LeBlanc a rencontré dimanche le représentant américain Jamieson Greer

OTTAWA — Le ministre responsable du Commerce Canada-États-Unis, Dominic LeBlanc, et le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, se sont rencontrés dimanche après-midi alors que la menace de droits de douane plane de plus en plus.

Dominic LeBlanc, et la négociatrice en chef, Janice Charette, ont passé le week-end à Washington D.C. après les réunions de la semaine dernière.

Dans un bref communiqué publié dimanche soir, un porte-parole de M. LeBlanc a indiqué que cette réunion d’une heure, qui s’est déroulée en ligne, avait réuni M. LeBlanc, M. Greer et Mme Charette et s’était avérée «constructive».

«Ils ont fait le point sur le travail accompli par leurs équipes de négociation respectives, et les discussions se poursuivent», a mentionné le porte-parole.

Les pourparlers se sont intensifiés ces dernières semaines depuis que le président américain Donald Trump a signé un décret prévoyant l’imposition, à compter du 19 août, de droits de douane de 50 % sur toute une série de produits, allant du ciment aux bâtons de hockey.

Les Américains ont avancé que ces nouvelles taxes constituaient une réponse aux interdictions provinciales visant les alcools américains, au système de gestion de l’offre dans le secteur laitier et aux quotas imposés sur certains véhicules américains.

Le cabinet de M. LeBlanc a indiqué que la discussion de dimanche survient quelques jours après des pourparlers sur des points techniques entre Mme Charrette et son homologue américain.

«Cette réunion sera l’occasion de faire le point sur le travail accompli par les équipes de négociation respectives, ainsi que sur celui qui reste à accomplir alors que nous cherchons à parvenir à un accord global qui répond aux attentes des entreprises, des travailleurs, des agriculteurs et des familles des deux côtés de la frontière», a dit Gabriel Brunet, porte-parole de M. LeBlanc, dans un communiqué publié avant la réunion.

La réunion s’est déroulée en ligne, car dimanche était l’anniversaire de M. Greer. Il s’agissait de la cinquième rencontre entre les deux responsables depuis la menace de droits de douane brandie par M. Trump.

Vendredi, le représentant américain au Commerce, Jamieson Greer, a déclaré que les discussions avaient été constructives, mais il a insisté sur le fait que le Canada devait lever ses mesures de rétorsion pour éviter ces nouveaux droits de douane.

Il a ajouté que les États-Unis connaissaient depuis des décennies d’importants différends commerciaux avec le Canada.

Les provinces et les territoires ont retiré les alcools américains de leurs rayons en réponse aux droits de douane imposés par M. Trump début 2025. L’Alberta et la Saskatchewan sont depuis revenues sur leur décision, mais les négociateurs américains ont clairement fait savoir qu’ils souhaitaient que le reste du pays fasse de même.

La semaine dernière, le premier ministre de l’Ontario, Doug Ford — qui avait été un fervent partisan de l’interdiction des alcools — a précisé qu’il était disposé à autoriser à nouveau la vente d’alcools américains dans la province si cela s’inscrivait dans le cadre d’un accord plus large visant à protéger les secteurs canadiens déjà soumis à des droits de douane.

M. LeBlanc a fait le point vendredi sur les négociations auprès des ministres provinciaux et territoriaux du Commerce ainsi qu’auprès du comité consultatif du premier ministre sur les relations économiques canado-américaines.

Le ministre de l’Économie du Québec, Bernard Drainville, a fait savoir à l’issue de cette réunion que les deux parties semblaient loin de parvenir à un accord.

Erin O’Toole, membre du comité consultatif, a déclaré vendredi que le gouvernement canadien préparait une réponse aux droits de douane de 50 %, au cas où ceux-ci entreraient en vigueur mercredi.

Lors d’une conférence de presse à Vancouver dimanche, le chef du Parti conservateur, Pierre Poilievre, a dit qu’il n’y avait aucune raison pour que le gouvernement libéral ne parvienne pas à conclure «un excellent accord» d’ici mercredi.

Il a également souligné que c’est ce que le premier ministre Mark Carney s’était engagé à faire durant la campagne électorale l’année dernière.