Fano Maddix : entre tradition et innovation

CONTES.  C’est un artiste issu de la riche tradition acadienne qui a posé ses bagages pour un mois à Saint-Élie-de-Caxton dans le cadre de la traditionnelle résidence de création qui a lieu tous les mois d’avril depuis 2014.

Se décrivant comme un conteux, Fano Maddix profitera des prochaines semaines pour enrichir le contenu de ce qui sera son 3e spectacle solo intitulé Les braises sous la peau. “Je m’intéresse énormément aux contes folkloriques issus de l’Acadie où j’ai grandi. Je fouille dans les archives pour trouver des contes qui ont été récoltés des années 50 jusqu’aux années 80. Je ne cherche pas à les changer, à changer de personnages ou changer les péripéties”, raconte le natif de Moncton, au Nouveau-Brunswick.  

Dans les notes de presse, on dit d’ailleurs de Fano Maddix qu’il est ancré entre la tradition et l’innovation. “J’aime particulièrement les contes avec des héros badass, des sorcières, des shapeshifters, ces personnages qui changent de forme, qui vont d’humain à animal, qui se transforment en arbre, en rivière.”

Le côté innovation se retrouve dans sa façon de livrer ses contes au public. “C’est dans ma façon de faire, de transposer un imaginaire qui est ancien, mais de faire en sorte que le monde puisse continuer à se l’imaginer aujourd’hui. C’est aussi dans ma façon de bouger, de faire des liens avec des trucs contemporains entre les contes. Il y a une grande part d’improvisation dans ma façon de conter. Je suis très loin du texte théâtral réécrit”, poursuit le conteux acadien.

D’ici la fin du mois, Fano Maddix ira à la rencontre des Caxtoniens avant de présenter le fruit de son travail lors d’une sortie de résidence prévue le dimanche 26 avril chez Mel et Nico. Habitant dans la résidence de Fred Pellerin au cœur du village, il dit avoir une admiration pour celui qu’il décrit comme un masterclass.

“J’ai assisté à quelques-uns de ses spectacles. Sa façon de créer un lien avec le public et de lui permettre de laisser son imaginaire vraiment s’envoler est vraiment phénoménale. Je pense que c’est pour ça qui fait que les gens sont vraiment touchés par toutes ces œuvres”, raconte-t-il à propos du plus célèbre fils de Saint-Élie-de-Caxton.

S’identifiant comme une personne queer, Fano Maddix dit trouver dans les contes folkloriques un univers où il peut s’identifier. “Dans l’imaginaire queer, on peut être tellement plus de choses. Et dans le répertoire folklorique, on trouve plein d’exemples de représentation queer. Je dirais même que la norme dans ces contes est plus un univers queer qu’un imaginaire cis/hétéro”, conclut-il.

Rappelons que c’est en avril 2014, à la suite de consultations avec le milieu du conte québécois, que le Regroupement du conte au Québec (RCQ) lançait la résidence de création à Saint-Élie-de-Caxton afin de répondre aux besoins de soutien pour les créateurs. Il s’agissait de la première résidence de création de cette envergure dédiée au conte au Québec. Dans l’objectif d’instaurer un projet durable et profitable pour le milieu, le RCQ s’associe avec Fred Pellerin qui met à la disposition du conteur en résidence son ancienne demeure située au centre du village.  

Conteurs en résidences

  • 2014    Claudette L’Heureux
  • 2015    Yves Robitaille
  • 2016    Mafane
  • 2017    Les Prétendants
  • 2018    Françoise Crête
  • 2019    Céline Jantet
  • 2021    Pierre Labrèche
  • 2023    Nadyne Bédard
  • 2024    Serge-Yvan Bourque
  • 2025    Isabelle Crépeau