Bienvenue au Tamarack Moulin Créateur

Bernard Lepage
blepage@icimedias.ca

Bienvenue au Tamarack Moulin Créateur
Marc-Antoine Arrieta devant la maison du fondateur du village de Charette, Edouard de Charette, construite en 1875. (Photo : L'Écho - Bernard Lepage)

CHARETTE. Fermé puis mis en vente durant la pandémie, ce qui fut durant près de 50 ans le bar du village de Charette a rouvert ses portes en début d’été sous une nouvelle vocation : une résidence de création pour artistes.

Pour son nouveau propriétaire, Marc-Antoine Arrieta, le 321 rue St-Édouard représente cependant bien plus la maison du fondateur de Charette, Édouard de Charette, que le débit de boissons qu’il fut depuis 1974 à 2020.

Ce Montréalais a eu un coup de cœur il y a deux ans pour la Mauricie, une région qu’il connaissait peu, mais qu’il décrit comme belle, foisonnante et intéressante. « La première fois, j’étais venu à Saint-Élie pour parler avec Fred Pellerin d’un projet de cuisine communautaire », raconte celui qui commercialise de façon artisanale des gâteaux aux fruits de luxe depuis 2015.

Le projet de Saint-Élie-de-Caxton ne s’est jamais concrétisé, mais le hasard a voulu Marc-Antoine Arrieta soit venu prendre une bière dans le bar du village voisin lors de ce premier passage en Mauricie. « Quelques mois plus tard, c’était à vendre et moi, je cherchais à m’établir dans le coin. C’est cependant bien trop grand pour moi et j’ai eu l’idée de la transformer en résidence pour artistes », souligne celui qui a été durant quelques années dans la métropole agent de spectacles pour des compagnies de danse contemporaine.

« La maison est à moins de deux cents mètres de la gare de chemin de fer où VIA Rail passe aux deux jours. Tu pars de Montréal ou de Jonquière et tu arrives directement à Charette, pas besoin de voiture », s’exclame Marc-Antoine Arrieta qui compte héberger des musiciens, mais aussi des danseurs, sculpteurs, chorégraphes, poètes, etc. « C’est un lieu inspirant et inspiré qui te permet de décrocher et de penser uniquement à ta création. »

Il a d’ailleurs baptisé l’endroit sous le nom de Tamarack Moulin Créateur. Signifiant  »mélèze » en langue algonquine, tamarack est aussi le nom sous lequel le Montréalais commercialise ses gâteaux aux fruits. « Moulin, c’est pour le moulin qu’Édouard de Charette a fait construire sur le bord de la rivière Yamachiche en 1872 juste en arrière de la maison et  »créateur », c’est parce que c’est un espace dédié à la création. »

Une cuisine communautaire?

Depuis qu’il l’a acquise au printemps 2021 grâce à une campagne de sociofinancement qui lui a permis de ramasser 100 000$, Marc-Antoine Arrieta rénove patiemment la résidence centenaire. Pour l’instant, les artistes de passage logent et créent au rez-de-chaussée, mais une fois les travaux à l’étage terminés, ils auront accès aux chambres pour y dormir.

À moyen terme, le Montréalais compte également transformer ce qui est aujourd’hui une chambre froide en une cuisine communautaire à la disposition de la population du village et des environs. « Ça sera une petite cuisine, mais aux normes du MAPAQ que j’utiliserai pour cuisiner mes gâteaux aux fruits. Mais comme je n’en ai besoin que deux mois par année, elle sera disponible le reste du temps pour la location. »

Marc-Antoine Arrieta verrait très bien des groupes communautaires y venir cuisiner, faire des conserves ou des familles tenir des rencontres autour d’un souper cuisiné sur place. « Je suis d’origine basque du côté de mon père et là-bas en Espagne, on voit ça des cuisines communautaires où différentes familles viennent préparer et manger leur propre souper. C’est comme louer un restaurant pour recevoir son monde », sourit celui qui veut recréer ce concept à Charette.

Le fameux Tamarack

Oubliez le gâteau aux fruits de votre grand-mère insiste Marc-Antoine Arrieta. « Je me suis spécialisé dans la chose que les gens haïssent le plus et je me suis donné le pari de leur faire aimer ça », dit-il d’un ton convaincant. Et ça semble fonctionner puisque ses gâteaux se vendent par centaines dans une dizaine de boutiques spécialisées au Québec.

Préparés selon la technique traditionnelle, ils ne contiennent aucun fruit confit, seulement des fruits séchés réhydratés dans un mélange d’eau et de rhum. Une fois intégré dans la préparation à gâteaux, le tout est enveloppé dans un coton à fromage imbibé de brandy avant d’être emballé sous vide.  

« Les gâteaux changent chaque année puisque je les fais avec les fruits qui sont disponibles à ce moment. » Le Mélèze est d’ailleurs offert dans une jolie boîte ornée d’un ruban jaune (comme le mélèze à l’automne) et d’un tampon de cire. « Ils se conservent durant des années et gagnent même en saveur », promet Marc-Antoine Arrieta en terminant.

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