Une mémoire vivante de Louiseville
HISTOIRE. Native de Louiseville, Denise Gauthier a consacré une grande partie de sa vie à préserver et transmettre l’histoire locale. Enseignante, bénévole et passionnée de patrimoine, elle a contribué à plusieurs projets qui ont laissé leur marque dans la communauté, notamment la restauration d’un calvaire patrimonial et la mise en valeur de l’histoire des Home Children.
PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca
Ancienne membre de la Société d’histoire et de généalogie de Louiseville, Denise Gauthier entretient depuis l’enfance un lien particulier avec le patrimoine local. Élevée près du cimetière de Louiseville, elle raconte que cet environnement a façonné très tôt son intérêt pour l’histoire de sa communauté.
Après des études chez les Sœurs de l’Assomption puis à l’École normale de Saint-Ursule, elle entreprend une carrière en enseignement dès l’âge de 18 ans. Elle se distingue rapidement dans sa profession. “Ma classe de 7e année a obtenu la plus haute moyenne en français de tout le district”, se souvient-elle.
Installée par la suite dans la région de Repentigny, elle poursuit son parcours professionnel avant de revenir, au fil des années, à ses intérêts pour l’accompagnement humain et l’engagement communautaire. Elle suit notamment des formations en relation d’aide, en psychologie et auprès de l’organisme Albatros, qui accompagne les personnes en fin de vie. “Je me suis emmenée à Repentigny où j’ai continué à enseigner, pendant presque 7 ans avant de prendre ma retraite à 60 ans. Puis, j’ai suivi des cours de télé-écoute à l’Albatros Trois-Rivières afin d’accompagnépour les personnes qui sont en phase terminale”, mentionne la Louisevilloise.
C’est toutefois par son implication dans la préservation du patrimoine que Mme Gauthier s’est particulièrement fait connaître à Louiseville.
Parmi les projets dont elle est la plus fière figure la sauvegarde d’un calvaire patrimonial situé sur la rue Notre-Dame Sud. Face au risque de démolition de l’ouvrage, elle participe à une importante campagne de financement. “On avait dit qu’on allait devoir défaire le calvaire parce qu’on n’avait pas l’argent. Puis j’ai reçu un appel d’un donateur anonyme qui a donné 15 000 $ pour le faire”, raconte-t-elle.
Son engagement lui permet également de documenter et de faire connaître l’histoire des Home Children, ces milliers d’enfants britanniques envoyés au Canada entre la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle. Ses recherches l’ont menée à découvrir que sa propre grand-mère faisait partie de cette histoire méconnue.
“J’ai tout fait l’histoire, où ils ont été pris, puis ça a été quoi leur vie et on a mis ça sur des pancartes pour faire connaitre aussi cette partie de l’histoire”, explique-t-elle en parlant de ses recherches sur les familles concernées dans la région.
Au cours des dernières années, Denise Gauthier a aussi participé à divers projets de mise en valeur du patrimoine local, notamment en documentant l’histoire de monuments et de lieux significatifs de Louiseville. Une partie importante de ses recherches a été rassemblée dans des cartables qu’elle souhaite voir préservés pour les générations futures.
“On a travaillé fort mes amies et moi, nous sommes allé chercher 32 000 $ avec des dons. Pour une petite ville comme Louiseville, oui, on a fait des pubs et des garages. Puis quand t’arrivais dans un garage, tu te dis, je viens chercher de l’argent, mais pourquoi vous venez chercher de l’argent? Faudrait tout que j’explique le projet. C’était important pour moi de faire connaître leur histoire”, affirme-t-elle.
Aujourd’hui âgée de 86 ans, Mme Gauthier continue de défendre l’importance de la mémoire collective et de la transmission du patrimoine. Elle estime que les histoires qu’elle a documentées font partie intégrante de l’identité de Louiseville et méritent d’être connues du public.
“On a travaillé sept ans sur ça. C’est une vie, sept ans”, conclut-elle en évoquant les nombreux projets auxquels elle a consacré temps et énergie.
