Une famille soudée et résiliente

Photo de Pier-Olivier Gagnon
Par Pier-Olivier Gagnon
Une famille soudée et résiliente
Guillaume, Arnaud et Ophélie Valois ainsi que Charlène Guertin. (Photo : Photo Pier-Olivier Gagnon)

LOUISEVILLE. Face à des moments difficiles, il serait facile pour bon nombre de gens de baisser les bras, mais pour la famille Valois, ces épreuves se sont transformées au fil du temps en opportunités.

Tous deux originaires de Saint-Ignace-de-Loyola, dans Lanaudière, Charlène Guertin et Guillaume Valois forment un couple depuis l’adolescence.

Plus jeune, Guillaume a fait le choix de quitter le secondaire deux ans seulement après y être entré. Il a finalement récolté son diplôme d’études secondaires en poursuivant ses études aux adultes.

«L’intérêt pour l’école était là, mais c’était juste plus difficile pour moi», relate-t-il.

Avec une force de caractère exemplaire et la persévérance, M. Valois a rejoint sa tendre moitié issue d’une école privée avec un parcours plutôt linéaire au niveau collégial.

Souhaitant tous les deux atteindre les études supérieures, ils ont fait équipe ensemble en misant sur les forces de chacun pour notamment assurer leur réussite. «Nous sommes entrés à l’Université Laval de Québec et avons emménagé dans un appartement deux et demi pendant cinq ans. Guillaume avait de difficulté à écrire et il faisait beaucoup de fautes de français. Entre les cours, nous avons fait ensemble du rattrapage et des dictées à la maison. Ce n’était pas toujours évident. Il a travaillé fort et il a pu obtenir de beaux résultats», commente Charlène Guertin.

Elle au baccalauréat en anthropologie, lui en sciences politiques. La flamme était si vive entre les deux qu’ils ont décidé de se marier et de donner naissance à un premier enfant. Ophélie s’est pointé le bout du nez pendant la maîtrise de sa maman, alors que le père terminait un certificat en communication.

Retour à la source

Ayant décidé de compléter leur parcours scolaire à distance, les jeunes amoureux ont fait le choix de revenir s’établir dans Lanaudière.

Charlène a d’abord travaillé comme chargée de projet pour le développement des politiques municipales dans la MRC d’Autray et dans la MRC de Matawinie. Pour sa part, Guillaume est devenu journaliste dans la presse hebdomadaire à Joliette avant de faire le saut sur la scène politique pour devenir attaché politique d’un député fédéral.

Parallèlement à la vie professionnelle, le couple caressait le rêve d’acquérir une maison ancestrale pour élever leur famille et bâtir leur propre fermette. Celui-ci ne s’est toutefois pas concrétisé si facilement.

Le couple a perdu plus de 30 000 $ dans un projet de rénovation de leur domicile à La Visitation-de-l’Île-Dupas.

«Il y a eu de la malfaçon de l’entrepreneur. On s’est ramassé avec des moisissures à l’intérieur. Nous avons quitté notre domicile pendant neuf mois parce qu’on ne pouvait plus l’habiter. Il y a eu de la médiation. Ç’a été une dure épreuve au point de vue financier, mais aussi sur le plan psychologique. On a vécu beaucoup de stress. Une fois le dossier réglé et en prime des moyens financiers très limités, nous avons décidé de vendre notre maison à perte et sans garantie, confie Mme Guertin. En plus, j’étais enceinte d’Arnaud. Il fallait vendre notre maison parce qu’elle n’était pas assez grande. Nous étions aussi en transition professionnelle. Ça mettait beaucoup de pression sur notre famille».

Lors de cette période, Charlène et Guillaume, alors épuisés, ont décidé de consulter des professionnels de la santé pour obtenir de l’aide. C’est à ce moment, en 2016, que M. Valois a reçu un diagnostic de trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH). Pour sa part, Mme Guertin a appris quelques années avant qu’elle vivait avec un trouble anxieux généralisé. «J’étais complètement décousu et je sautais d’un dossier à l’autre sans les mener à terme. Je ne voyais pas le bout. C’était aussi un test pour l’humilité», commente le père de famille.

Charlène Guertin, Arnaud, Ophélie et Guillaume Valois. Photo Pier-Olivier Gagnon

«Plus rien ne fonctionnait et moi je n’étais plus capable. Je gérais tout! J’angoissais vraiment beaucoup et parfois pour pas grand-chose. Guillaume était incapable de garder le focus sur quelque chose. Je devais toujours le remettre à l’ordre. Nous étions pris dans un tourbillon qui n’arrêtait pas. Il fallait consulter parce que nous étions rendus très malheureux», se souvient-elle.

Nouvelle vie heureuse

Leur parcours tumultueux et parsemé d’embûches s’est avéré très formateur et riche en expériences. À l’été 2017, la famille Valois a finalement trouvé la maison de ses rêves à Louiseville. Le couple se trouve aujourd’hui en pleine possession de ses moyens et se considère plus heureux que jamais.

«On voulait être près de la terre. On a trouvé cette magnifique maison et dans une ville parfaite pour accueillir notre belle famille. Nous nous sommes bien intégrés. Nous avons recréé notre réseau, nous avons nos petits animaux et nous nous efforçons de profiter de chaque moment dans ce nouvel environnement», souligne Mme Guertin.

«On s’aime gros. On a une pleine confiance en nous. On se dit que peu importe où on va être dans la vie, on va toujours savoir recréer ce havre de paix là dans lequel nos enfants peuvent évoluer et s’émanciper sans aucune retenue. On fait juste en profiter», poursuit-elle.

Ensemble depuis bientôt 18 ans, Charlène Guertin et Guillaume Valois estiment que la franchise et l’honnêteté ont grandement contribué voir la lumière au bout du tunnel.

«Les orages, les gros défis et les grosses embûches sont derrière nous. On fait juste planer dans le bonheur présentement. Depuis qu’on est ici à Louiseville, on est vraiment à l’étape de récolter les fruits de notre labeur. Nous sommes revenus à la base en mettant la famille au cœur de nos priorités. On a su tracer la ligne pour maintenir un équilibre de vie avec le travail et notre famille».

Ce qui caractérise le mieux cette famille, c’est la solidité de leurs liens et la capacité à surmonter les épreuves. Depuis quatre ans, Guillaume œuvre dans le milieu syndical. Il est responsable des communications et de la recherche de l’Association internationale des machinistes et des travailleurs et travailleuses de l’industrie aérospatiale.

D’ailleurs, il fera sous peu la publication d’un ouvrage historique de 155 pages portant sur l’industrie aérospatiale et des recommandations pour améliorer les conditions de travail dans ce milieu.

Cumulant une dizaine d’années d’expérience en développement social, Charlène est, depuis septembre dernier, à l’emploi de la Table des partenaires du développement social de Lanaudière.

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

Partager cet article

COMMENTEZ L'ARTICLE

avatar
  S'inscrire  
Me notifier des