Femmes en politique: Barbara Paillé demeure optimiste

Femmes en politique: Barbara Paillé demeure optimiste
Barbara Paillé, mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont. (Photo : Pier-Olivier Gagnon)

POLITIQUE. Au Québec, 32,3 % des élus dans le domaine municipal sont des femmes et 18,2 % des maires sont des mairesses. À deux mois des élections municipales, Barbara Paillé invite les femmes de tous les horizons, avec ou sans expérience, à s’engager en politique.

La faible représentation féminine en politique municipale interpelle la mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont qui s’apprête à quitter après avoir passé 16 ans à la tête de sa municipalité et quatre ans comme conseillère municipale. « La situation tend à s’améliorer, mais on est encore loin de la parité. Je ne perds pas espoir. Je ne verrai probablement pas ça de mon vivant, mais j’ai hâte que cette question-là ne soit plus posée parce qu’une femme ou un homme en politique, c’est une personne en politique. Les femmes ont cependant encore du chemin à faire pour se tailler une place », reconnait Barbara Paillé.

Mme Paillé a été élue mairesse de Sainte-Angèle-de-Prémont en 2005 en défaisant le maire sortant Pierre-Paul Baril. Le scénario s’est répété en 2009 contre le même adversaire. Elle a ensuite été réélue sans opposition en 2013 et 2017. « Je n’allais pas en politique pour me faire des amis, mais pour me faire le moins d’ennemis. Tu ne vas pas en politique pour tes intérêts personnels. Pendant toutes ces années, je n’ai jamais eu de problème. J’ai réussi à faire ma place et j’ai été bien accueillie. Il faut quand même avoir les reins solides et vouloir beaucoup », dit-elle.

Difficile d’attirer les femmes

Quoique la conciliation travail-famille représente une embûche importante, dans une enquête réalisée auprès des élues en 2017, la Fédération québécoise des municipalités (FMQ) révèle que le sentiment d’insécurité quant à la capacité d’exercer leurs fonctions est le principal obstacle de l’engagement des femmes en politique municipale. S’ensuivent la discrimination et l’exclusion en deuxième et troisième position. « La politique, c’est une vocation. Il faut aimer ça parce que c’est très exigeant. Si tu veux faire avancer ta municipalité, il faut avoir un leadership assez fort, que tu veuilles t’investir et il ne faut pas avoir peur de s’affirmer », souligne Barbara Paillé.

La mairesse souhaiterait voir plus de femmes s’impliquer dans la sphère publique. Elle estime toutefois qu’encore bien des efforts restent à faire. « C’est bien d’avoir un mélange de femmes et d’hommes en politique. Ça amène parfois deux visions différentes. Il faut être capable de s’imposer et de faire valoir nos idées. Avoir du jugement, ce n’est pas dû seulement aux hommes. Les femmes en ont aussi. C’est plus difficile pour une femme de faire le saut en politique parce que c’est demandant et elle a déjà beaucoup de charges au travail et à la maison », rapporte Mme Paillé.

La Prémontoise remarque que les femmes qui désirent s’investir en politique le font souvent pour un dossier spécifique ou pour un thème en particulier. « Certaines y vont pour l’environnement, d’autres vont y aller pour la politique familiale. Le problème, c’est qu’on ne parle pas juste de ça au conseil municipal. Il faut voir l’ensemble des dossiers. On parle autant d’économie que de développement. Les femmes devraient s’intéresser à tout. Elles sont aussi compétentes que les hommes, mais c’est une minorité qui s’implique. Il faut que tu veuilles apprendre. Ce n’est pas parce qu’une personne est très compétente dans un secteur qu’elle est bonne en politique. Il faut que tu fasses tes premières armes. Ça demande beaucoup de patience et d’autodiscipline », souligne-t-elle.

Barbara Paillé sent un désintéressement de la population envers la politique. Ce phénomène n’aide évidemment pas à convaincre les femmes de se lancer. « Les gens doivent réaliser que c’est la politique qui mène le monde. Il n’y a rien qui n’est pas politique », tranche-t-elle.

La fin d’une « belle aventure »

Au cours des prochaines semaines, Barbara Paillé passera le flambeau et laissera derrière elle de grandes réalisations. « Ma motivation a toujours été de mettre Sainte-Angèle de l’avant et de la faire grandir. Je suis fière de ce que j’ai accompli. Toutes les subventions qui passaient, je les ai ramassées. J’ai contribué à l’amélioration de pas mal tout dans la municipalité. Des projets, nous en avons réalisé plusieurs. J’ai géré en bon père de famille », analyse Mme Paillé.

« Au fil des années, j’ai toujours eu l’appui des membres du conseil municipal. J’ai eu de bons musiciens et j’ai simplement été le chef d’orchestre », soutient-elle.

La mairesse sortante ne regrette d’ailleurs pas son choix de s’être présentée en politique. « Tout ce que j’ai pu retirer de cette expérience-là, ça vaut de l’or en barre. Je n’ai jamais regretté. J’ai 67 ans et le petit bout qui me reste, j’aimerais ça en profiter. Un moment donné, il faut savoir se retirer. Je n’étais pas partie pour faire quatre mandats à la mairie. Je m’étais dit que je commencerais par un et si j’étais capable d’en faire deux, tant mieux! Dans un mandat, on ne peut pas réaliser beaucoup de choses », confie-t-elle.

Rappelons que deux des 17 municipalités de la MRC de Maskinongé sont actuellement dirigées par des femmes, soit Sainte-Angèle-de-Prémont (Barbara Paillé) et Saint-Mathieu-du-Parc (Josée Magny).

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