Mazepin est assommé par son congédiement, lance sa propre fondation

Jérôme Pugmire, The Associated Press
Mazepin est assommé par son congédiement, lance sa propre fondation

L’ex-pilote de Formule 1 russe Nikita Mazepin a déclaré qu’il est encore assommé d’avoir été congédié par l’équipe Haas à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et il a annoncé qu’il lancera une fondation pour venir en aide aux athlètes victimes de sanctions. 

Mazepin a été limogé samedi dernier, à la suite de la décision de la F1 de résilier son entente avec le Grand Prix de Russie, à Sotchi. 

«Je ne m’attendais pas à ce que Haas résilie son entente avec moi. Je ne l’ai jamais vu venir, a dit Mazepin aux journalistes lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée mercredi. Ç’a été très douloureux, car je ne m’y attendais pas.»

Il a ajouté que c’est un avocat de l’écurie Haas, et non son propriétaire, Gene Haas, on son directeur, Guenther Steiner, qui lui a annoncé la nouvelle. 

«J’ai l’impression que j’aurais dû recevoir plus d’appuis, parce qu’il n’y a aucun motif juridique qui justifie la résiliation de mon contrat, a-t-il évoqué. Mon rêve s’est envolé.»

Mazepin, dont le père entretient une très bonne relation avec le président russe Vladimir Poutine, a refusé de répondre aux questions relatives à la guerre. Selon lui, l’invasion russe «a des répercussions à bien plus de niveaux» que ce que les gens croient.

Mazepin a souligné qu’il avait appris son congédiement en même temps que la presse. 

«Je suis un jeune homme âgé de 23 ans et je n’étais pas prêt, a-t-il confié. On ne m’a offert aucun indice, ni démontré le moindre appui, comme en disant: ‘C’est notre décision, elle sera annoncée dans 15 minutes, alors sois prêt.»

Le Russe a ajouté qu’il souhaite effectuer un retour en F1, mais pas avec Haas. 

«La Formule 1 est un sport dangereux, et tu dois avoir une confiance  aveugle dans ton équipe, a-t-il expliqué. C’est une question de sécurité. Je crois qu’il est juste d’affirmer que je n’ai plus confiance en elle.»

La Fédération internationale de l’automobile (FIA), qui chapeaute le sport automobile sur la planète, a exclu la Russie des compétitions internationales, mais elle permet que des pilotes russes évoluent sous une bannière neutre — sans symbole, drapeau, hymne ou couleurs rappelant la Russie. 

À l’aube d’une nouvelle saison, qui se mettra en branle le 20 mars au Bahreïn, la FIA a aussi demandé que les pilotes ratifient une déclaration de paix et de neutralité, et qu’ils soient «solidaires avec le peuple ukrainien».  

Mazepin a indiqué qu’il aurait signé le document, mais qu’il s’affairait à analyser les différentes clauses incluses dans celui-ci lorsqu’il a appris son congédiement. 

«J’étais prêt à signer. Je l’aurais fait pour une seule raison; je suis un pilote de course et je veux piloter, a-t-il assuré. Mais puisque mon contrat a été résilié, alors je ne vois pas pourquoi je discuterais d’un document que j’aurais pu signer.»

Haas a aussi rompu son entente commerciale avec l’entreprise russe Uralkali, qui appartient en partie au père de Mazepin, Dmitry.

L’entreprise songe à déposer une poursuite contre l’équipe. 

«Uralkali entend protéger ses intérêts dans un cadre légal et se réserve le droit de déposer une poursuite judiciaire, de réclamer des dommages et intérêts, et de reprendre les montants significatifs déjà versés (à Haas) pour la saison 2022 de Formule 1», a indiqué Uralkali dans un communiqué émis mercredi. 

Cet argent servira plutôt à lancer la fondation de Mazepin, qui s’appellera «We Compete As One» — et qui rappelle vaguement le slogan de la F1 «We Race As One».

«La fondation offrira des ressources, financières ou non, aux athlètes qui ont dévoué leur vie aux Jeux olympiques ou paralympiques, et à d’autres événements sportifs d’envergure, avant d’être punis individuellement ou collectivement simplement en raison de leur passeport», a déclaré Mazepin. 

Auparavant, Mazepin avait entamé sa conférence de presse en faisant une déclaration au sujet de l’invasion russe en l’Ukraine. 

«Ceux qui n’habitent pas cette partie du monde, ou qui n’y sont pas nés, ne comprennent qu’une partie du conflit. Ceux qui habitent en Russie ou en Ukraine sont conscients que c’est un conflit à plusieurs niveaux, a-t-il dit. J’ai des amis et des proches qui, à cause du destin, se retrouvent de chaque côté de ce conflit.»

Mazepin a ajouté qu’il avait reçu des messages d’appui des pilotes de F1 Sergio Perez, Valtteri Bottas, Charles Leclerc et George Russell.

«Ça n’avait rien de politique, a assuré Mazepin. Ils m’ont appuyé, car ils comprenaient qu’on venait de me priver d’une opportunité.»

Son coéquipier chez Haas n’a toutefois pas fait preuve de solidarité. 

«Mick Schumacher n’a rien exprimé de positif ou de négatif. Dans des situations comme celle-là, tu vois le véritable visage des gens», a-t-il commenté.

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