OBVRLY: des actions pour améliorer la qualité de l’eau et les pratiques agricoles

OBVRLY: des actions pour améliorer la qualité de l’eau et les pratiques agricoles
Jimmy Armstrong, bénévole, Noémie Bédard, intervenante jeunesse au Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Maskinongé, Marc Brunelle Gélinas, bénévole et Pierre-Marc Constantin, coordonnateur du Plan directeur de l'eau et responsable des projets agricoles et relatifs à la dynamique des cours d'eau à l'OBVRLY. (Absents lors de la photo: Gabriel Picard et Maxime Branchaud-Picard). (Photo : Photo Pier-Olivier Gagnon)

SAINTE-URSULE. Dans le cadre de son projet de restauration et de conservation des habitats riverains de la Petite rivière du Loup, à Sainte-Ursule, l’Organisme de bassins versants des rivières du Loup et des Yamachiche (OBVRLY) s’attaque à la qualité de l’eau et aux pratiques des producteurs agricoles.

Avec plus de 75 % des surfaces utilisées pour l’agriculture et en raison des sols principalement argileux, le bassin versant de la Petite rivière du Loup, d’une superficie de 98 kilomètres carrés, subit de fortes pressions anthropiques menant à la dégradation de la qualité de l’eau et des habitats riverains.

L’Indice de qualité bactériologique et physicochimique, un indice global pour la mesure de la qualité de l’eau, indiquait en 2015 et 2016 que les eaux de surface étaient jugées de mauvaise qualité dans le secteur. «Les échantillons analysés montraient que les concentrations de matières en suspension ainsi qu’en coliformes fécaux dans l’eau dépassaient les normes de qualité de l’eau de surface la majorité du temps, ce qui en fait les polluants les plus problématiques», explique Pierre-Marc Constantin, coordonnateur du Plan directeur de l’eau et responsable des projets agricoles à l’OBVRLY.

À cet effet, l’organisme avance que plusieurs facteurs d’origine humaine ou naturelle sont susceptibles d’affecter la qualité des eaux de surface. «Les sols argileux sont sensibles au phénomène d’érosion et sont à l’origine de nombreux décrochements sur les rives des cours d’eau, principalement là où la couverture végétale est absente ou inadéquate. Le travail conventionnel des sols (labours à l’automne, sols à nu) et les cultures de maïs et soya contribuent également à la compaction et à l’érosion des sols et ultimement à l’exportation de sédiments, de même que d’autres polluants, vers les eaux de surface», précise M. Constantin.

Le développement du réseau routier, les chantiers de construction ainsi que le déboisement sont d’autres facteurs qui contribuent à la dégradation de la qualité de l’eau.

Ainsi, un projet collectif en milieu agricole a vu le jour en 2016. Il vise à promouvoir et à instaurer des pratiques culturales durables auprès des entreprises agricoles de Sainte-Ursule. Plus d’une quinzaine d’entreprises ont participé ou participent au projet depuis son lancement. Plusieurs de ces entreprises sont déjà passées à l’action en intégrant des engrais verts, des cultures de couverture, contribuant ainsi à améliorer la santé des sols, en aménageant des bandes riveraines élargies et en faisant l’acquisition d’équipements agricoles qui permettent de réduire les risques associés aux pesticides. Des producteurs ont aussi accepté de reboiser des zones agricoles non cultivables situées à proximité des cours d’eau et ont réalisé des ouvrages hydroagricoles.

Reboisement à Sainte-Ursule

Les 9 et 10 octobre, l’OBVRLY procédait au reboisement d’une coulée agricole qui présentait certaines problématiques à la Ferme Yves Lessard de Sainte-Ursule. «L’objectif était de reboiser deux hectares de coulée agricole ayant déjà servi comme pâturage au bétail. Le reboisement contribuera à augmenter la couverture végétale, à diminuer l’érosion et à créer des habitats propices pour la faune. La Ferme Yves Lessard collabore beaucoup avec nous. C’est une entreprise qui a adopté l’agroenvironnement et elle en fait la promotion», rapporte Pierre-Marc Constantin.

Près de 450 arbres et arbustes de quatre espèces différentes ont été plantés dans la zone ciblée pour éviter des décrochements de talus et l’érosion du sol.

Comme l’OBVRLY a des ressources humaines limitées, le coordonnateur a fait appel au Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Maskinongé afin de trouver de jeunes volontaires pour réaliser les travaux. «C’est une belle façon de les impliquer dans l’agriculture, la foresterie et ça permet de les initier au travail manuel. Cette aide est grandement appréciée», confie-t-il.

Le reboisement est financé par Environnement et Changement climatique Canada par le biais du programme de financement communautaire ÉcoAction. D’autres actions sont aussi financées par le programme Prime-Vert du MAPAQ.

À venir…

D’autres actions seront réalisées sur le territoire d’intervention de l’OBVRLY prochainement. L’organisme souhaite notamment baliser 3 000 mètres de bandes riveraines règlementaires, tenir une journée visant à démontrer les bienfaits des cultures de couverture chez deux entreprises agricoles de Sainte-Ursule et aménager plus de 3 000 mètres de bandes riveraines élargies à Sainte-Angèle-de-Prémont.

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

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