et dangereux. Ça n’a rien à voir avec les scieries actuelles. Les conditions étaient toutes autres puisque les scieurs devaient se plier aux exigences de la température pour faire sécher le bois.» , poursuit Mme Blais, racontant que la scierie a été en fonction jusqu’au milieu des années 1980. D’ailleurs, l’enseignement de l’histoire du moulin ne date pas d’hier. Déjà, il y a cinquante ans, les Frères de l’Instruction chrétienne réalisaient des ateliers d’ébénisterie pour leurs élèves leurs offrant une activité parascolaire visant à les divertir tout en leur permettant d’acquérir des habiletés utiles.

Une exposition canon

Couteaux, flèches, cornes de poudre, haches, écopes, fusils, une panoplie d’armes et d’outils qui faisaient partie du quotidien de nos ancêtres coureurs des bois et explorateurs, fabriqués par l’artiste trifluvien Pierre Brassard, sont exposés au Moulin seigneurial. «C’est vraiment une belle exposition. M. Brassard est un collectionneur d’armes et un véritable artiste du bois. Nous sommes bien contents qu’il nous prête une partie de son œuvre.», explique Madame Blais. Les visiteurs peuvent d’ailleurs voir la collection de fusils qui est aussi exposée dans la salle d’exposition du Moulin.

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