Négociations avec l’Ukraine: les Russes ne sont «pas de bonne foi», dit Mélanie Joly

Émilie Bergeron, La Presse Canadienne
Négociations avec l’Ukraine: les Russes ne sont «pas de bonne foi», dit Mélanie Joly

OTTAWA — La ministre des Affaires étrangères, Mélanie Joly, condamne les bombardements russes qui se poursuivent en Ukraine malgré les engagements pris au cours des pourparlers.

«C’est clairement horrible ce qui se passe parce que nous voyons que pendant que les négociations sont toujours en cours, les deux parties n’arrivent pas à se faire confiance. Pourquoi? Parce que la Russie ne montre pas de bonne foi», a-t-elle dit mercredi avant de se rendre à une réunion du caucus libéral.

Mme Joly a réitéré qu’Ottawa s’apprêtait à imposer de nouvelles sanctions contre le régime russe. «Il ne faut pas arrêter parce qu’on voit que les combats continuent.»

La ministre est restée vague sur le rôle que pourrait jouer le Canada dans l’atteinte espérée d’une solution diplomatique. 

L’Ukraine a proposé de demeurer un pays neutre, mais sa sécurité serait garantie par un groupe de pays, un peu comme le prévoit l’article 5 de l’OTAN, qui précise qu’une attaque contre l’un de ses membres constitue une attaque contre tous ses membres.

«Je ne peux pas aller dans les détails parce que bien entendu les négociations ont lieu, mais on sait qu’une solution diplomatique, un jour, pourra être trouvée parce que c’est toujours le cas à chaque fois qu’il y a, malheureusement, des combats», a-t-elle affirmé.

Elle a ajouté que les discussions sont constantes entre elle et son homologue ukrainien – de même qu’entre le premier ministre Justin Trudeau et le président Volodymyr Zelensky.

«Les Ukrainiens savent qu’on peut avoir des discussions au cours desquelles on se fait extrêmement confiance.»

Délai de traitement pour l’accueil d’Ukrainiens

Par ailleurs, le ministre de l’Immigration, Sean Fraser, estime que le temps de traitement de 14 jours est en voie d’être respecté pour des dossiers d’Ukrainiens et membres de leur famille qui souhaitent venir au Canada sur une base temporaire maximale de trois ans.

C’est ce délai auquel Ottawa s’est engagé pour «les cas réguliers et non complexes» en annonçant, le 17 mars dernier, le début de son programme Autorisation de voyage d’urgence Canada-Ukraine (AVUCU).

«Jusqu’à présent, oui», a-t-il répondu en mêlée de presse lorsque questionné à savoir si cette promesse serait tenue.

«Nous surveillons de très près la circulation des personnes et nous pouvons déplacer des ressources où un nombre important de personnes se rendent», a-t-il soutenu en ajoutant que tel avait été le cas à Varsovie, en Pologne, et que d’autres ajustements seront faits au fur et à mesure.

Appelé à donner une estimation du nombre d’Ukrainiens qui arriveront au Canada au mois d’avril, le ministre n’a pas voulu s’avancer. Il a fait valoir que les demandes continuent d’affluer et que certains décideront, au final, de s’installer ailleurs pour rester plus près de l’Ukraine.

«Le temps dira si cela restera une option pour eux alors nous faisons tout ce que nous pouvons pour fournir une voie d’accès flexible pour gagner le Canada aussi rapidement que possible, avec une quantité de barrières limitée», a-t-il dit.

Plus de 60 000 Ukrainiens et membres de leur famille immédiate ont soumis une demande en vertu de l’AVUCU et environ 10 000 autres personnes se sont tournées vers des programmes préexistants, a noté le ministre. Ottawa a promis de prioriser tout dossier de personnes tentant de fuir la guerre en Ukraine.

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