Travailleurs de nuit, parents le jour

Travailleurs de nuit, parents le jour
Christopher Adams, Amélie Brouillette et Keven Adams.

Le casse-tête quotidien de la famille Brouillette-Adams

LOUISEVILLE. La conciliation travail-famille constitue un réel défi pour de nombreuses familles de la région. Imaginez des parents qui travaillent dans le secteur des soins préhospitaliers d’urgence sur des horaires atypiques et généralement la nuit. C’est le casse-tête quotidien dans lequel sont plongés les parents du petit Christopher. Un défi que cette famille de Louiseville parvient à relever haut la main. Keven Adams est paramédic à temps plein depuis 2005. Son épouse, Amélie Brouillette, est répartitrice depuis 11 ans au Centre de communication santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec. Son mandat consiste à répondre aux appels d’urgence médicale et d’affecter les services ambulanciers de la région sur les interventions. Ils travaillent tous les deux la nuit, respectivement de 17h à 5h (Keven) et de minuit à 8h (Amélie). Avec l’absence d’une garderie ouverte 24 heures par jour et sept jours par semaine, le couple a dû s’adapter à un nouveau mode de vie, faire des compromis et penser à un plan conçu sur mesure avec la venue de leur petit garçon il y a six ans. Par chance, la famille peut miser sur l’aide indéfectible du père de Keven, Ghislain Adams, pour les assister dans leur quotidien. «Malgré tout, ça va bien. On n’a jamais voulu changer de métier. C’est notre passion. Ça prend de l’entourage. Si Ghislain n’était pas à la retraite, on ne pourrait pas travailler les deux de nuit et il aurait fallu faire un choix. On ne pouvait pas non plus payer 32 $ pour la garderie le jour en plus d’engager une personne qui viendrait dormir à la maison la nuit pendant notre absence pour le travail. Ça n’aurait pas eu de sens. Ça aurait coûté moins cher qu’un des deux devienne temps partiel que de rester sur le même horaire», lance d’abord le couple. Bien qu’il puisse paraître invisible pour Christopher la nuit, Ghislain Adams assure une présence dans le domicile jusqu’au retour du père tôt le lendemain matin. «Je pars de chez nous à 23h15. Mon beau-père est à la maison jusqu’au retour de Keven vers 5h30-6h. Lorsqu’il était plus jeune, Christopher pensait qu’il se gardait seul la nuit, mais non!», confie en riant Amélie Brouillette. En plus d’économiser de l’argent pour le gardiennage, cette famille de Louiseville se dit rassurée de pouvoir miser sur un grand-père attentionné. «On est vraiment heureux et chanceux de l’avoir. C’est lui qui s’est offert. En plus, s’il arrive quelque chose, il sait quoi faire et il est à l’aise parce que c’est un ancien paramédic», ajoute-elle. Une routine bien installée La discipline est probablement le mot d’ordre le plus important pour cette famille louisevilloise. Pendant les journées pédagogiques ou lors des congés des parents, les activités familiales passent souvent avant le sommeil. «On fait la gestion des congés. Fatigue pas fatigue, on fait des activités et des sorties. Parfois, avec les week-ends, on colle deux ou trois jours sans dormir. Lorsque Christopher était à la garderie, on pouvait l’avoir à la maison quand on voulait. Maintenant qu’il est à l’école, c’est plus compliqué. On ne peut plus gérer son horaire comme on le faisait avant. Quand il a une journée pédagogique, on saute sur l’occasion pour faire une sortie», admet Mme Brouillette. Chaque jour, pas question de changer la routine. Le couple respecte un rituel bien établi et qui fonctionne à merveille. «Keven a son temps de qualité avec Christopher le matin et il est responsable de la routine matinale. Après l’école, c’est moi qui s’occupe de Christopher jusqu’à son dodo. C’est comme ça chaque jour. Nous avons chacun nos moments avec Christopher. On a aussi des moments en couple et des moments en famille», résume-t-elle. Un enfant compréhensif À la fois gêné, concentré et silencieux devant le téléviseur, Christopher se demande bien pourquoi l’auteur de ces lignes interroge papa et maman sur leur quotidien. Pour lui, tout est normal. «Il ne s’en rend pas compte», estime le père en ajoutant que son garçon s’occupe bien seul avec ses jeux ou en écoutant la télévision. «Le fait que papa et maman travaillent la nuit, ça ne vient pas tellement le déranger». Amoureux de l’école, le jeune garçon de six ans est en maternelle à l’école privée Val-Marie à Trois-Rivières. Sa mère reconnait qu’il prend bien soin de ses parents au moment opportun. «Christopher est vraiment calme et très fin. Ça facilite les choses. Il nous permet de dormir lorsque c’est nécessaire et nous donne des câlins. Il sait quand papa et maman sont fatigués», relate-elle. Si les deux parents ont appris à vivre dans une « éternelle fatigue », ils se disent néanmoins heureux dans leur mode de vie et apprécient chaque moment passé en famille.  

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