La beauté derrière les objets abandonnés

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Par Marie-Eve B. Alarie
La beauté derrière les objets abandonnés
Joanne Lapointe présente l’exposition «Avatar» à la Galerie d’art du Parc jusqu’au 30 mai. (Photo : Marie-Eve Alarie)

CULTURE. Joanne Lapointe a toujours eu cette fascination pour les objets anciens et ces petits fragments abandonnés, ces objets qui ne répondent plus à leur utilité première. Elle les trouve beaux. Elle leur trouve une certaine poésie.

Pour l’artiste, chaque fragment recueilli porte en lui une mémoire, une histoire, voire une émotion insoupçonnée. Un vieux jeu de Go, des pièces de machine à coudre, des ficelles, des branches, des fils métalliques, un chaudron écrasé, des pièces de métal rouillé, des boutons. Lorsque le déclic se produit pour un objet, elle lui offre une seconde chance, le faisant passer de son statut de déchet à partie prenante d’un projet artistique.

Ce qui était déchet devient alors l’élément central de l’œuvre, conférant un aspect dramatique ou encore un côté ludique.

«Quand on regarde un objet avec une ouverture différente, on arrive à le voir au-delà de son utilité. Artistiquement, c’est motivant. C’est toute une aventure. Chaque objet m’amène ailleurs. Certains dégagent l’impression de nature, d’autres davantage du monde industriel. Les œuvres nous font voyager dans différents univers. Je pense aussi que chacun y trouve son histoire», souligne l’artiste qui s’est établie à Saint-Boniface il y a environ un an.

«Ça peut parfois me prendre de deux à trois ans avant d’avoir l’idée sur la façon d’utiliser un objet, raconte-t-elle. Je pars parfois avec une idée, mais elle se modifie en cours de route. Ce n’est pas toujours le chemin auquel je pensais. J’ai toujours eu un peu cette chance de voir la beauté dans de petits détails.»

L’artiste les met en scène, peint un décor, oriente la lumière en quête d’un sens. Dans un hommage à l’œuvre «Le baiser» de Gustav Klimt, des boutons en tous genres viennent accentuer les éléments graphiques du tableau. Il faut dire que designer graphique de carrière, elle aime les la précision des petits détails et les œuvres structurées. Ce souci de la structure ressort particulièrement d’une série d’œuvres inspirée d’un voyage en Islande qui l’a profondément marquée.

Joanne Lapointe expose ses œuvres à la Galerie d’art du Parc de Trois-Rivières jusqu’à la fin du mois. Pour bien apprécier l’exposition «Avatar», il faut prendre son temps. Le temps d’observer les œuvres sous tous leurs angles, y découvrir de nouveaux détails, de nouvelles textures, de petits clins d’œil parsemés çà et là par l’artiste. Certains de ces clins d’œil sont dissimulés dans le titre des œuvres.

«J’aime beaucoup le métal rouillé, mais c’est du cas par cas. Parfois, c’est la forme singulière qui retient mon attention, mais ce sont la texture et la couleur qui m’attirent. Je pense à la fonderie qui a fermé et dont j’ai pu récupérer certains éléments. Il y a des choses qui disparaissent. J’essaie d’être témoin de ces petites choses qu’il nous reste, de ces objets fabriqués», conclut Joanne Lapointe.

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