Partager l’intemporalité du folklore québécois

Par superadmin
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Galant

FOLKLORE. Évelyne Gélinas, originaire de Saint-Sévère, fait partie depuis maintenant 14 ans du groupe Galant, tu perds ton temps. La formation entièrement féminine se dévoue au partage de la musique traditionnelle québécoise afin de faire découvrir ses histoires et de perpétuer les pièces plus rares du folklore.

La démarche de la plupart des groupes de musique traditionnelle est de démontrer que celle-ci est beaucoup plus que seulement La Petite jument, raconte Évelyne Gélinas. Bien qu’elle soit une chanson du folklore québécois, beaucoup d’autres tout aussi intéressantes sont mises de côté et tombent lentement dans l’oubli. L’objectif de la formation est donc de faire découvrir toute la poésie de la musique traditionnelle et toutes les histoires qui y sont racontées en partageant les pièces plus rares du répertoire québécois.

Galant, tu perds ton temps, l’unique groupe a capella féminin du Québec, lançait son quatrième album le 2 décembre dernier. Nous irons danser se veut un retour à leurs sources, car depuis le début, les cinq femmes du groupe avaient remarqué que la plupart du temps, ce sont des hommes qui reprennent les pièces dont le narrateur est une femme ou dont l’histoire parle des femmes.

«On voulait se réapproprier le répertoire féminin. Très peu de femmes ont officiellement enregistré de la musique traditionnelle. Nous avons sélectionné des chansons de femmes qui ont été enregistrées par des hommes sur des albums que nous connaissons et que nous aimons», explique Mme Gélinas.

L’album est ainsi un hommage à ces hommes qui ont mis la musique traditionnelle en valeur, notamment à Michel Bordeleau, Gilles Cantin, Michel Faubert, André Marchand, Normand Miron, Serge Thériault, Raoul Roy, Nicolas Boulerice et Fred Pellerin. Les membres de la formation ont ainsi réarrangé les pièces pour cinq voix et reconstruit les pièces à leur couleur.

La chanson dans son plus simple apparat

Galant, tu perds ton temps est né il y a bientôt 14 ans avec des femmes qui voulaient chanter, tout simplement. «Aucune de nous n’a de formation en chant. C’est juste une façon de prouver que la chanson traditionnelle, ce n’est pas une affaire de performance, c’est une affaire de cœur! Dans un party, tout le monde peut participer quand une chanson à répondre est lancée!», précise Évelyne Gélinas.

Depuis le premier album, la formation s’est donné comme défi de toujours se renouveler. «Au début, notre style était plus brut, dans le bon sens du terme. C’était juste le cœur qui était là, on chantait fort tout le temps, et on ressent beaucoup le côté festif à l’écoute du premier album», mentionne l’interprète.

Les membres ont par la suite rapidement senti le besoin de chanter autre chose que des chansons à répondre et ont d’ailleurs amené un grand nombre de complaintes dans le second album, qui est un pan du répertoire moins connu. Le dernier album se démarque des autres par son côté collectif, c’est-à-dire qu’il est rare que l’une d’entre elles chante seule.

Pourquoi chanter a capella? La première raison est qu’elles voulaient mettre les textes à l’avant-plan. La meilleure manière selon elles était de simplement chanter, afin d’éviter de se perdre dans les arrangements instrumentaux. À noter aussi que les arrangements vocaux sont mis au service des textes. «C’est une façon de retourner à la source de la chanson folklorique, alors que tout le monde pouvait chanter dans sa cuisine», conclut Évelyne Gélinas.

La tournée spectacle reprendra pour Galant, tu perds ton temps au printemps 2017.

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