Sylvie Béland : l’Ironwoman de Sainte-Ursule
SAINTE-URSULE. À 62 ans, Sylvie Béland enfile chaque matin ses espadrilles ou enfourche son vélo comme d’autres prennent leur café. Conseillère municipale de Sainte-Ursule et figure bien connue du village, elle s’impose depuis près d’une décennie sur la scène du triathlon longue distance. Son parcours impressionne autant par sa persévérance que par l’énergie contagieuse qu’elle déploie dans toutes les sphères de sa vie.
Née à Montréal, Sylvie Béland s’est installée en Mauricie au début des années 1990. « J’ai toujours bougé. J’ai joué au ballon-balai, j’organise la ligue de balle locale depuis vingt ans », raconte-t-elle. Mais c’est par le vélo que la passion sportive s’est structurée. Dès ses quarante ans, elle pédale 5 000 à 6 000 km chaque été. La course à pied viendra ensuite, presque par hasard, en accompagnant des groupes d’élèves de l’école secondaire où elle travaillait.
Le triathlon, lui, s’est imposé par ses enfants. Son fils se met à la natation, au vélo et à la course. Elle l’inscrit à un premier triathlon et il ira jusqu’à deux championnats du monde. « Il m’a dit : Maman, tu es bonne en vélo, tu es bonne en course, il ne te manque que la natation. Mais moi, je ne savais pas nager du tout », se remémore-t-elle en riant. À 54 ans, elle apprend donc à mettre la tête sous l’eau. Avec une simple nouille de piscine, elle se lance. « J’ai rushé, mais j’ai appris », admet-elle.
Une compétitrice dans l’âme
Huit ans plus tard, la Mauricienne accumule les podiums. Montréal, Magog, Mont-Tremblant, New York, Maine… elle enchaîne les demi-Ironman, distances exigeantes de 1,9 km de nage, 90 km de vélo et 21 km de course. Son point fort : la bicyclette. « Pendant 90 km, je pars à fond », indique-t-elle. Le reste se joue sur la gestion de l’effort, des glucides, des électrolytes. Une science qu’elle maîtrise avec discipline. Ses temps parlent d’eux-mêmes : entre 5 h 25 et 5 h 45 selon les parcours, malgré la chaleur, les côtes et parfois les tempêtes.
La compétition n’est pas qu’individuelle. Sa fille Karine s’est jointe à l’aventure. Ensemble, elles ont pris le départ de Musselman et du John Beach, sous la bannière Ironman. Cet automne, mère et fille participeront aux Championnats du monde à Nice, avant de s’envoler pour l’Espagne. « On voyage en famille. Mon fils nous accompagne aussi. C’est extraordinaire de partager ça avec eux », dit Sylvie, fière que sa passion ait contaminé ses proches.

(Photo Émil Lavoie)
L’esprit de persévérance
Derrière son sourire, Sylvie Béland cache une détermination d’acier. Ancienne employée d’une usine de magnésium à Bécancour, fermée après 19 ans de service, elle a rebondi comme technicienne de laboratoire. Sur le plan sportif, elle a transformé ce même esprit de résilience en moteur de réussite. « Il faut être persévérant, avoir une bonne tête, sinon c’est facile d’abandonner », glisse-t-elle.
Elle le reconnaît : le temps fait son œuvre. « Mes temps sont moins rapides qu’à 55 ans. C’est normal, il faut l’accepter », confie-t-elle. Mais sa catégorie d’âge continue de lui réserver de belles surprises, et à chaque compétition, elle vise toujours le sommet.
À l’image des triathlons qui rythment sa vie, Sylvie Béland incarne une course de fond, celle de la passion, de la famille et du dépassement. Et tant qu’elle pourra enfiler ses souliers, elle promet de continuer à courir, pédaler et nager. À Sainte-Ursule comme aux quatre coins du monde.
