Le combat de Cynthia Gagné se poursuit

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Par Bernard Lepage
Le combat de Cynthia Gagné se poursuit
En Europe, l’implantation de cet équipement médical est déjà fortement contestée. En Grande-Bretagne, elle est même suspendue depuis juillet 2018. En Australie, le gouvernement a offert ses excuses aux femmes qui ont subi cette opération. (Photo : courtoisie Véronique Vanasse Artiste Photographe)

SANTÉ.Aux Québécoises voulant retirer la bandelette d’incontinence urinaire qui leur a été implantée, la Régie de l’assurance-maladie du Québec (RAMQ)  recommande une liste d’urologues qui n’ont pas les compétences pour effectuer une telle opération.  

«Et encore pire, certains ont menti à leur patiente», dénonce Cynthia Gagné. La résidente de Saint-Boniface avait sonné la sonnette d’alarme le 21 mars dernier dans le cadre d’un reportage choc d’Enquête, à Radio-Canada, sur les dangers de ces bandelettes.

Les journalistes d’Enquête  lui redonneront la parole, ainsi qu’à d’autres femmes, ce soir 28 novembre à 21h dans un reportage qui promet d’être tout autant percutant. En mai dernier, Cynthia Gagné s’est fait retirer sa bandelette par un chirurgien basé à Saint-Louis, aux États-Unis. «Elle mesurait 23 centimètres», raconte-t-elle. L’opération a été un succès et cette sportive de 43 ans dit avoir retrouvé pour le moment environ 80% de sa mobilité. «Dès le lendemain, tu ne sens plus cette tension à tes jambes.»

Le groupe privé Facebook (https://www.facebook.com/groups/222571721978913/) qu’elle avait créé pour tenir un forum de discussion entre les femmes éprouvant des problèmes avec cet implant a littéralement explosé. De 89 membres le 21 mars dernier, il en compte aujourd’hui 572. «Il y a 32 femmes du groupe qui ont été se faire opérer à Saint-Louis et il y en aura beaucoup d’autres», mentionne Cynthia Gagné.

Plus de 25 000$ en frais d’opération

Dans le nouveau reportage d’Enquête, des patientes vont consulter, et même se faire opérer par les urologues québécois. Parce que la RAMQ considère qu’ils possèdent l’expertise pour retirer les bandelettes, les femmes comme Cynthia qui vont aux États-Unis ne sont pas remboursées par le système de santé. On parle ici de frais supérieurs à 25 000$ pour chacune d’elles.

«Les urologues recommandés par la RAMQ sont discrédités, lance Cynthia Gagné. Après l’opération, l’un d’eux dit à sa patiente qu’il en restait moins d’un centimètre dans son corps. Le chirurgien à Saint-Louis lui a retiré une bandelette de 19 cm. Un autre s’y est pris par deux fois sur une patiente qui continuait à avoir mal. Il lui a recommandé de mettre de la crème en disant qu’il ne pouvait plus rien faire pour elle. Aux États-Unis, le médecin lui a découvert un abcès infecté.»

Elle-même, la résidente de Saint-Boniface dit avoir perçu la méfiance du milieu médical à son endroit après sa première sortie publique le printemps dernier. Après son opération, Cynthia Gagné est allée revoir Dre Julie Morissette qui avait procédé à l’implantation de sa bandelette en novembre 2015.

«Elle m’a reçu avec un autre urologue qui m’a dit qu’ils étaient débordés depuis ma sortie, que j’étais un cas rare. Ça ne doit pas être si rare que ça parce que nous sommes maintenant plus de 500 femmes qui vivent avec le même problème.. Je suis allée chercher de l’aide et le système m’a abandonnée», termine-t-elle.

 

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Micheline lafreniere
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Micheline lafreniere

J ai des problèmes aussi dûs a une bandelette

Micheline lafreniere
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Micheline lafreniere

Moi aussi j ai différents problèmes dûs a l installation de cette bandelette qui pendait dans mon vagin .
On a oublié de refermer adéquatement à ce qu il parait !🤔🤨😕