Catherine Bard: biologiste, artiste et bédéiste

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Par Marie-Ève Veillette
Catherine Bard: biologiste, artiste et bédéiste
Catherine Bard et quelques-unes de ses créations.

PORTRAIT. Catherine Bard est du genre à savoir où elle s’en va dans la vie. Dès la maternelle, elle était convaincue de devenir biologiste; un plan duquel elle n’a jamais dérogé et qui l’aura finalement menée à explorer des sentiers peu communs… «Ma professeure de maternelle voyait déjà à quel point j’aimais la nature et les animaux. Elle m’avait prédit que je serais biologiste. J’ai fait tout mon primaire et mon secondaire en gardant ça en tête. C’était tellement ancré en moi que l’orienteur de mon école secondaire m’a aidée à choisir mon bac, plutôt que mon programme d’études pour le cégep!», lance en riant la jeune femme établie à Saint-Élie-de-Caxton. Sa passion pour les animaux et la nature ne s’est jamais estompée. Durant ses études, la biologiste a travaillé un peu partout, dont au Nicaragua et en Argentine, où elle a notamment beaucoup étudié les oiseaux. Rendez-vous avec l’art À son retour, elle a décroché un emploi au Parc national de la Mauricie comme naturaliste. Puis, un premier enfant est né. Durant son congé de maternité, elle a accompagné son conjoint lors d’un voyage d’affaires à Yellowknife. C’est là que le dessin a commencé à prendre une plus grande place dans sa vie, elle qui lisait et produisait déjà des bandes dessinées pour le plaisir et, surtout, pour décrocher des grosses «briques» scientifiques qu’elle devait lire pendant ses études. «Un collègue de mon bac en biologie faisait de la BD. C’est un peu lui qui m’a initiée à ça. Puis, j’ai suivi des cours avec le bédéiste Jimmy Beaulieu; un super prof! Ça m’a permis de publier dans un collectif du Cégep du Vieux Montréal», mentionne Catherine Bard qui, à l’époque, travaillait six mois au Parc national et passait les six autres dans la métropole, où elle était inscrite à un cours en graphisme. La venue de bébé a tout chamboulé. «Je n’en pouvais plus d’être en ville. Ça m’a fait faire le saut à 100% en Mauricie. Puis, j’ai ressenti une urgence de créer. Je suis devenue, avec le bébé, une personne hyper productive.» Elle s’est mise à réaliser des bandes dessinées auto-publiées. La première est le récit de son voyage à Yellowknife. Ont suivi un petit livre de blagues et beaucoup d’histoires courtes pour des collectifs. Puis, un deuxième enfant s’est pointé le bout du nez. Il est né dans la maison familiale, avec l’aide d’une sage-femme. Cela a permis à Catherine Bard d’«accoucher» d’une autre publication: Chez moi: un récit d’accouchement, qui raconte son expérience mémorable. Par la suite, elle a commencé à donner des cours de BD dans son village. Un premier ouvrage collectif, intitulé «La Brouette», en a découlé. Un deuxième suivra cette année. Ses projets artistiques prenant de plus en plus de place, elle s’est permis une année sabbatique. Elle en a profité pour mettre sur pied sa propre entreprise de graphisme: Catherine Bard- illustration et bande dessinée. Des projets plein la tête D’ailleurs, elle a déjà décroché quelques contrats intéressants, en plus d’avoir des projets plein la tête, à commencer par un cahier à colorier sans stéréotype de genre, destiné aux jeunes enfants. «Par les dessins qui le composeront, je veux faire naître toutes sortes de discussions», dit-elle en étalant des ébauches qui révèlent sa pensée à travers des animaux et des plantes aux profils variés. En attendant la concrétisation de ce projet, elle finalise le design d’une grande murale qui prendra place à la bibliothèque municipale de Charette dans les prochaines semaines. «C’est un projet de longue haleine que j’ai proposé en août dernier. Je voulais une murale qui parle aux gens. En collaboration avec les enseignantes de l’école primaire, j’ai donc organisé un concours de dessin où les élèves devaient dessiner le héros d’une histoire. J’intégrerai à la murale certains de ces héros, sortis de leur imaginaire, mais repris dans mon style à moi», révèle l’artiste. Un arbre sera intégré au décor et servira de point de départ à l’œuvre. Des petits livres y seront suspendus et, au bas de l’arbre, seront dessinés des animaux ouvrant un grand livre. De celui-ci sortira un paysage imaginaire où seront intégrés les dessins des enfants. «Reprendre des dessins d’enfant est un projet qui me nourrit vraiment comme artiste: ça m’apporte plein de contraintes, de formes que je n’aurais jamais pensé faire moi-même. Je pense que ça va donner un beau résultat», se réjouit-elle. La création de la murale a débuté à la mi-janvier. Au moment de notre rencontre, l’artiste ignorait combien de dessins seraient retenus. La date de l’inauguration n’avait pas été fixée non plus. «Ça va dépendre de l’avancement des travaux», conclut-elle.

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