Un palace cinq étoiles pour poulets…

INNOVATION. Des abreuvoirs italiens; une canalisation danoise; un éclairage quatre couleurs 100% LED; un plancher chauffant à 32 degrés Celsius; une température et une humidité contrôlées à distance.

Bienvenue à la Ferme Tomchyrs de Saint-Boniface, le palace cinq étoiles pour poulets…

Située sur le boulevard Trudel Ouest, la ferme avicole produit près d’un million de volailles par année destinées à la consommation, soit pour les épiceries ou les rôtisseries. «Pour avoir un poulet de qualité, il faut qu’il soit à son maximum de confort, c’est ça qu’ils ont ici», lance le propriétaire René Gélinas.

La Ferme Tomchyrs n’a rien à voir les poulaillers d’antan où les vapeurs d’ammoniac rendaient l’espace presque irrespirable et dangereux au bout d’un certain temps. Ici, les 120 000 pieds carrés de surface, répartis dans six bâtiments, sentent bon et sont tous chauffés par la biomasse forestière.

Dans un bâtiment central sur le site, une grosse fournaise de 5 millions de BTU brûle de 500 à 600 tonnes de copeaux de bois par année, des rebuts en provenance du Groupe Bellemare et de Panneaux Maski. Cette chaleur réchauffe 24h sur 24 un réservoir d’eau qui circule ensuite dans un système de canalisation rejoignant les planchers des six poulaillers. «Toute la tuyauterie souterraine a été importée du Danemark», explique l’agriculteur qui chauffe même sa résidence de cette façon.

Installé en 2010 et perfectionné continuellement depuis, le système lui permet d’économiser plus de 100 000$ en chauffage par année. «Ça me coûterait environ 150 000$ en propane mais là, les copeaux me reviennent à un peu plus de 40 000$.» Un tel système nécessiterait un investissement de 1 million$ à installer aujourd’hui mais René Gélinas a réussi à le rentabiliser complètement en à peine sept ans.

Trois ou quatre fois par année, la fournaise – ou la grosse locomotive comme l’appelle son propriétaire – est nettoyée de ses cendres et celles-ci sont ensuite épandues sur les terres agricoles comme fertilisants.

Quatorze cerveaux électroniques

Puis en 2013, le producteur a fait installer dans chacun de ses bâtiments des systèmes électroniques contrôlant absolument tous les paramètres nécessaires à la bonne évolution des volailles durant leur cycle de 35 jours, de leur éclosion jusqu’à l’abattoir.

Mis au point par une entreprise de Boucherville, les panneaux de contrôle Monitrol gèrent automatiquement la température, l’humidité, l’alimentation, le poids, l’éclairage de chaque bâtiment, selon le stade de croissance où sont rendus les oiseaux. Les volailles réagissant aux couleurs, le système fait ainsi passer automatiquement les lumières LED du blanc incolore au rouge, vert ou bleu selon des stades bien précis. «Par exemple, avec une lumière bleue, le poulet ne voit rien et ne bouge plus. C’est bien pratique quand c’est le temps de les attraper pour les mener à l’abattoir.»

Pour contrôler l’ensemble des bâtiments, la Ferme Tomchyrs compte 14 de ces cerveaux électroniques qui sont reliés au téléphone intelligent de René Gélinas. Un investissement de plus de 500 000$ qu’il referait immédiatement. «On sauve beaucoup d’argent sur la main d’œuvre et il n’y a pas un humain qui pourrait arriver à gérer aussi bien l’évolution des volailles. Là, si j’ai un problème d’approvisionnement en eau par exemple dans une bâtisse, je reçois une alerte et je sais immédiatement où est le problème», termine René Gélinas, un agriculteur passionné mais surtout bien de son temps…

 

Le saviez-vous?

Saviez-vous que le poulet que vous mangez chez St-Hubert, Benny ou Fusée est en fait… un coq? Contenant plus de chair, ils sont réservés aux rôtisseries tandis que les femelles, les poulettes, se retrouvent dans les réfrigérateurs de nos épiceries.