L’impression comme outil de fabrication

L’impression comme outil de fabrication

Amélie Singcaster et Tommy Gélinas de Concepts 3DG.

Crédit photo : Photo Marie-Eve Veillette

AFFAIRES. Tommy Gélinas a cette faculté de construire dans sa tête toutes sortes de pièces. Ses créations, il ne fait pas que les visualiser en trois dimensions: il les rend bien réelles, non pas en les usinant, mais en les… imprimant!

Le Maskinongeois de 28 ans s’intéresse à la technologie d’impression 3D (trois dimensions) depuis quelques années. Il est l’un des rares individus, dans la région, à la détenir et la maîtriser.

Au départ, il s’était procuré une imprimante 3D pour le plaisir. Aujourd’hui, il en a cinq, car il a décidé, en janvier dernier, de démarrer son entreprise dans ce domaine: Concepts 3DG.

Ce diplômé en génie métallurgique souhaitait ainsi offrir une panoplie de solutions aux organisations de tous les horizons, que ce soit par la fabrication de gabarits de production, de moules personnalisés, d’articles promotionnels, de pièces d’ingénierie variées ou de tout autre produit sur mesure pouvant leur faciliter la vie.

«Les applications sont nombreuses», indique le jeune entrepreneur, qui a déjà réalisé quelques contrats en Mauricie et au Centre-du-Québec, notamment pour le Festivoix, Uni-Recycle et le restaurant La Belle Québécoise.

C’est aussi lui qui a produit les épinglettes personnalisées remises aux participants du Relais pour la vie de Maskinongé, en mai dernier.

Actuellement, il travaille sur la création d’une station servant à relier une panoplie de supports à bottes à un séchoir en collaboration avec RP Métal. C’est dire à quel point l’impression 3D couvre large.

«Elle peut répondre à tellement de besoins! Mais c’est une technologie méconnue, alors les gens ne l’envisagent pas nécessairement», mentionne Tommy Gélinas, qui entrevoit tout de même une belle percée de ce domaine dans les prochaines années.

«Quand on veut une pièce sur-mesure, l’impression 3D peut s’avérer une excellente option, qui est peu coûteuse, en plus. Elle permet, par exemple, de réaliser des formes complexes qu’on ne peut pas nécessairement réussir en usinage.»

L’entrepreneur de Maskinongé, qui vient tout juste d’emménager à Trois-Rivières, ne cache toutefois pas que certaines pièces se prêtent moins bien à l’option de l’impression 3D, notamment celles de grande taille. «Un bon produit, c’est un produit rentable, juge-t-il. Or, en impression 3D, plus c’est gros, plus c’est cher.»

«Quand on veut une pièce sur-mesure, l’impression 3D peut s’avérer une excellente option»

– Tommy Gélinas

Le processus

Évidemment, chaque pièce ne se fabrique pas par magie. Il y a tout un processus de conception et d’ingénierie derrière. Beaucoup de paramètres entrent aussi en ligne de compte. Il faut les avoir en tête au moment de la programmation de l’imprimante.

«Ce n’est pas du plug-and-play, sourit l’entrepreneur. Il faut anticiper les problématiques. Ça arrive qu’on se trompe et qu’on ait à recommencer. Dans ces cas-là, on refait nos devoirs, tout simplement.»

Les pièces «imprimées» en 3D sont faites en plastique thermoformable, dont le degré de résistance est variable selon chaque projet. Elles sont fabriquées couche par couche, à l’aide d’un genre de pistolet qui fonctionne de la même façon qu’un pistolet à colle. La différence, c’est que le pistolet de l’imprimante fait fondre des fils de plastique qui, en durcissant, formeront l’objet voulu. Le pistolet est entièrement automatisé et se déplace selon les paramètres programmés par le dessinateur de la pièce à produire.

Travail d’équipe

Pour l’appuyer dans son projet entrepreneurial, Tommy Gélinas peut compter sur sa conjointe, la Trifluvienne Amélie Singcaster. Copropriétaire de l’entreprise, elle y œuvre aussi comme adjointe administrative.

Pour le moment, chacun occupe un emploi à temps plein, mais graduellement, ils espèrent pouvoir vivre de leur entreprise.

Une imprimante 3D.

«L’automne prochain, j’aimerais suivre des cours du soir en vue d’obtenir mon attestation d’études collégiales en gestion d’entreprise. Je vais poursuivre en parallèle les activités de Concepts 3DG et conserver mon emploi. Dans un an, peut-être deux, on a bon espoir que ça décolle. Tant mieux si c’est avant», conclut Tommy Gélinas.

Bon à savoir

L’aspect pratique d’abord et avant tout

Tommy Gélinas et Amélie Singcaster tentent le plus possible de jongler avec l’impression 3D de manière écoresponsable. «On est conscient qu’on est des producteurs de plastique. C’est pour ça qu’on veut réaliser d’abord et avant tout des articles réutilisables et ayant un côté pratique. De plus, on conserve toutes nos pièces manquées pour éventuellement les faire fondre en vue de les réutiliser.»

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