Jean-François Damphousse: de joueur à dépisteur

Jean-François Damphousse: de joueur à dépisteur
Jean-François Damphousse (Photo : Courtoisie)

HOCKEY. Après avoir œuvré pratiquement dans toutes les sphères du hockey, Jean-François Damphousse a maintenant la responsabilité d’épier les meilleurs espoirs de la Ligue nationale de hockey (LNH).

L’Aleximontois s’est joint à la centrale de recrutement de la LNH il y a bientôt un an. Il détient une feuille de route bien remplie et un impressionnant bagage d’expérience dans ce sport.

L’ex-gardien de but a donné ses premiers coups de patins à Louiseville alors qu’il évoluait dans les catégories novice et atome simple lettre. Habile avec le bloqueur, la mitaine et les jambières, il a ensuite rejoint l’Excel du Centre-Mauricie (Shawinigan) dans les catégories atome AA et pee-wee AA.

À l’âge de 12 ans, Jean-François Damphousse est déménagé avec sa famille à Saint-Augustin-de-Desmaures, dans la région de Québec. Son stage au hockey mineur a pris fin avec les Gouverneurs de Sainte-Foy. Après une année complète dans le circuit midget AAA, Damphousse a été repêché dans la Ligue de hockey junior majeur du Québec avec les Wildcats de Moncton.

Dès la première de trois saisons avec cette équipe (1996-99), il a obtenu son billet pour le repêchage de 1997 de la Ligue nationale de hockey.

Chez les pros

L’Aleximontois Jean-François Damphousse est dépisteur pour la Centrale de recrutement de la Ligue nationale de hockey

Choix de premier tour, le natif de Saint-Alexis-des-Monts a été sélectionné au 24e rang par les Devils du New Jersey. Son passage dans la LNH fut de courte durée, lui qui n’a disputé que six parties. À cette époque, l’organisation avait décidé de jeter son dévolu sur un certain Martin Brodeur.

Il a poursuivi son parcours professionnel dans la Ligue américaine de hockey, d’abord avec l’organisation des Devils pendant trois saisons, ensuite avec celles des Ducks d’Anaheim, des Flames de Calgary et finalement des Canadiens de Montréal.

C’est lors de la saison 2004-05 que sa carrière de gardien a véritablement basculé. «J’ai joué une saison avec les Bulldogs de Hamilton. Mon contrat se terminait et le lock-out de la LNH est arrivé la saison suivante. J’aurais pu aller jouer en Europe, mais j’ai plutôt décidé de jouer une saison de hockey senior avec le Radio X à Québec en attendant que le lock-out se termine. Le calibre était très fort. Cette année-là, ma femme a donné naissance à notre fille. Suite à ça, j’ai pris la décision de mettre le hockey derrière moi. J’étais prêt à passer à autre chose. Je suis retourné à Dieppe au Nouveau-Brunswick pour m’établir avec ma famille et poursuivre ma vie différemment. C’est là que j’avais rencontré ma femme lors de ma première année junior», raconte-t-il.

Transition

Dès son retour au Nouveau-Brunswick, Jean-François Damphousse a eu l’opportunité de renouer avec les Wildcats de Moncton. «J’ai fait beaucoup de choses au niveau de l’administration et du marketing. Quand je suis arrivé avec eux, la première année, c’était le dixième anniversaire de l’équipe. On avait organisé plusieurs activités pour rassembler les anciens. On accueillait aussi la Coupe Memorial cette année-là. J’ai passé trois saisons avec eux», mentionne celui qui s’est également vu offrir le rôle d’entraîneur des gardiens.

Damphousse a par la suite fondé Pro Tek Goaltending, une école pour gardiens de but, avec son bon ami Frantz Jean, l’entraîneur des gardiens du Lightning de Tampa Bay.

Son parcours l’a aussi amené à devenir représentant dans l’industrie pharmaceutique pour la compagnie AstraZeneca. Au même moment, il était propriétaire des Commandos de Dieppe, une équipe junior A, l’équivalent du junior AAA au Québec, avec qui il a été associé de 2008 à 2017. «J’ai porté plusieurs chapeaux, dont celui de directeur général et d’entraîneur pendant quelques saisons. Ça m’a permis d’acquérir une belle expérience sur tous les aspects du hockey», analyse Jean-François Damphousse.

Ce dernier a finalement quitté son emploi pour rejoindre l’Université de Moncton dans les dernières années afin d’occuper le poste de directeur des opérations hockey. «J’ai été en charge du programme de hockey masculin des Aigles Bleus. J’ai fait ça pendant deux ans. J’étais responsable du recrutement et j’ai mis en place une structure hockey. J’ai adoré!»

Un défi stimulant et sur mesure

En août dernier, Jean-François Damphousse a quitté les fonctions qu’il occupait dans son patelin d’adoption. Le résident de Dieppe est devenu dépisteur pour la Centrale de recrutement de la Ligue nationale de hockey.

«C’était une belle opportunité. J’ai mis mon nom dans le mix. Après quelques entrevues, ils m’ont choisi. Je couvre le Québec et les Maritimes. On est sept dépisteurs en Amérique du Nord qui travaillent pour la centrale. On a la responsabilité de couvrir les États-Unis et le Canada, et ce, peu importe la ligue. On a chacun nos territoires, mais je vais quand même un peu partout pour faire des comparaisons de joueurs. Notre travail, c’est de faire la liste des meilleurs espoirs pour venir en aide aux 31 équipes de la LNH», confie-t-il.

Cet emploi à temps plein est quand même exigeant, avoue celui qui est aujourd’hui âgé de 40 ans. «De septembre à mars, c’est très occupé. C’est beaucoup de voyagement pour s’assurer que nos listes soient les plus précises possible. On s’occupe aussi du «Combine» en fin de saison. On regroupe les espoirs de haut niveau pour des tests physiques, notamment. En début de saison, on fait aussi une tournée pour recueillir le poids et la grandeur des joueurs pour que les équipes aient des informations à jour», signale-t-il.

Damphousse s’adapte bien et se plait dans son nouveau travail. «C’est un défi chaque jour. On a plusieurs joueurs à évaluer. C’est un travail très enrichissant. Je vois des matchs de hockey pratiquement chaque soir. Je voyage beaucoup. Notre objectif demeure de sortir une liste pertinente qui peut aider les équipes de la LNH à avoir un bon repêchage. Plusieurs personnes me demandent si j’aimerais ensuite me joindre à une équipe de la LNH. Est-ce que ça va arriver un jour? Peut-être. Pour l’instant, je suis vraiment heureux dans ce que je fais. J’aime le groupe avec qui je travaille. Je planifie rester à la centrale pour plusieurs années.»

Toujours attaché à son village natal

Souvent loin de la maison pour son travail, le dépisteur profite de ses séjours au Québec pour retourner à Saint-Alexis-des-Monts lorsque son horaire lui permet. «La plupart de ma famille est là. Ma mère est décédée il y a quelques années, mais mon père est retourné vivre à Saint-Alexis. Je vais coucher là lorsque je suis dans la région. À Noël et durant l’été, on va aussi passer du temps là-bas. J’aime beaucoup la Mauricie et j’ai eu beaucoup de plaisir à grandir à Saint-Alexis», souligne M. Damphousse, pour qui le rêve d’atteindre la LNH est doublement atteint.

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