L’autre messe du dimanche

Par superadmin

Pendant que presque tout le Québec assiste à sa messe hebdomadaire et ne vit que pour Occupation Double le dimanche soir, 22 gars se retrouvent pendant ce temps dans le sous-sol de leur maison occupés à préparer leur équipement de hockey, totalement indifférent à ce qui se passe à la télé à l’étage supérieur. Pour ces gars, peu importe qui gagnera la maison de rêve, peu importe le couple qui sortira grand gagnant de l’aventure, peu importe les abracadabrantes historiettes de ce qui se passe à Occupation Double, il n’y a qu’une chose qui est importante, c’est la partie qui s’en vient. Peu importe la neige, peu importe qu’il fasse plus 10 ou moins 28 degrés, dans une heure et demie, les boys seront rassemblés.

Depuis 35 ans qu’elle existe, la ligue du dimanche soir est devenue au fil du temps, une ligue de «old-timer» où la moyenne d’âge s’établit aujourd’hui à 52 ans. Mise sur pied à l’ouverture de l’aréna en 1974, la ligue fondée par M. René Jourdain s’appelait alors la Ligue des commerçants. Aujourd’hui, 35 ans plus tard, 22 gars se retrouvent encore tous les dimanches soirs à se disputer la victoire. Pendant six mois, le but ultime sera de gagner. Et ne serait-ce que parce que la bière goûte meilleure après la victoire, aucun effort ne sera négligé pour sortir victorieux de la rencontre. Les gars iront jusqu’à s’époumoner, jusqu’à se tirer par terre devant un lancer et même jusqu’à bousculer un peu l’adversaire pour se tailler une place jusqu’au but. Après la partie, si on a gagné, on analysera nos bons coups et on félicitera notre coéquipier qui a marqué un but important; si on a perdu, on attribuera peut-être parfois une partie de la défaite sur les buts chanceux de nos adversaires .Et après quelques gorgées, le houblon aura le même goût pour tout le monde, gagnant comme perdant.

Questionnés à savoir pourquoi ils jouent au hockey le dimanche soir, certains ont répondu que c’était pour eux une magnifique façon de se débarrasser du stress accumulé au cours de la semaine. D’autres ont ajouté qu’ils avaient besoin de l’esprit de camaraderie qui règne dans une chambre de hockey à partager une bière avec les «chums». Des méchantes langues ont même suggéré que ça donnait aussi la chance à certains de placer un mot au moins une fois par semaine. Pour Jacques Lajoie, le 2e plus vieux joueur de la ligue, c’est une façon extraordinaire de se prouver que même à 60 ans, on peut être encore un peu en forme. Mais tous sans exception s’accordent pour dire que la véritable raison de leur engagement à jouer au hockey le dimanche soir, c’est pour laisser à leurs conjointes le temps et la liberté d’assister bien tranquillement et dans leurs fauteuils préférés à la présentation de l’autre messe du dimanche soir à TVA. Et ne serait-ce que pour cette raison, ils continueront à jouer aussi longtemps que la santé leur permettra.

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