L’abattage des cormorans reprend sur le lac Saint-Pierre

Photo de Sebastien Lacroix
Par Sebastien Lacroix

Après avoir réalisé des essais de contrôle par abattage du cormoran pour la première fois, l’été dernier, les experts du ministère des Ressources naturelles et de la Faune reprennent l’opération de plus belle.

Cette mesure exceptionnelle vise à vérifier si l’abattage des cormorans doit être considéré comme étant un moyen efficace de rétablir la population de perchaude dans le lac Saint-Pierre.

L’an dernier, malgré des résultats pour le moins concluants, les experts du MRNF ont conclu que les essais de contrôle par abattage devaient être poursuives de façon à valider certaines informations.

C’est que les effets de la première vague ne seront perceptibles que lors de l’arrivée des cormorans sur les aires de reproduction. La deuxième vague d’essais lui permettra de continuer l’évaluation de l’efficacité et des éventuelles répercussions de cette méthode au lac Saint-Pierre.

L’une des possibles répercussions négatives de l’abattage est le déplacement de la colonie de cormorans vers un autre site du lac Saint-Pierre. Aucun déplacement vers le pourtour du lac n’a été observé ou rapporté jusqu’ici.

Cette année, afin de documenter les déplacements du cormoran à aigrettes et localiser ses aires d’alimentation au lac Saint-Pierre, le ministère a entrepris un projet de suivi télémétrique de cet oiseau.

La stérilisation par huilage des œufs des cormorans, une mesure entreprise en 2008 afin de limiter la reproduction de l’espèce, se poursuivra.

651 cormorans abattus

Entre le 28 juin et le 11 septembre 2012, le personnel qualifié du ministère a procédé à quinze essais à différents moments de la journée et selon les conditions météorologiques et de navigation au lac Saint-Pierre.

Un grand total de 651 cormorans, dont 419 nicheurs ont été abattus. Les experts ont identifié 717 poissons dans les 171 estomacs non vides des oiseaux ainsi capturés. Les perchaudes représentaient 45,5 % des espèces qui s’y trouvaient.

Par contre, les experts du ministère estiment que la consommation de perchaudes par les cormorans du lac Saint-Pierre a baissé de 55 % par rapport à 2002. Cette réduction serait le reflet d’une diminution de l’abondance de l’espèce.

Le ministère profitera des essais de contrôle par abattage pour poursuivre son étude sur le régime alimentaire des cormorans à aigrette qui se nourriraient de 17 poissons par jour, toutes espèces confondues, dont la perchaude, mais aussi la barbotte brune, le crapet-soleil et le doré jaune.

La chasse demeure interdite

Même si le MRNF a entrepris des opérations d’abattage du cormoran à aigrette, la chasse demeure interdite en vertu de la loi sur la conservation et la mise en valeur de la faune.

Il s’agit d’une intervention exceptionnelle qui se poursuit cet été et dont la pertinence de continuer l’été prochain sera réévaluée. Ces essais s’inscrivent dans la Stratégie d’intervention pour l’avenir du lac Saint-Pierre mise en place en février 2013 en vue d’en assurer la sauvegarde.

Le ministère prendra toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens. La population est invitée à collaborer en se tenant éloignée des îlots artificiels et en ne dérangeant pas les oiseaux qui y nichent.

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