Un couple de Saint-Paulin fait une différence en Haïti

Un couple de Saint-Paulin fait une différence en Haïti

Pierrette Beaumier, citoyenne de Saint-Paulin.

Crédit photo : Photo Pier-Olivier Gagnon

SAINT-PAULIN. Habitués de voyager dans le sud pour se reposer en vacances comme de nombreux Québécois le font chaque année, Pierrette Beaumier et Claude Brière ont plutôt décidé de vivre une toute nouvelle aventure avant la fin de l’année 2017: une expérience humaine et enrichissante.

Le 22 novembre, le couple s’est envolé vers Haïti afin de réaliser son premier voyage humanitaire à l’étranger d’une durée de deux semaines.

«On cherchait une nouvelle destination pour faire changement et on voulait vivre autre chose. Par hasard, je suis tombée sur un article d’Air Transat qui faisait état de leur implication humanitaire avec Haïti. La compagnie aérienne fait plusieurs vols humanitaires là-bas», partage Pierrette Beaumier.

C’est par choix et avec un esprit d’ouverture face à cette communauté démunie que le couple a pris la direction de la ville de Montrouis.

En plus de leurs effets personnels, Pierrette Beaumier et Claude Brière ont pris soin d’apporter des produits pharmaceutiques, hygiéniques, des articles scolaires, des peluches, des vêtements et des pastilles de purification pour l’eau. Ces cadeaux d’une valeur de plus de 3000$, obtenus grâce à la générosité des commerces et des gens de Saint-Paulin et des environs, étaient destinés aux enfants d’un orphelinat ciblé par le couple.

Claude Brière et Pierrette Beaumier lors de leur voyage en Haïti.

«Mon souhait était d’aller dans un orphelinat très pauvre. Dans certains orphelinats, ils ont plus de moyens. Ce n’était pas là que je voulais aller. Je voulais vraiment aider des gens très démunis. Souvent, lorsqu’on donne des choses, on ne sait jamais si ça va se rendre. J’avais envie d’aider et de remettre directement ce que j’avais à donner. Les 13 enfants que nous avons eu la chance de rencontrer n’ont plus de parents. Les deux parents sont morts de la malaria. C’est une petite communauté du village qui s’occupe de ces enfants-là qui sont généralement âgés entre 6 à 15 ans», illustre avec beaucoup d’empathie Mme Beaumier.

Dieujuste

Tout au long de leur voyage en Haïti, Mme Beaumier et M. Brière suivaient les directives du guide local «Dieujuste» avec lequel ils avaient communiqué avant le voyage. Ce dernier s’est chargé de faire découvrir sa localité sous tous ses angles.

«On ne voit plus la vie de la même façon»
– Pierrette Beaumier

C’est d’ailleurs en visitant plusieurs secteurs que Pierrette Beaumier a constaté que le séisme de 2010 a laissé des traces encore bien visibles.

«Ce qui est frappant en arrivant là-bas, c’est que depuis l’important tremblement de terre, ça n’a pratiquement pas changé. On voit encore des ruines. C’est un peu comme un champ de bataille. Il y a très peu de reconstruction et de développement», se désole-t-elle.

Malgré la catastrophe dont elle a été victime, la population a relevé ses manches, a gardé le sourire et conserve toujours son esprit accueillant.

«C’est en découvrant la communauté et les gens là-bas qu’on découvre qu’ils se contentent vraiment de ce qu’ils ont et qu’ils vivent le moment présent. Il y a un bel esprit de partage dans le village. Personne n’est déprimé. C’est un peuple souriant et poli. Les gens trouvent tous les moyens possibles pour vivre ou survivre. Ils sont riches intérieurement et sont très affectueux», souligne-t-elle.

«Ils nous touchent beaucoup et adorent les câlins. Peut-être que si les gens d’ici avaient la mentalité que les gens là-bas, notre monde se porterait mieux», observe Mme Beaumier.

Expérience à répéter

Parmi les moments les plus marquants de son voyage, Pierrette Beaumier a su repérer un évènement particulier où elle faisait face à l’impuissance. Un moment qui restera gravé à tout jamais dans sa mémoire.

«On visitait une rizière derrière un orphelinat et des jeunes venaient nous taper dans le dos. Ces jeunes-là nous disaient qu’ils avaient faim, mais on ne pouvait pas rien donner. C’était vraiment un moment triste», admet-elle.

Si la santé le lui permet, Pierrette Beaumier souhaiterait répéter l’expérience au moins une autre fois.

Pierrette Beaumier en compagnie de jeunes Haïtiens.

«Il faut être jeune et en santé pour faire des voyages semblables parce qu’il faut marcher pas mal. On visite beaucoup et on n’a pas toujours le temps de se reposer. En plus, c’est très chaud comme climat. C’est certain que j’aurais aimé en faire plus que ça des voyages humanitaires, mais je me promets lors de nos futurs voyages de toujours garder un petit volet humanitaire. On n’écarte pas la possibilité de retourner au moins une fois à Haïti aussi», affirme-t-elle.

Dans toute cette expérience humanitaire, elle retient de très bons souvenirs.

«C’est certain qu’il faut avoir l’esprit ouvert. Ce n’est pas toujours beau là-bas. Dans la rue, tout le monde circule n’importe comment. Ça joue du klaxon! Il n’y a pratiquement pas d’électricité et les gens doivent aller chercher l’eau. En plus de la pauvreté, il y a de l’esclavage libre. Par contre, ce sont des gens généreux et on s’attache rapidement à eux».

Pierrette Beaumier et Claude Brière espèrent que leur histoire pourra inciter de nouveaux aventuriers à constater la réalité des gens là-bas et à être aussi généreux avec les gens démunis.

Suivez Pier-Olivier Gagnon sur Twitter: @POGagnon

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