Marc Milot: la résilience à l’état pur

Marc Milot: la résilience à l’état pur
Marc Milot, propriétaire de l'Ébénisterie Design Max, située à Saint-Étienne-des-Grès (secteur Saint-Thomas-de-Caxton) (Photo : Pier-Olivier Gagnon)

PORTRAIT. La volonté et les efforts permettent à l’humain de surmonter de grandes épreuves. L’histoire de Marc Milot le démontre bien et ceux qui le connaissent en savent quelque chose.

La vie de cet ébéniste a complètement basculé le soir du 3 septembre 2015 alors qu’il revenait à son domicile.

Marc Milot a été victime d’une violente sortie de route après s’être endormi au volant de sa voiture, à un kilomètre de chez lui, dans le secteur Saint-Thomas-de-Caxton, à Saint-Étienne-des-Grès.

Quadriplégique depuis, l’homme de 58 ans a relancé, croyez-le ou non, les activités de son ébénisterie, il y a deux ans. «J’étais rendu à un point où ce n’était vraiment plus drôle de rester à la maison, à jouer sur l’ordinateur et à écouter la télévision. À la base, je ne suis pas comme ça. Je n’étais plus capable d’endurer ça. L’ébénisterie, c’est ma vie, c’est ce que j’aime! J’ai décidé de m’accrocher à ça même si ma famille était plutôt réticente face à l’idée», confie-t-il.

Son entreprise est spécialisée dans la fabrication d’armoires de cuisine, de salle de bain et de mobiliers sur mesure pour le secteur résidentiel.

Cloué à son fauteuil roulant, ce n’est pas ce qui l’a empêché de tout adapter pour pouvoir se déplacer dans son atelier et gérer son entreprise. Accueillant de nature, M. Milot reçoit la clientèle dans sa boutique, en plus de s’occuper des ventes, de l’administration et de la conception des plans en trois dimensions avec un ordinateur personnalisé à son nouveau mode de vie. «Je fais ce que je peux, mais je le fais surtout pour me désennuyer. Je ne me voyais pas rester à la maison à ne rien faire», signale-t-il.

«L’ébénisterie, c’est ma vie, c’est ce que j’aime!»

– Marc Milot

Pour tout ce qui a trait à la fabrication, à la livraison et à l’installation, il fait confiance à son équipe de menuisiers qu’il supervise à distance. «Après plus de 30 ans dans le domaine, les clients savent à quoi s’attendre de mon entreprise. Dès notre première rencontre, les gens sont un peu surpris de me voir comme ça, mais ils trouvent que je suis fort de repartir mon entreprise dans mon état. Je les rassure et je leur dis que la qualité reste la même. Malgré ma condition, ils peuvent compter sur moi pour bien répondre à leurs besoins. J’ai de l’ouvrage en masse», partage Marc Milot.

Condition de santé

Hospitalisé pendant neuf mois à la suite de son accident, M. Milot a réussi, avec sa détermination et sa force de caractère, à déjouer les prédictions des médecins sur les chances de retrouver certaines capacités avec les membres de son corps paralysés. «Le médecin avait dit à la famille que j’aurais juste les yeux qui bougeraient. Tout le monde était découragé. Je me disais en dedans de moi que j’étais plus fort que ça. J’ai répondu que le médecin allait se tromper et que je m’en sortirais», se souvient-il.

Cinq ans plus tard, sa condition s’améliore toujours, de jour en jour. N’ayant pas eu les résultats escomptés avec le programme de réadaptation physique du CIUSSS pour retrouver la sensation et les mouvements de la ceinture à la tête comme il le souhaitait, l’entrepreneur a fait aménager une salle d’entraînement à l’intérieur de sa propriété.

«Je ne voulais tellement pas rester comme j’étais que je gardais espoir et je voulais m’entraîner. Puisque j’avais fait le tour du programme, on m’a invité à retourner à la maison. On m’a dit que j’allais obtenir un chèque et que je pourrais écouter la télévision. Je ne l’écoutais pas avant et je ne l’écouterai pas plus aujourd’hui. Il n’en était pas question. J’ai acheté tous les appareils et les équipements pour ma condition. Ils servent à m’étirer et à travailler la musculature. Je fais deux heures d’entraînement tous les matins avant de sortir de la maison. Aujourd’hui, je bouge la tête, le cou, les épaules et un peu les bras. C’est le vouloir et l’entraînement qui m’a permis de récupérer ça», admet M. Milot avec fierté.

Recrutement

L’Ébénisterie Design Max, comme plusieurs autres entreprises, est à la recherche de main-d’oeuvre. Depuis la relance des activités de son entreprise, Marc Milot éprouve de la difficulté à trouver la perle rare pour compléter son équipe et ainsi faciliter le traitement des nombreuses commandes. Les trois derniers candidats n’ont fait qu’un passage éclair dans son atelier avant d’annoncer leur départ pour des motifs personnels. L’un d’entre eux a d’ailleurs été congédié après sept mois de service puisqu’il avait profité de sa période d’essai et de la condition de son patron pour lui dérober l’équivalent d’au moins 5000$ en outillage à son insu.

Toute personne intéressée à contribuer au succès de cette ébénisterie peut communiquer directement avec le propriétaire.

Longtemps perçu comme un ébéniste minutieux, Marc Milot est un homme inspirant qui n’a jamais abandonné. Certes, sa vie n’est pas simple, mais il a trouvé la façon de s’épanouir autrement.

 

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

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Hélène
Hélène
2 années

Félicitations Marc pour ton courage et ta force de caractère pour accomplir ton magnifique travail que tu adores.
Bravo 👏 et bonne continuité!
Hélène

Vincent
Vincent
2 années

Je suis un future jeune futur ébéniste en formation. Je comprend votre passion pour l’ébénisterie. Bravo pour votre courage. Cela prouve qu’on peut exercer le métier sans nécessairement façonner les pièces.