Dans les profondeurs du fleuve

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Par Rédaction - L'Écho de Maskinongé

Attrayant, mystérieux et majestueux, le fleuve Saint-Laurent fascine bon nombre de personnes. En surface, on y retrouve la plupart du temps des eaux calmes et peu agitées. Toutefois, sous cette façade, la réalité est toute autre.

Lieu unique de par sa géologie et son écosystème, le fleuve Saint-Laurent fait l’envie de tous les chercheurs de la planète.

«Grosso modo, le fleuve a été formé il y a près de 12 000 ans à la suite de la dernière glaciation. C’est un canal naturel vers l’océan pour les Grands Lacs. Par contre, nous avons aussi eu une période de rebonds qui a considérablement modifié le paysage. À titre d’exemple, le mont Saint-Hilaire était une île. On y retrouve encore aujourd’hui des squelettes de bélugas», informe Gilbert Cabana, professeur au Département de chimie-biologie de l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR).

Tout comme le Rio negro et l’Amazone, le fleuve prend son ampleur dans la réunion de deux grandes masses d’eau à partir d’Ottawa, plus précisément à la jonction de la rivière des Prairies où des eaux vertes rencontrent les eaux du fleuve. «Ces deux masses sont coupées au couteau jusqu’à la fin du lac St-Pierre. À la place de parler d’un fleuve, on pourrait mentionner qu’il s’agit de deux rivières qui coulent côte à côte», communique le professeur.

Certaines hypothèses mentionnent que le réchauffement de la planète est un autre facteur qui pourrait remodeler le fleuve. «Ce n’est pas aussi clair que ça en ce moment. Différents scénarios sont sensibles à ce qu’on prédisait, mais on ne peut avoir aucune certitude concernant le niveau d’eau même si la dernière décennie a été très chaude», expose M. Cabana.

Un outil essentiel

Avec le Lampsilis, un bateau-recherche, qui a son port d’attache à la marina de Trois-Rivières, les chercheurs peuvent quadriller le fleuve St-Laurent et analyser leurs trouvailles sans devoir accoster lors de chaque découverte. «Depuis sa mise à l’eau en 2005, le Lampsilis est un outil incroyable et quasi unique au monde. Outre un faible tirant d’eau d’un peu moins de deux mètres, il est un véritable laboratoire flottant qui se promène sur le fleuve et les cours d’eau environnants», insiste M. Cabana, qui occupe également la fonction de directeur du navire.

Lac Saint-Pierre

À certains endroits du fleuve la faune s’enrichit de façon exponentielle et le lac St-Pierre est un parfait exemple de ce phénomène. «C’est un lieu important pour la reproduction de nombreux organismes, poissons et sauvagines», confirme le chercheur spécialisé en écologie aquatique.

Mythes et légendes

Les histoires sont légions. Qu’on pense à Nessie au Loch Ness en Écosse, à Ponik au lac Pohénégamook ainsi qu’à Memphré au lac Memphrémagog, les monstres marins marquent l’imaginaire de la population. Le fleuve St-Laurent a-t-il lui aussi sa vedette?

«C’est un lieu qui possède une très grande biodiversité. Il y a beaucoup d’espèces uniques au fleuve. L’esturgeon y est très abondant et devient énorme. Nous en avons capturé quelques-uns de plus d’un mètre et demi et qui pesait plus de 70 livres. Il ne fait aucun doute qu’avec sa taille l’esturgeon est le roi. Des phoques et des petites baleines peuvent aussi s’aventurer, mais rien de vraiment sérieux. Malgré tout, j’aimerais bien ça qu’il y ait un monstre marin dans le lac St-Pierre, car ce serait excellent pour ma carrière», conclut M. Cabana avec humour.

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