Les joueurs de la LCF ne semblent pas emballés par l’entente de principe

Frédéric Daigle, La Presse Canadienne
Les joueurs de la LCF ne semblent pas emballés par l’entente de principe

TROIS-RIVIÈRES, Qc — Une entente de principe a été conclue entre les joueurs de la Ligue canadienne de football et les propriétaires d’équipes. Mais la grève dans le circuit Ambrosie est-elle terminée pour autant?

Bien que les joueurs étaient de retour à l’entraînement jeudi après quatre jours de grève, l’entente n’a pas officiellement été ratifiée par les deux parties. Les joueurs doivent voter dans les 48 prochaines heures, mais chez les Alouettes de Montréal, les joueurs rencontrés au stade du Cégep de Trois-Rivières, où s’est officiellement mis en branle le camp du club, n’étaient pas convaincus qu’ils avaient obtenu une très bonne entente.

«Je ne vous mentirai pas, je ne suis pas satisfait de cette entente à 100 %, a d’ailleurs indiqué le secondeur Chris Ackie, l’un des deux représentants syndicaux du club de football montréalais. Je trouve qu’on donne beaucoup de choses importantes pour la LCF, comme le ratio. On devra reprendre l’entraînement en équipement complet, mais notre couverture d’assurances n’a pas été majorée en conséquence. Je trouve qu’on augmente le risque de blessures: quand nous avons retiré les entraînements en équipement, les blessures ont chuté de 35 %. Ce n’est pas la meilleure entente possible, non.»

L’autre représentant des Oiseaux, le joueur de ligne défensive Almondo Sewell, n’a quant à lui pas voulu commenter l’entente. Mais le ratio de joueurs canadiens semble être le point le plus litigieux.

«C’est difficile à suivre et c’est loin d’être l’entente que j’avais imaginée qu’on a acceptée, a pour sa part indiqué le demi défensif Marc-Antoine Dequoy. Je trouve difficile qu’on s’attaque au ratio de joueurs canadiens comme ça. (…) J’ai hâte de voir ce que ça va donner vendredi avec le vote.

«Je trouve surprenant que ç’ait été adopté par nos représentants au départ. Alors rien ne me surprendrait sur le résultat du vote de vendredi. De mon côté, ce n’est pas une question de ne pas jouer. Au contraire: j’ai hâte d’être sur le terrain; je me bats pour un poste de partant cette saison. Alors si tu m’enlèves du terrain, j’ai énormément à perdre. Mais c’est pour sept ans qu’on s’engage, alors je trouve ça un peu ‘rough’.»

Certains joueurs craignent qu’en touchant au ratio de joueurs canadiens partants, les postes iront à des «naturalisés» — des joueurs américains ou internationaux qui évoluent depuis cinq ans dans la LCF ou depuis trois ans pour la même formation — dans les matchs importants. D’autres laissaient plutôt entendre que c’est lors de cas de blessures à des partants canadiens que la nouvelle convention collective donne plus de liberté aux organisations. Les réunions des prochains jours devraient permettre d’éclairer tout cela.

Ackie n’a pas voulu dire s’il allait voter en faveur de l’entente de principe, mais ses nombreuses réticences laissent croire qu’il pourrait s’y opposer. Il a par contre insisté: il ne va pas tenter de convaincre ses coéquipiers de faire de même.

«Je ne vais pas recommander d’accepter ou non cette entente: je ne peux être biaisé par mon opinion. Nous leur présenterons les termes et ils décideront selon leur volonté. (…) Si une majorité de joueurs jugent que ce n’est pas ce qu’ils veulent, c’est possible. Mais comme je le disais: il y a plusieurs bonnes choses dans cette entente. Ça ne veut pas dire que parce que je trouve que ce n’est pas une bonne entente que ce sera l’opinion de la majorité des joueurs.»

Quelles sont ces bonnes choses? Le partage des revenus amélioré et les contrats garantis. Mais encore là: Ackie souligne qu’il y a plusieurs aspects à tenir en compte avant de s’en réjouir.

«Les contrats garantis, ça peut paraître bon, mais il y a plusieurs détails que j’aime moins dans ces contrats», a-t-il expliqué.

Sur le terrain, dans les faits, les Alouettes et les six autres équipes qui ne sont pas situées en Alberta se retrouvent avec un désavantage compétitif, ayant perdu quatre jours de camp. Les Elks et les Stampeders, en vertu des lois du travail de l’Alberta, ne pouvaient se retrouver en grève dès cette semaine.

«C’est seulement une étape de plus à surmonter, a philosophé l’entraîneur-chef, Khari Jones. On ne peut pas reprendre ces jours. Il faut seulement être prêts. C’est la main qu’on nous a donnée.»

Et il ne pourra pas non plus mettre les bouchées doubles pour rattraper ce temps.

«Avant de pouvoir courir, il faut savoir marcher, a-t-il imagé. Vous devez faire les choses de la bonne façon et y aller par étapes. On ne peut pas accélérer les choses. Il faut installer nos trucs une étape à la fois.»

Le premier match intra-équipe des Alouettes devrait avoir lieu lundi soir, au stade des Diablos de Trois-Rivières. Pour l’instant, rien n’a été modifié au calendrier préparatoire du club montréalais, qui doit jouer le 28 mai à Hamilton et le 3 juin au stade Percival-Molson, contre le Rouge et Noir d’Ottawa.

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