Le Canada en pleine ascension à l’aube d’une qualification au mondial de soccer

Anne M. Peterson, The Associated Press
Le Canada en pleine ascension à l’aube d’une qualification au mondial de soccer

Canada soccer a pris tout le monde par surprise, en 2018, quand l’organisation a annoncé que l’entraîneur-chef de l’équipe nationale féminine, John Herdman, allait désormais diriger l’équipe masculine.

Herdman avait mené les femmes à deux médailles de bronze consécutives aux Jeux olympiques en plus de devoir composer avec la pression d’agir comme équipe hôte de la Coupe du monde de soccer féminin en 2015.

La capitaine de l’équipe féminine, Christine Sinclair, qui détient le record universel du plus grand nombre de buts marqués en matchs internationaux, avait réagi sur Twitter avec le commentaire: «Sans mots en ce moment.»

Cette décision aura finalement été un succès. L’équipe canadienne masculine est sur le point de confirmer sa qualification à la Coupe du monde de soccer pour la première fois en 36 ans.

Le Canada trône au sommet du classement du tournoi de qualification de la Concacaf, devant les États-Unis et le Mexique. Les Canadiens sont toujours invaincus en ronde finale avec une fiche de sept victoires et quatre matchs nuls. 

En cours de route, l’équipe nationale canadienne a connu une ascension fulgurante au classement de la FIFA, passant de la 94e position à l’arrivée d’Herdman en 2018, à la 33e place aujourd’hui.

«Cette équipe, ce programme, on a traversé beaucoup de choses. On a vécu beaucoup de moments difficiles et de résultats crève-cœur, a relaté le capitaine Atiba Hutchinson. Et pour en arriver là où l’on est maintenant, on est devenu une équipe qui n’a peur de rien et qui est remplie de confiance. On ne fait que s’exprimer sur le terrain maintenant.»

Au cours de la plus récente série de matchs du tournoi à la ronde, le Canada a maintenu une fiche parfaite de 3-0 avec des gains aux dépens du Honduras, des États-Unis et du Salvador.

Jeudi, le Canada reprendra sa mission en visitant le Costa Rica pour le premier match d’une dernière série de trois parties. Avec une victoire, la formation canadienne assurerait sa place au Qatar avant même de jouer les deux derniers duels prévus contre la Jamaïque à Toronto, dimanche, puis au Panama, le mercredi suivant.

Les trois meilleures équipes du tournoi à la ronde obtiennent leur billet pour représenter la Concacaf au mondial. L’équipe qui termine quatrième aura une dernière chance de se qualifier pour le Qatar en affrontant une équipe de l’Océanie dans la même situation.

Herdman a surnommé la quête de son équipe le «Nouveau Canada».

«Avec cette mission, il y a plusieurs objectifs sous-jacents. Nous ne faites pas partie du « Nouveau Canada » à moins d’être réellement à l’avant-garde de cette période actuelle. Pour nous, à l’interne, nous avons des objectifs clairs sur lesquels nous sommes entièrement dédiés et nous sommes sur la bonne voie, a-t-il affirmé. Nous sommes sur le bonne voie de nous établir en tant que Nouveau Canada comme les joueurs l’ont dit et de le faire savoir au reste du monde.»

Il n’y a pas que l’équipe masculine qui a bénéficié du changement d’entraîneur. La formation féminine a aussi connu du succès en décrochant la médaille d’or aux Jeux olympiques de Tokyo l’été dernier sous les ordres de Bev Priestman.

Reconnu comme le pays du hockey, le Canada travaille depuis 20 ans pour s’établir comme un véritable joueur sur la scène mondiale du soccer.

L’aventure a réellement débuté en 2002, quand le pays a accueilli le Championnat du monde de la FIFA U-19 féminin (devenu depuis la Coupe du monde féminine des moins de 20 ans).

La jeune Sinclair avait alors inscrit cinq buts en ronde quart de finale contre l’Angleterre. Sa performance a fait tellement de bruit que les gradins se sont remplis. Plus de 47 000 personnes ont assisté à la finale contre les États-Unis. Un record d’assistance qui tient toujours aujourd’hui.

Ensuite, le Canada a organisé la Coupe du monde masculine des moins de 20 ans en 2007. Ce qui a généré des retombées économiques de 259 millions $. Un événement qui a ouvert la voie à la présentation au pays de la Coupe du monde féminine en 2015.

Aujourd’hui, l’équipe nationale féminine du Canada occupe le 6e rang mondial alors qu’elle se prépare pour le mondial 2023. La fondation de cette équipe a été bâtie par Herdman qui a pris les rênes en 2011.

«Si jamais vous entendez ces hommes de l’équipe canadienne parler, tout ce dont ils parlent c’est de passion, de legs, de jouer pour leur confrérie, les uns pour les autres. Et ce sont des choses auxquelles je crois profondément aussi, parce que j’ai eu la chance de jouer pour un entraîneur comme John Herdman, qui met l’emphase sur l’équipe d’abord dans tout ce qu’il fait. Maintenant, vous voyez ce succès chez les hommes», a analysé l’ancienne joueuse de défense de l’équipe canadienne Rhian Wilkinson.

Mais pour les joueurs d’Équipe Canada, le simple fait de se qualifier pour le Qatar ne sera pas suffisant.

«Je l’ai dit depuis le début, mais ces gars-là se battent pour quelque chose de bien plus grand qu’un match de trois points et une qualification au Qatar, et c’est comme ça depuis que j’ai pris la direction de l’équipe, a déclaré Herdman. On est très lucide. Ça a pris du temps pour que les joueurs se rentrent cela dans la tête et se rassemble autour de cet objectif commun, mais c’est fait maintenant. Tout est très clair.»

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