La Coopérative Adirondak : une histoire à succès!

La Coopérative Adirondak : une histoire à succès!
(Photo : Pier-Olivier Gagnon)

COMMUNAUTÉ. Depuis maintenant 20 ans, la Coopérative Adirondak offre l’opportunité aux personnes vivant avec une déficience intellectuelle (DI), un trouble du spectre de l’autisme (TSA) ou une limitation quelconque de développer leur autonomie et d’intégrer le marché du travail.

Fondée par André Gamache et Marc Sévigny, deux intervenants ayant plus de 25 ans d’expérience auprès de cette clientèle, l’entreprise d’économie sociale pousse encore plus loin le concept de participation sociale en créant un cadre et des conditions favorables permettant à un groupe de personnes de prendre en main leur avenir et d’aller de l’avant dans leur cheminement personnel, professionnel et social en ayant un rôle actif et valorisant dans leur communauté.

La Coopérative de solidarité d’intégration socioprofessionnelle Adirondak permet à près de 25 personnes d’avoir un travail sur une base quotidienne. Les travailleurs, pour qui il serait difficile d’occuper un autre emploi, effectuent différentes tâches en plateaux de travail en fonction des contrats de sous-traitance que parvient à décrocher la direction. Adirondak offre des services d’assemblage, d’emballage, de pliage, d’ensachage, d’étiquetage, de collage, de découpage et même d’embouteillage aux entreprises manufacturières d’ici et d’ailleurs. Elle est d’ailleurs reconnue pour la qualité de ses travaux, sa productivité ainsi que le dévouement et l’assiduité de ses travailleurs.

«Le succès de notre organisation est étroitement lié aux contrats que nous avons depuis longtemps, à la confiance des entreprises envers notre coopérative et à l’engagement de nos travailleurs. Il y a aussi une motivation des dirigeants à trouver de nouveaux contrats et à assurer la pérennité de l’organisation par la production et le développement de nouveaux projets», rapporte la directrice générale, Annie Vaillancourt.

Modèle unique

Cette coopérative de Louiseville propose un modèle unique au Québec. À travers le temps, pour consolider ses activités et son avenir, elle a développé de nombreux partenariats avec des organismes du milieu, notamment avec le Centre local d’emploi, le Centre l’Étape et le Carrefour jeunesse-emploi de la MRC de Maskinongé. Adirondak a aussi accepté de jouer un rôle important dans la transition entre l’école et la vie active d’élèves ou de jeunes adultes en difficulté.

«On s’est aperçu que c’était difficile d’obtenir plus de soutien financier du gouvernement pour notre mandat principal. On devait trop souvent se fier à la production et avec notre clientèle, c’était plus compliqué d’avoir un plus grand volume de production et de rentabiliser nos opérations. On a élargi notre mission pour accueillir les personnes ayant une limitation quelconque. Par exemple, ça permet à une personne monoparentale qui n’a pas travaillé depuis 10 ans et éloignée du marché du travail de venir chez nous. On intègre aussi les gens avec des troubles d’anxiété, de toxicomanie et d’autres types de clientèle qui ont généralement une plus grande capacité physique», indique Mme Vaillancourt, en précisant que son organisation accueille aussi, à l’occasion, des élèves stagiaires des écoles secondaires de la région.

Pour offrir de l’accompagnement personnalisé sur place, l’organisme mise, entre autres, sur le programme d’Intégration sociale du Centre d’éducation des adultes du Chemin-du-Roy. La coopérative reconnait être mieux outillée avec la présence en permanence d’une enseignante spécialisée.

En offrant du travail adapté et des ateliers, Adirondak propose un encadrement et un soutien à la personne dans le but de développer ses différentes habiletés, dont l’estime et la valorisation de soi et le travail d’équipe. «C’est vraiment un milieu de vie inclusif et complet qu’on a ici», révèle la directrice générale.

Véronique Pellerin, adjointe administrative, Annie Vaillancourt, directrice générale de la Coopérative Adirondak et Raphaëlle Caron, enseignante au Centre d’éducation des adultes du Chemin-du-Roy. Photo Pier-Olivier Gagnon

«On apprend aux gens à être des citoyens actifs et on aborde le bon comportement en société. On travaille l’hygiène, les habiletés sociales, l’alimentation et les déplacements afin qu’ils soient plus autonomes dans leur vie quotidienne. Ça peut aller jusqu’à la vie en appartement et le budget. On navigue à travers tout ça selon les capacités et les besoins de chacun. On a des défis au niveau de la gestion des conflits et du comportement, mais on met en place les outils pour réussir à surmonter ces défis. C’est un lieu d’apprentissage et de développement sur tous les aspects de la vie», renchérit Raphaëlle Caron, enseignante.

Recherche de financement

Malgré l’appui financier du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec (CIUSSS MCQ) et d’Emploi-Québec, qui représente 80% de l’enveloppe budgétaire de l’organisation, la Coopérative Adirondak est constamment à la recherche de financement pour mener à bien sa mission. «On a besoin de 30 000$ supplémentaires pour être autonome et pour ne pas dépendre des revenus de production. Le manque de financement pourrait à plus long terme mettre en péril la survie de notre coopérative. On a été cogner aux portes des principaux partenaires pour solliciter leur aide. On tient à bout de bras la coopérative présentement. On regarde maintenant pour développer des projets. On en a beaucoup, mais tout tourne autour du financement», confie Annie Vaillancourt.

La Coopérative Adirondak participe présentement à un projet entrepreneurial qui consiste à créer du matériel pédagogique clé en main pour les parents, enseignants et éducateurs.  Elle envisage aussi de collaborer avec l’entreprise La Bohémienne de Saint-Boniface pour la fabrication de produits naturels pour le corps. De plus, l’idée de mettre sur pied une campagne de sociofinancement avec La Ruche est présentement sur la table.

Finalement, la coopérative songe à reprendre le service de distribution de meubles qu’offrait l’organisme communautaire l’Entre-Aide de Louiseville, lequel est actuellement en processus de dissolution.

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