La pandémie retarde la mise en service de la régie incendie

La pandémie retarde la mise en service de la régie incendie
(Photo : Pier-Olivier Gagnon - Archives)

SÉCURITÉ INCENDIE. Le souhait de certaines municipalités de la MRC de Maskinongé d’unir leurs efforts dans la lutte contre les incendies ne sera pas exaucé avant 2021.

La pandémie de COVID-19 ralentit les démarches du comité de pilotage chargé de mettre sur pied une régie incendie dans la région.

Invitées à se prononcer sur une éventuelle participation à ce regroupement, en juin dernier, huit des 16 municipalités du territoire ayant un service incendie ont démontré de l’intérêt envers le projet. Saint-Étienne-des-Grès, Saint-Boniface, Saint-Mathieu-du-Parc, Charette, Saint-Paulin, Sainte-Ursule, Saint-Édouard-de-Maskinongé et Saint-Justin attendaient avec impatience la présentation finale du comité avant de confirmer leur adhésion. Cette rencontre, prévue en septembre, devait être reportée à une date ultérieure conformément aux directives de la santé publique. Elle devait notamment permettre aux élus de chacune des municipalités intéressées de prendre connaissance des prévisions budgétaires.

«Nous avons terminé nos travaux. Nous sommes rendus à l’étape de présenter les chiffres et de convaincre les partenaires. Huit municipalités sont intéressées. On trouve ça bien. Ce n’est pas possible de réunir tout le monde présentement à cause de la COVID. On aurait aimé faire cette rencontre en présentiel parce que tu peux voir leurs réactions, échanger et répondre plus facilement aux questions. Ce n’est pas la même dynamique par Zoom. C’est très malheureux parce que la pandémie retarde le projet et j’ose espérer que s’il y a regroupement, que ça se fasse durant notre mandat actuel», mentionne Robert Landry, président du comité d’étude sur le regroupement et maire de Saint-Étienne-des-Grès.

Pour faire avancer le dossier et en raison de l’évolution de la pandémie, le comité n’a eu d’autres choix que de tenir sa rencontre de façon virtuelle, la semaine dernière. «Le mois dernier, deux personnes ont fait le tour des municipalités intéressées pour s’assurer qu’on parlait le même langage au niveau des chiffres. On a clarifié certaines choses et il y a eu quelques ajustements. Nous étions prêts à présenter ça aux différents intervenants», confie-t-il.

Robert Landry explique que la quote-part de chaque membre sera déterminée selon la richesse foncière, la population à desservir, la quantité d’immeubles à protéger ainsi que la superficie à couvrir. Les municipalités seront libres de se retirer du projet si les données financières sont insatisfaisantes à leurs yeux.

Saint-Barnabé se retire

La Municipalité de Saint-Barnabé a pris la décision, le printemps dernier, de retirer son intérêt pour le regroupement, elle qui participait aux discussions depuis les tout débuts du projet. En effet, le conseil municipal a majoritairement décidé de ne pas adhérer à cette future régie et de ne plus participer aux démarches. Le maire Michel Lemay avait exercé son droit de vote pour s’opposer à cette proposition du conseiller Guillaume Laverdière, mais celle-ci a quand même été acceptée à trois élus contre deux.

Déçu, M. Lemay estime qu’un tel regroupement permettrait de pallier la difficulté de recruter de nouveaux pompiers et ainsi d’offrir un meilleur service à la population.

Un modèle à revoir

Rappelons que suite à la tragédie de L’Isle-Verte survenue en 2014, le coroner Me Cyrille Delage dressait plusieurs recommandations au gouvernement, entre autres «d’inciter les autorités en milieu urbain et rural à procéder au regroupement des services de sécurité incendie en vue d’une action simultanée sous une même direction.»

En 2016-2017, un comité de quatre maires de la MRC a été mandaté pour réaliser une étude d’opportunité. Les conclusions ayant été positives, un comité de pilotage a été mis sur pied et une étude de faisabilité a été lancée en 2018. Des maires de la région, dont Robert Landry, estiment qu’un regroupement pourrait offrir plusieurs avantages aux municipalités, soit une meilleure organisation des services, des possibilités de développement, des économies, le partage des responsabilités, un allégement du fardeau administratif et l’enrichissement de la vie professionnelle des pompiers. «On sait qu’il va y avoir des gagnants et peut-être des perdants, mais on va essayer d’équilibrer tout ça pour donner une chance à tout le monde d’adhérer à la régie. On sait aussi que c’est souvent l’argent qui parle pour les maires et les conseillers. Il faut donc expliquer la plus-value de ce regroupement. Pour tout le monde, ça devient de plus en plus exigeant un service incendie et ce n’est pas facile de rencontrer toutes les exigences. J’ai bon espoir qu’on va trouver une façon de partir le regroupement et d’intégrer tous ceux qui veulent se joindre à nous», souligne Robert Landry.

Initialement prévue pour être en service en janvier 2021, la nouvelle régie incendie ne sera pas opérationnelle avant l’été prochain.

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