Les conservateurs présentent une motion sur les crimes commis par des non-citoyens
OTTAWA — Les conservateurs ont présenté mardi une motion demandant au gouvernement d’interdire aux non-citoyens reconnus coupables de crimes graves de présenter une demande d’asile.
La motion demande également au gouvernement d’empêcher les personnes dont le dossier est toujours en cours d’examen par les tribunaux de présenter une demande d’asile.
Cette motion survient après une forte augmentation des crimes liés à l’extorsion. Le premier ministre de la Colombie-Britannique, David Eby, a qualifié cette vague de cas d’extorsion de crise et a demandé à Ottawa de corriger les lacunes du système de demande d’asile.
La porte-parole conservatrice en matière d’immigration, Michelle Rempel Garner, qui a parrainé la motion, a déclaré mardi à la Chambre des communes que chaque statistique représente «des êtres humains réels dont la vie et la communauté ont été brisées».
«Des petits commerçants reçoivent des menaces grossières exigeant de l’argent en guise de protection, leurs magasins sont ensuite la cible de fusillades, leurs maisons criblées de balles et des incendies criminels détruisent leurs moyens de subsistance et leur intimité», a-t-elle dénoncé.
Mme Rempel Garner a indiqué que plus d’une douzaine de suspects qui font l’objet d’une procédure d’expulsion avaient revendiqué le statut de réfugié et que les efforts déployés pour expulser les responsables de cette «épidémie d’extorsion» avaient échoué en raison d’une faille juridique.
«Ces ressortissants étrangers ont été identifiés par le groupe de travail sur l’extorsion de la Colombie-Britannique, mais, dès que l’Agence des services frontaliers du Canada (ASFC) a commencé à enquêter sur eux, ils ont prétendu être des réfugiés, a soutenu Mme Rempel Garner. Par conséquent, l’expulsion des 14 suspects est suspendue jusqu’à ce que la Commission de l’immigration et du statut de réfugié détermine s’ils ont des motifs légitimes pour demander l’asile.»
Plusieurs maires de grandes villes ont exhorté Ottawa à s’attaquer au problème de l’extorsion. Le conseil municipal de Surrey, en Colombie-Britannique, demande à Ottawa de déclarer l’état d’urgence fédéral face à la recrudescence des cas d’extorsion.
La ville a recensé 35 cas présumés de ce crime seulement pour le mois de janvier. Le ministre de la Justice, Sean Fraser, a assuré mardi que l’extorsion est un crime grave et que ce qui se passe à Surrey est «totalement inacceptable».
M. Fraser a souligné l’existence de «lois strictes» déjà en vigueur et les modifications proposées au droit de la libération sous caution et à la législation sur les peines, visant à rendre plus difficile l’obtention d’une libération sous caution pour les récidivistes.
«Des solutions existent. Cependant, nous avons besoin de la collaboration de tous les partis et de la fin de l’obstruction parlementaire pour pouvoir faire tout notre possible au niveau fédéral afin de démanteler ces réseaux d’extorsion et d’assurer la sécurité des collectivités», a commenté M. Fraser.
Lors du récent congrès du Parti conservateur à Calgary, les délégués ont réclamé des changements similaires aux systèmes d’immigration et de justice en votant en faveur d’une proposition de politique stipulant que les contribuables canadiens ne devraient pas payer pour la «réhabilitation des ressortissants étrangers».
