Milieu culturel: des pertes estimées à plus de 6 millions $ dans la région

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Par Rédaction - L'Écho de Maskinongé
Milieu culturel: des pertes estimées à plus de 6 millions $ dans la région
(Photo : courtoisie - Culture 3R)

Un mois après l’annonce du décret gouvernemental d’annuler les rassemblements de plus de 250 personnes, puis d’interdit tout type de rassemblement intérieur et extérieur, les pertes pour le milieu culturel régional sont estimées à plus de 6 378 000$ entre le 12 mars et le 10 juillet prochain.

C’est ce qui ressort du deuxième sondage sur les impacts de la pandémie de COVID-19 réalisé par Culture Mauricie.

Depuis le 12 mars, les artistes/travailleurs autonomes répondants au sondage ont vu leur situation financière considérablement affectée par la pandémie. Les pertes de revenus totalisent 137 587 $, soit une baisse moyenne de 3 200 $ par artiste. Le scénario ne s’améliore guère lorsque ces répondants se projettent dans l’avenir :les baisses de revenus anticipées d’ici le 10 juillet s’élèvent à 350 250 $, soit un retranchement moyen de 7 148 $ par artiste. Additionnées, ces baisses représentent une moyenne significative de 34 % du revenu annuel des artistes.

Les pertes financières sont notamment occasionnées par l’annulation des événements culturels et la fermeture des lieux de diffusion, mais aussi par l’arrêt ou le report incertain de plusieurs centaines de manifestations culturelles qui s’y rattachaient comme les ateliers de création, formations, projets, événements-bénéfices, etc.

La fermeture des établissements scolaires engendre aussi la perte d’un large éventail de contrats de travail pour de nombreux artistes, ainsi que de plusieurs visites scolaires pour des lieux de diffusion qui avaient l’habitude d’accueillir des groupes d’élèves.

Plus de 3 000 activités ont été annulées ou reportées au cours des quatre dernières semaines et seront contraintes de l’être d’ici la mi-juillet. Les gestionnaires répondants ont majoritairement signalé des spectacles, séances de projection, vernissages d’exposition, activités scolaires, ateliers de création et animations.

«Les commanditaires, dans l’incertitude de la suite, pourraient ralentir ou annuler leur participation. Leur propre situation financière risque de les inciter à prioriser un domaine autre que la culture. Ce n’était déjà pas facile», a souligné un gestionnaire d’organisme culturel en répondant au sondage.

Ces imposantes programmations d’activités forcées d’être interrompues ont entraîné, entre le 12 mars et le 9 avril, une perte de revenus globale de 692 405 $ pour les organismes culturels, soit une baisse moyenne de 20 365 $ par organisation. D’autre part, les gestionnaires d’un organisme culturel envisagent d’ici le 10 juillet des diminutions de revenus qui totalisent 5 141 211 $.

Regroupées, ces pertes représentent une moyenne de 35 % du revenu annuel des organismes culturels. Une tranche considérable de 65 % des répondants constatent d’ailleurs que la crise génère à ce jour un impact négatif de niveau modéré à majeur sur les liquidités de leur organisme.

De plus, les répondants entrevoient à 32 % des répercussions négatives sur les ententes contractuelles, contrats de sous-traitance, commandites et/ou partenariats philanthropiques reliés à leurs activités.

À la lumière des témoignages obtenus, on constate que 68 % des artistes/travailleurs autonomes considèrent se trouver actuellement dans un bon état psychologique. Toutefois, 32 % qualifient leur état de mauvais ou de neutre. Plusieurs répondants ont confié vivre de la déprime, de l’anxiété et/ou de l’inquiétude.

«Ma concentration et ma capacité à créer sont affectées et cela m’inflige une forme de stress, une peur de ne pas réussir à créer avant longtemps», a aussi commenté une artiste en arts de la scène.

D’autres ont aussi manifesté le besoin d’avoir accès à du soutien psychologique pour parvenir à mieux traverser cette période de chamboulement.

Ce second sondage a été réalisé entre le 27 mars et le 9 avril, permettant de collecter les données de 51 artistes/travailleurs autonomes et 39 gestionnaires d’organismes culturels de la région. (M.E.B.A.)

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