Terminé, les devoirs et les leçons

Terminé, les devoirs et les leçons

Des élèves de l'école Rinfret de Sainte-Ursule en classe.

Crédit photo : Photo Pier-Olivier Gagnon

ÉDUCATION.  Les élèves des écoles primaires de Maskinongé, Saint-Justin et Sainte-Ursule feront sans doute des jaloux.

En septembre, le directeur de l’école Belle-Vallée, Martin Fréchette, en collaboration avec les enseignants, a annoncé aux parents des élèves l’instauration du programme pas de devoirs ni de leçons pendant toute l’année scolaire pour presque la totalité des jeunes qui fréquentent lesdites écoles. Seuls certains élèves de l’école St-Joseph à Maskinongé doivent consacrer un peu de temps à la maison pour des leçons puisqu’ils évoluent dans des classes à niveaux multiples.

Ce projet-pilote a été initié par l’ancienne directrice Martine  Paquin qui a facilité les démarches d’intégration de ce projet à la fin de la dernière année scolaire.

Dorénavant, les devoirs et les leçons se font en classe avec les enseignants et enseignantes. «C’est une première année d’expérimentation. Tous les professeurs ont embarqué dans le projet. C’est un concept qui a fait ses preuves ailleurs et on a décidé de l’intégrer ici. On veut que les 30 minutes qui étaient auparavant consacrées à faire des devoirs ou des leçons soient investies autrement en passant du temps de qualité avec l’enfant. Par exemple, on suggère aux parents de profiter de ce moment pour faire une activité sportive ou faire de la lecture», explique fièrement Martin Fréchette, directeur de l’école Belle-Vallée qui regroupe près de 300 élèves.

Martin Fréchette, directeur de l’École Belle-Vallée.

Réussite scolaire

Donner des devoirs et des leçons obligatoires chaque soir, ce n’est pas la meilleure façon pour favoriser la réussite scolaire des jeunes, juge Martin Fréchette. «Il y a de moins en moins de parents à la maison. Aujourd’hui, en général, le père et la mère ont un emploi, ce qui n’était peut-être pas le cas si on recule dans le temps. Leur horaire est chargé. Ce ne sont pas tous les parents non plus qui prenaient le temps de faire les devoirs et les leçons. D’autres sont pressés et faisaient ça sur le coin de la table en soupant. Certains d’entre eux n’avaient pas appris de la même façon les notions. Ça évite un paquet de problèmes», ajoute le directeur.

D’ailleurs, l’idée d’éliminer les devoirs et les leçons n’aurait aucune conséquence sur les résultats des élèves jusqu’à maintenant. «La recette est gagnante. Le taux de réussite des élèves est vraiment bon. En général, on voit même de meilleurs résultats qu’auparavant», partage M. Fréchette quelques jours avant le dépôt du premier bulletin.

Projet-pilote

Si cette aventure sourit aux élèves qui bénéficient d’un congé de travaux scolaires, l’avis était évidemment un peu plus partagé au sein des parents en début d’année. Toutefois, la direction de l’école a pris le soin de bien expliquer cette décision dès la première rencontre de parents.

«Ça demeure un projet-pilote et une première année d’adaptation pour les élèves, les parents et les enseignants. On va faire les constats qui s’imposent à la fin de l’année scolaire, mais si ça continue comme ça, il y a de bonnes chances qu’on maintienne cette façon de faire dans l’avenir», conclut Martin Fréchette.
Selon les vérifications effectuées par l’Écho de Maskinongé auprès de la Commission scolaire de l’Énergie et celle du Chemin-du-Roy, les établissements scolaires de l’école Belle-Vallée sont les premiers à adhérer à cette nouvelle vision dans la MRC de Maskinongé.

«La recette est gagnante et le taux de réussite est très bon jusqu’à maintenant»
– Martin Fréchette

 

Des élèves de l’école Rinfret de Sainte-Ursule en classe.

Vos réactions à ce changement

«Je ne suis pas encore convaincue. J’aimais bien avoir le suivi des travaux à la maison. Il y a peut-être un peu plus de laisser-aller chez l’enfant. Par contre, je suis ouverte à l’idée, on va voir! Je n’ai pas vu vraiment les résultats. Je sais qu’à l’extérieur, ça se fait. J’aurai un point de vue plus réaliste à la fin de l’année»
Kathleen, mère de Rosalie, élève de 4e année

«Je suis très heureuse de ça. Je suis maman à la maison et je me sens un peu coupable de ne plus faire des devoirs ou des leçons avec eux. Mes enfants font de la lecture. Ils développent une certaine autonomie. Évidemment, ça dépend des gens. C’est une très bonne nouvelle si les enfants n’ont pas de difficulté à l’école»
Corinne, mère de Maëlie, élève de 6e année

«Je trouve ça bien surtout quand les deux parents travaillent. Quand les jeunes arrivent à la maison, on a plus de temps pour jaser et faire autre chose avec eux. C’est certain que c’est bénéfique pour les enfants»
Dany, père de William, élève de 5e année

«Les élèves travaillent bien en classe. Ça roule très bien. Les élèves et les parents aiment ça. On prend du temps pour revenir sur la matière. Les élèves sont libres d’apporter leurs travaux à la maison quand même. J’avais déjà vécu cette façon de faire ailleurs et c’est toujours quelque chose qui est bien apprécié par tout le monde»
Roseline, enseignante en troisième année.  

«Je trouve ça bien. On a plus de temps pour faire autre chose à la maison. Quand ton jeune doit faire des devoirs pendant plus d’une heure, ce n’est pas toujours facile. Avec cette nouvelle façon de faire, ça évite la chicane à la maison»
Yannick, père de Médérick, élève de cinquième année

(Ces personnes ont été rencontrées par notre journaliste lors de la remise du premier bulletin)

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon