Lancement de Madeleine Ferron, l’insoumise: Trois perspectives

Photo de _L'Écho de Maskinongé
Par _L'Écho de Maskinongé
Lancement de <em>Madeleine Ferron, l’insoumise: Trois perspectives</em>
De gauche à droite: messieurs et mesdames Thérèse St-Onge du Comité touristique de Saint-Alexis-des-Monts

Les quatre auteurs de l’essai biographique sur l’auteure québécoise Madeleine Ferron étaient présents le 11 avril dernier, à la bibliothèque de Saint-Alexis-des-Monts, afin de procéder au lancement de leur œuvre Madeleine Ferron, l’insoumise: Trois perspectives, ouvrage de 616 pages qui est l’aboutissement d’un projet dont la réalisation aura duré neuf ans.

Provenant directement de la Beauce, messieurs Gervais Lajoie, Bernard Beauchemein, André Garant et Mme Raymonde Labbé ont choisi de faire ce lancement à Saint-Alexis-des-Monts, connaissant l’attachement que Madeleine Ferron avait pour la paroisse natale de sa mère Adrienne.

 

Selon les auteurs, le lecteur pourra découvrir à travers ce volume la vie ainsi que l’œuvre littéraire et sociale de cette grande dame, le tout réparti en trois perspectives: la vie, l’analyse littéraire de dix de ses œuvres et la courtepointe beauceronne qui est un clin d’œil sur l’histoire de la Beauce. Le document a également été agrémenté de photographies illustrant Madeleine Ferron au fil de sa vie.

Trois perspectives

La première perspective de ce livre répond à la soif de connaître le parcours singulier qu’a connu Madeleine Ferron. D’abord, Bernard Beauchemin jette un regard sur les forces dominantes qui ont marqué le Québec du XXe siècle. Puis, la timide jeune fille qu’était Mme Ferron, entre en scène. Orpheline de mère, elle quitte Louiseville à huit ans pour le couvent à Trois-Rivières. Elle passe par Lachine avant de revenir à Louiseville auprès de son père. Son amour pour Robert Cliche l’entraînera à Digby en Nouvelle-Écosse avant de fonder un foyer à Saint-Joseph-de-Beauce. Sa carrière d’écrivaine débute officiellement dans les années soixante après que ses enfants soient littéralement «jetés en bas du nid» pour fréquenter à leur tour différents pensionnats au Québec. Après la mort de son époux, elle quitte la Beauce, expérimente la vie dans la Métropole pour revenir enfin dans la Capitale nationale où elle vit toujours. Effleurant au passage quelques «secrets bien gardés», Gervais Lajoie, présente le personnage dans un style dépouillé. L’imposant legs de Madeleine Ferron mérite que l’on s’attarde aux grandes étapes de sa vie.

La deuxième perspective présente un regard critique sur les œuvres littéraires. Raymonde Labbé dégage une analyse rigoureuse de dix publications de Madeleine Ferron : De Cœur de sucre publié en 1966 à Adrienne lancé en 1993. Cet essai démontre, fort habilement d’ailleurs, que cette femme engagée se classe parmi les meilleures auteures au Québec depuis le début de la Révolution tranquille. Même si l’auteure d’Histoires édifiantes n’a pas connu le succès de librairie qu’elle méritait, le regard critique qu’elle pose sur la société s’écarte des sentiers connus par son style, par son humour et par la finesse de son observation. Nul doute que cet essai, présenté dans un style qui plaira autant à la communauté universitaire qu’à l’ensemble des bibliophiles, ouvrira la porte sur la pensée profonde de l’insoumise beauceronne.

Quant à la troisième perspective, André Garant y décrit le terreau beauceron dans lequel Madeleine Ferron s’est retrouvée peu après la fin de la guerre. Une large partie de son œuvre littéraire fut d’ailleurs inspirée des personnes, des événements et des paysages qu’elle a connus alors qu’elle vivait au pays du Père Gédéon. L’historien beauceron livre un amalgame de capsules historiques tantôt fondées sur la tradition orale, tantôt appuyées par des sources écrites, mais toujours soucieuses de « dire la vérité, toute la vérité et seulement la vérité. » Il intègre en plus à sa portion du travail une analyse sommaire de Quand le peuple fait la loi et Les Beaucerons, ces insoumis. Deux titres fort importants de l’œuvre de Madeleine Ferron d’un point de vue historique. Cette synthèse de l’histoire populaire de la Beauce constitue une clé essentielle permettant de mieux comprendre la femme, sa vie, son œuvre sociale et son œuvre littéraire.

Fondations Robert-Cliche/Gabriel Lajoie

Les profits du livre seront versés en parts égales entre la Fondation Gabriel-Lajoie et la Fondation Robert-Cliche. La Fondation Gabriel-Lajoie édite ce livre et a comme mission de supporter les jeunes dans la réalisation de leurs rêves. La Fondation Robert-Cliche, quant à elle, soutient financièrement des projets régionaux de conservation et de mise en valeur du patrimoine beauceron. Il vous est possible de vous procurer ce livre dans la plupart des bibliothèques. (S.J)

Partager cet article
S'inscrire
Me notifier des
guest
0 Commentaires
Inline Feedbacks
Voir tous les commentaires