Du bonheur plein les espadrilles

Du bonheur plein les espadrilles

Odette Gélinas de Saint-Barnabé.

Crédit photo : Photo Marie-Eve Veillette

PORTRAIT. Odette Gélinas est accro. Et elle ne se gêne pas pour le dire à qui veut bien l’entendre. Elle va même jusqu’à encourager les gens à suivre ses traces. Sa drogue, c’est la course. Ça fait quatre ans qu’elle l’impose à son corps, et plus jamais elle ne s’en passera.

«Ça me donne une énergie incroyable, et un grand sentiment de liberté», dit celle qui décrit ce sport comme «sa drogue du bonheur»: «Ça sécrète de l’endorphine. Quand je diminue mon volume de course, on dirait que je tombe un peu plus down».

C’est par hasard que cette discipline est entrée dans la vie de cette résidente de Saint-Barnabé, en janvier 2014. Elle avait vu dans les médias qu’une course de nuit s’organisait à Trois-Rivières dans le cadre du Grand Défi Pierre Lavoie au mois de mai suivant. Intéressée à y prendre part, elle a commencé à s’entraîner pour l’événement avec une collègue de bureau. Elle avait 58 ans, était à l’aube de la retraite… et n’avait jamais couru auparavant!

«En fait, à l’époque, quand je regardais les gens courir, je me disais qu’ils étaient bons de faire ça. Moi, après cinq minutes, je me tannais! Mais le défi dans les rues de Trois-Rivières m’intéressait vraiment, alors je me suis mise à m’entraîner en conséquence.»

Puis, est venu le moment du départ. «C’était grandiose. Pierre Lavoie et Guillaume Lemay-Thivierge étaient là, arrivés en hélicoptère… Il y avait une certaine euphorie! Pendant la course, ça allait bien. On ramassait des blocs lumineux. Je n’ai pas trouvé ça difficile, raconte la coureuse. J’ai vraiment aimé l’expérience. J’ai dit à ma collègue que je recommencerais sans hésiter.»

«À chaque fois que je cours, j’offre un moment de bonheur à mon corps et à ma tête»

– Odette Gélinas de Saint-Barnabé

Dans la foulée, Odette Gélinas a continué à chausser ses espadrilles… pour ne plus jamais arrêter. Classique hivernale Broadway, Une fille qui court, les courses du Trou du Diable, le Demi-Marathon Marcel Jobin, le Marathon des couleurs Promutuel de Bécancour et le Marathon de Montréal ne sont que quelques-unes des épreuves auxquelles l’athlète a participé depuis qu’elle se nourrit de la course à pied.

Première de sa catégorie à Montréal

En plus de trouver son lot de bonheur dans ce sport tout récent pour elle, Odette Gélinas y excelle. «Je pense que j’avais ça en moi. J’ai trouvé ça facile dès le début», indique-t-elle.

En septembre dernier, elle a terminé première de sa catégorie (Femmes 60-64 ans) au 21,1 km du Marathon de Montréal. Elle a réalisé le parcours en 1:41:47, devançant 100 autres personnes de sa tranche d’âge au fil d’arrivée. Un exploit qui la réjouit au plus haut point, mais qu’elle a du mal à s’expliquer.

«Je ne m’y attendais pas. Je suis partie rapide, et je suis restée rapide. J’avais l’impression que quelqu’un d’autre courait dans mon corps tellement j’allais plus vite que d’habitude pour cette distance», sourit celle qui, à sa première participation l’an dernier, avait complété le parcours en 1:55:23.

Direction Las Vegas!

En fin de semaine (10-11 novembre), Odette Gélinas vivra son 4e demi-marathon. Ça se passera à l’extérieur du pays, plus précisément à Las Vegas!

Elle part avec quatre autres coureurs. Le défi sera un peu plus relevé qu’à l’habitude étant donné que la veille du 21,1 km, ils parcourront aussi un 5 km. Un défi supplémentaire que propose le Marathon de Las Vegas via son Remix Challenge Medal.

Le départ a lieu en début de soirée sur la Strip. «J’ai vraiment hâte! Comme les Américains ne font rien à moitié, ça va être impressionnant», prévoit celle qui y mettra les pieds pour la première fois.

Elle s’est renseignée et le meilleur temps enregistré dans sa catégorie d’âge, pour le demi-marathon à Las Vegas, serait d’environ 1:43. «Je me dis que j’ai des chances [de terminer première], d’autant plus que le parcours sera plat et qu’on court de soir, à un moment de la journée où c’est généralement un peu plus frais. En plus, ce sera tout illuminé et je m’attends à beaucoup d’ambiance. Ça va me stimuler!», dit celle qui vise un temps sous la barre de 1:50.

Évidemment, Odette Gélinas et son groupe vont profiter de la ville et de tout ce qu’elle offre durant la semaine qu’ils y passeront. Même si plusieurs activités sont au programme, elle avoue que le moment qu’elle attend le plus, c’est celui où elle sera sur la ligne de départ du demi-marathon.

Être accro… c’est ça!

De bourreau de travail à sportive

«La course est arrivée à un bon moment dans ma vie, soit à deux ans de ma retraite. J’étais un peu workaholic. Je pensais qu’après Desjardins [où elle a fait carrière], il n’y avait plus rien. Je pratiquais déjà le golf, et la course est venue complémenter mes projets de retraite», mentionne Odette Gélinas, qui a d’ailleurs joué 97 parties de golf cet été, presque toutes à pied.

«J’aimais courir, mais avec le travail, je trouvais ça plus difficile. Je me disais que ce n’était pas à 80 ans que j’allais pouvoir courir quand ça me tentait et parcourir le nombre de kilomètres que je voulais, poursuit celle qui voue une grande admiration à Alice Cole, une marathonienne de 85 ans.

«Le message que je veux livrer, c’est que oui, j’aime performer, mais ce n’est pas ça qui compte. Ce qui importe, c’est de chausser ses souliers, courir, bouger. Se maintenir en forme, c’est grisant», termine celle qui souhaite continuer longtemps à pratiquer son sport… comme Alice Cole.

À propos de Odette Gélinas

Elle est membre du Club de coureurs sur route Milpat. Tout comme l’an passé, elle est finaliste pour le titre d’Athlète féminine de l’année. Le nom de l’élue sera dévoilé le 25 novembre prochain.

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