André Dion transporte sa croisade pour les oiseaux au Baluchon

Par superadmin

André Dion, le désormais célèbre défenseur des «merveilles ailées», comme il aime les appeler a choisi l’Auberge Le Baluchon pour accoucher de son 20e livre. L’ornithologue et écrivain âgé de 90 ans présente 61 variétés d‘oiseaux au coeur du livre Plumes de ciel. Armé d’une plume poétique, il a composé l’ensemble des textes avec l’aide de sa muse, son épouse, France Dumas Dion. Jean-Guy Moriset, pour sa part, a fourni de merveilleuses photos multicolores pour imager l’ouvrage.

Les auteurs ont présenté leur nouveau livre à l’Auberge Le Baluchon le samedi 22 octobre dernier. Tout juste avant que l’Auberge annonce l’inauguration d’un sanctuaire d’oiseaux.

Exhibé comme un livre de table à café, Plume de ciel est avant tout conçu pour la pause détente. Avec en avant-plan des photos époustouflantes, André Dion accompagne les images avec de courts textes en prose, parfois drôles, parfois touchants, comme en témoigne cet extrait:

«Voyez une seule fois ces oiseaux en train de s’adapter chez nous et vous comprendrez leur martyre pour survivre, quand vous en découvrirez certains ayant perdu quelques-uns de leurs ergots…

Il n’est en effet pas rare d’en rencontrer, par grand froid, blottis jusqu’au ventre dans une plaque de neige poudreuse, savourant les brefs rayons du soleil qui les réchauffent un peu… Ils peuvent rester ainsi, bien recroquevillés, jusqu’à ce que le coucher du soleil fasse son oeuvre, avant que la nuit glaciale ne prenne sa place…»

Sur la page suivante, une photo de M. Morisset laisse découvrir au lecteur un oiseau, visiblement frigorifié, survivant à une journée froide.

De Comeau à Plume de ciel

Le style est complètement différent de leur dernière parution Napoléon-Alexandre Comeau au Smithsonian – L’ornithologue derrière la légende, publié au printemps 2011.

L’ouvrage rendait ses lauriers à l’ornithologue Napoléon-Alexandre Comeau disparu en 1923, jusque-là et encore aujourd’hui, peu reconnu pour son apport à la science. Ce dernier ayant été le premier découvreur de plusieurs oiseaux dont le crédit et la gloire seraient retombés sur d’autres chercheurs.

D’ailleurs, lors de la conférence de presse pour la présentation de Plume de ciel, André Dion revenait avec insistance sur la véritable identité du protagoniste qu’il se plait à défendre.

«Après une seule année d’études en haut de Trois-Rivières, Napoléon-Alexandre Comeau parlait anglais, écrivait le français comme une vache espagnole et comptait sur ses doigts. Le petit gars d’un humble enfant du nord, seul sans l’aide de personne a appris les rudiments de la médecine et est devenu un héros.»

Les Dion sont-ils tombés dans la fontaine de Jouvence?

C’est seulement à l’âge de 60 ans qu’André Dion s’est réellement investi pour la cause des oiseaux.

Pourtant, ce n’est pas d’hier qu’il a développé une passion envers ceux-ci. «Je vais vous raconter quelque chose que je n’ai pas souvent raconté, peut-être jamais. Quand j’étais étudiant, à l’âge de 15 ans, un enseignant m’avait dit: “André, tu vas voir les oiseaux partout, pourquoi tu n’écris pas ce que tu vois?” Un peu plus tard, j’ai gagné un concours de vacance-travail afin de réaliser un ouvrage sur la nature. C’est là que j’ai écrit Les oiseaux de mon pays. Avec les obligations et le travail, je ne m’y suis remis qu‘à la fin de mes jours.»

Depuis plus de 30 ans, M. Dion et son épouse ont multiplié les ouvrages et les recherches afin d’aider leurs amis ailés. Parmi leurs exploits, ils ont notamment sauvé l’espèce du Merlebleu d’Amérique, fortement menacé au début des années ’80, particulièrement en leur procurant une quantité impressionnante de nichoirs. Le couple tente actuellement de sauvegarder une autre espèce, le canard nicheur en cavité.

L’effort des écologistes, pour qui l’âge n’est pas une frontière, est de plus en plus reconnu. En 2007, André Dion a reçu la Palme d’Or de Gutenberg et puis, en 2010 il a été fait chevalier de l’Ordre de la Pléiade de la francophonie.

À savoir quand ils s’arrêteront, Mme Dumas Dion rétorquait: «Nous prévoyons prendre notre retraite en l’an 2020», sur son visage, un large sourire en disait long.

Lire aussi: Le Baluchon accueille de nouveaux clients ailés

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