J.A. Giguère et fils: 125 ans d’existence

J.A. Giguère et fils: 125 ans d’existence

Martial Giguère, propriétaire du commerce J.A. Giguère et fils de Louiseville.

Crédit photo : Photo Pier-Olivier Gagnon

LOUISEVILLE. L’un des plus vieux commerces de détail de la province se trouve à Louiseville. Cette année, l’entreprise J.A. Giguère et fils célèbre son 125e anniversaire de fondation.

Ce commerce du centre-ville de Louiseville en est à sa troisième génération. Il fait partie des 30 détaillants québécois les plus anciens au Québec en se classant au 22e rang, selon un classement réalisé par le journal Les Affaires. «C’est une belle fierté. Pour ma part, j’ai assuré la continuité et pris la relève», lance d’abord Martial Giguère, propriétaire de l’entreprise.

Ce magasin familial de 3 000 pieds carrés de surface de vente propose des produits de papeterie, des jouets, des cadeaux, des articles de bureau, des effets scolaires et de nombreux petits trésors.

Une histoire de famille

C’est en 1893 que Joseph-Augustin Giguère a ouvert son commerce de type magasin général sur l’avenue Saint-Laurent à Louiseville, auquel s’est greffé une imprimerie quelques années plus tard.

Propriétaire pendant 50 ans, M. Giguère a permis à son commerce de développer sa notoriété et de devenir un incontournable dans la région. Son fils, Laurent Giguère, a pris le relais à la tête du commerce en 1949.

Le magasin J.A. Giguère et fils de Louiseville. Photo Pier-Olivier Gagnon

Aujourd’hui, c’est Martial Giguère, le petit-fils du fondateur, qui l’opère, et ce, depuis 1975. Au fil des années, l’entreprise a su tirer profit de son marché en offrant un service personnalisé et en répondant aux besoins de sa clientèle. En 1978, un premier agrandissement a permis de soutenir la croissance de l’entreprise, après la vente de l’imprimerie un an auparavant.

Avec la nouvelle réalité du commerce de détail, l’entreprise doit composer avec les géants de ce monde. «À l’époque, tout était centré sur le petit commerce. Les gens avaient l’habitude d’acheter localement. Tout ce qu’ils cherchaient, on l’avait. Maintenant, ce n’est plus pareil. Les gens vont à l’extérieur et cherchent les grosses promotions. Les habitudes, les moyens de magasiner ou d’acheter ont changé», analyse M. Giguère.

«Le début de la fin»

Martial Giguère se souviendra toujours de l’année 1988. C’est à ce moment que le propriétaire a subi pour la première fois les contrecoups de l’arrivée massive des magasins à grande surface. Ceux-ci sont venus réduire considérablement les parts de marché de l’entreprise louisevilloise et les pertes se sont traduites par une diminution de 20% de ses ventes. Cette situation avait d’ailleurs provoqué l’abandon d’un projet d’expansion.

«On a fait le saut. Les quatre ou cinq premières années, je me suis posé des questions. En 1994, avec mon gérant, je me suis mis à étudier ce qui se passait dans le marché et on s’est aperçu que les grands commerces tiraient plus. Ils arrivaient à faire des affiches et des dépliants publicitaires, ce qu’on n’était pas capable de se payer parce que ça coûtait trop cher pour une petite entreprise comme la nôtre. Et les gens pouvaient aussi se déplacer plus facilement pour aller voir ailleurs comme à Trois-Rivières. C’était le début de la fin», observe M. Giguère.

Martial Giguère, propriétaire du commerce J.A. Giguère et fils de Louiseville. Photo Pier-Olivier Gagnon

Fermeture imminente

Le centre-ville de Louiseville perdra bientôt son plus vieux commerce. Devant la baisse d’achalandage, les impacts liés à l’achat en ligne, de la présence accrue des géants du commerce de détail et de la nécessité de réaliser d’importants travaux pour remettre aux normes son bâtiment, Martial Giguère a décidé de fermer les portes de son magasin prochainement.

«C’est un ensemble de facteurs qui fait que nous allons fermer. C’est surtout le Web qui fait mal. La plupart des petites entreprises familiales sont appelées à fermer, estime-t-il. Ça ne me tente pas de fermer, mais je n’ai pas vraiment le choix face à cette concurrence. Je suis rendu là. C’est le temps de la retraite. Je vais vivre ma retraite au jour le jour. Je ne suis pas inquiet; que je vais m’occuper autrement».

La date de fermeture officielle du commerce J.A. Giguère et fils de Louiseville est inconnue pour le moment.

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

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