Le ministre de l’IA à la recherche d’investissements en Arabie saoudite et en Inde
OTTAWA — Le ministre de l’Intelligence artificielle, Evan Solomon, se rend en Arabie saoudite et puis en Inde pour faire suite à sa visite en Allemagne, dans le cadre des efforts pour attirer des investissements dans le secteur technologique.
Ces étapes visent «à élargir nos alliances commerciales et à rechercher des investissements […] dans les excellentes infrastructures et technologies canadiennes», a expliqué M. Solomon lors d’une entrevue.
Il a participé à la Conférence de Munich sur la sécurité cette fin de semaine et fera escale en Arabie saoudite avant de se rendre au Sommet sur l’impact de l’IA en Inde.
Ces conférences internationales ont lieu alors que le premier ministre Mark Carney a attiré l’attention mondiale avec un discours dans lequel il a appelé les puissances moyennes à s’unir contre la coercition économique des grandes puissances.
M. Solomon a indiqué que la principale raison de son passage à Munich était la création de l’Alliance pour la souveraineté technologique.
Il a fait valoir que cette initiative représentait une étape importante dans l’approfondissement des alliances en Europe, particulièrement avec l’Allemagne.
Un communiqué du gouvernement indique que, grâce à cette alliance, le Canada et l’Allemagne «assureront une meilleure coordination avec des partenaires de confiance afin de consolider leur capacité d’IA souveraine et de réduire leurs dépendances envers les technologies stratégiques».
Le Canada a également accepté d’étendre sa coopération bilatérale avec l’Allemagne dans le domaine de l’IA. En décembre, lors d’une réunion des ministres du G7 à Montréal, M. Solomon a signé un accord avec l’Allemagne, ainsi que de nouveaux accords avec l’Union européenne et le Royaume-Uni.
M. Solomon a expliqué qu’il s’efforçait d’établir des relations avec l’Arabie saoudite et de mettre en place un «cadre permettant de commencer à accroître les investissements dans ce pays». Il s’est rendu au Qatar et aux Émirats arabes unis l’année dernière, où il a signé un protocole d’accord avec les Émirats arabes unis et publié une déclaration commune avec le Qatar.
«Le monde change rapidement. Et nous devons nous impliquer», a-t-il soutenu, ajoutant qu’il prévoyait de le faire à la fois en Arabie saoudite et en Inde.
«Nous devons ouvrir de nouveaux marchés, car certains marchés deviennent plus difficiles d’accès en raison des droits de douane. Notre stratégie consiste à établir de nouvelles alliances commerciales, à stimuler de nouveaux investissements et à mettre en valeur les talents canadiens.»
Il a cité les contributions importantes que les Canadiens ont apportées au fil de l’histoire au développement de l’IA moderne, ainsi que la société Cohere, installée à Toronto. Cohere développe de grands modèles de langage, un type d’IA générative axée sur le langage.
«Nous sommes l’un des quatre pays au monde à disposer d’un grand modèle de langage fonctionnel», a fait remarquer M. Solomon.
M. Carney devait initialement assister à la conférence de Munich, mais il a annulé son voyage à la suite de la tuerie à Tumbler Ridge, en Colombie-Britannique.
M. Solomon a indiqué avoir entendu parler du discours qu’a tenu M. Carney à Davos lors de toutes les réunions auxquelles il a participé à Munich.
«Absolument tous les discours prononcés à Munich confirmaient essentiellement cette vision du monde. Le premier ministre est donc une voix très importante pour le Canada dans le monde, et les gens attendent du Canada qu’il fasse preuve de leadership», a-t-il déclaré.
Interrogé à savoir si le Canada allait également jouer un rôle de premier plan en matière de gouvernance de l’IA, M. Solomon a souligné le travail du Canadien Yoshua Bengio, l’un des «parrains» de l’IA.
Installé à Montréal, M. Bengio, qui milite depuis longtemps pour la sécurité et la transparence de l’IA, a fondé une organisation à but non lucratif appelée LoiZéro, qui développe des solutions techniques pour une IA sûre.
«Les gens du monde entier s’y intéressent beaucoup», a affirmé M. Solomon, ajoutant que le texte de l’accord sur la souveraineté technologique qu’il a signé en Allemagne mentionne spécifiquement LoiZéro.
«Les Allemands sont également très enthousiastes, car ils estiment que le Canada joue un rôle de premier plan dans ces questions de gouvernance», a-t-il indiqué.
