Espace-temps à Saint-Mathieu-du-Parc avec Louise Boisvert

CULTURE. La Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières (BIECTR) s’étend cet été jusqu’à Saint-Mathieu-du-Parc. La Petite Place des arts participe au Circuit parallèle de l’événement avec l’exposition Espace-temps, une proposition visuelle de l’artiste Louise Boisvert, à découvrir du 18 juillet au 24 août.

Originaire de la Mauricie et chargée de cours à l’UQTR, Louise Boisvert explore depuis plus de quarante ans une pratique mêlant techniques traditionnelles et contemporaines. Avec Espace-temps, elle invite le public à une réflexion sur l’immensité du territoire, autant intérieur qu’extérieur. Ses œuvres, à la fois poétiques et ludiques, juxtaposent peinture abstraite, estampes et éléments issus de la nature. “Espace-temps, ça fait référence à l’immensité de notre territoire, autant intérieur qu’extérieur. Intérieur, je vous dirais, c’est plus des peintures abstraites que je présente. Et pour l’extérieur, je dirais, c’est plus des estampes. Ça veut dire de la sérigraphie, de la lithographie. C’est des techniques en gravure”, explique-t-elle.

La sélection présentée à Saint-Mathieu-du-Parc oscille entre les textures du bois et les nuances aquatiques du turquoise. Les gravures laissent transparaître le grain du matériau, évoquant la nature, alors que les peintures, réalisées en couches superposées, plongent dans la rêverie introspective. “Il n’y a pas d’horizon, par exemple. C’est plus… ça flotte, les éléments flottent dans l’espace”, note l’artiste. “C’est très aérien comme travail, très ludique aussi, coloré. Oui, il y a un côté poétique au travail”, ajoute t-elle.

Ce rapport au territoire, récurrent dans son œuvre depuis les années 2000, est également lié à une réflexion sur l’identité. Une citation du poète Rainer Maria Rilke, qui l’a particulièrement marquée, traverse en filigrane sa démarche. “Le monde est grand, mais en nous, il est profond comme la mer.” “Si on fait référence au territoire extérieur avec les cartes géographiques, le monde, c’est quand même vaste. Mais le monde intérieur qu’on a en nous, c’est encore plus grand. Si on pense à toutes les pensées qu’on a constamment, ça roule beaucoup”, souligne-t-elle.

L’exposition Espace-temps permet aussi à Louise Boisvert de rejoindre de nouveaux publics. “Ça me fait peut-être connaître un peu dans la région plus, parce que j’ai plus exposé à Montréal et à Trois-Rivières. Il y a beaucoup de gens de Montréal qui vont en région, qui ont des chalets, par exemple. Donc, c’est une autre possibilité de clientèle”, explique-t-elle.

Son approche artistique combine des savoir-faire issus de l’estampe avec des éléments numériques, dans une recherche d’équilibre entre l’émotion artisanale et la rigueur technologique. “L’humain, il a beau être techno à présent, mais il reste que c’est un humain. Il y a des émotions, il y a un côté savoir-faire qui est important.”

Selon elle, cette complémentarité ouvre un espace de dialogue entre modernité et tradition. “Présentement, on est très attiré par le numérique. Mais je pense qu’une combinaison des deux, ça fait un peu comme trouver l’équilibre, rechercher l’équilibre entre l’émotion, le côté fabricant, artisanal puis le côté techno qui est plus cérébral.”

Enfin, l’artiste souhaite que les visiteurs se laissent porter par l’expérience. “C’est un peu comme aller voir des œuvres d’art, c’est un peu comme aller en voyage. On peut aimer ou ne pas aimer, mais si on se laisse porter, puis on est à l’écoute… au moins, on peut respecter le fait que quelqu’un travaille dans tel type et tel type d’ouvrage. En voyage, on est comme réceptifs, même à la différence”,conclut-elle.

L’exposition Espace-temps est présentée à la Petite Place des arts de Saint-Mathieu-du-Parc du 18 juillet au 24 août dans le cadre du Circuit parallèle de la Biennale internationale d’estampe contemporaine de Trois-Rivières.