Pauline, source d’inspiration

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Par Marie-Ève Veillette
Pauline, source d’inspiration
À l'avant-plan: Kenya Frappier, entourée de Sylvie Bernard, Simon-Charles Benabou, Nicole Gagnon, Lise Piché et Sylvie Lacoursière. (Photo (Photo : Marie-Eve Veillette)

LOUISEVILLE. La quinzaine de résidents en perte cognitive de la Villa Louiseville a reçu un cadeau très spécial, le 11 février dernier, de la part du Cercle de Fermières  Sainte-Angèle-de-Prémont: un tapis d’activités de style patchwork, confectionné à la main, qui contribuera à préserver leur motricité.

Ce n’est pas un hasard si le Cercle a choisi la semaine de la Saint-Valentin pour le leur remettre. C’est que derrière ce cadeau se cache une grosse dose d’amour, de générosité et d’altruisme.

La personne qui a inspiré ce projet, c’est Pauline, une dame de l’Ontario que les Fermières ne connaissaient pas au moment de se mettre à l’ouvrage. Elles n’auront pas la chance de la connaître non plus, puisqu’elle est décédée il y a deux mois. Elle souffrait de démence.

Elle était la mère de Michelle et Rachelle, de bonnes amies de Kenya Frappier, l’initiatrice de tout ça à l’automne dernier. Son projet, bien personnel au départ, a pris une ampleur inattendue après qu’elle ait placé un appel à tous sur Facebook. Celui-ci visait à obtenir du matériel pour confectionner un tapis d’activités destiné à Pauline, une femme qui lui a toujours ouvert la porte de sa maison quand elle en avait besoin.

Kenya Frappier

«J’avais besoin d’un projet pour m’occuper l’esprit après le décès de mon père, raconte Kenya, qui est originaire de Saint-Paulin et qui a passé plusieurs années en Ontario. Je voyais noir et en même temps, je voyais ce qui arrivait à Pauline. Je me suis dit que je pourrais faire quelque chose pour elle et pour les autres résidents avec qui elle vivait maintenant. Je me disais que ça me remonterait le moral.»

Son appel à tous a été vu par une Fermière, qui est entrée en contact avec elle. Puis, tout a déboulé. Textiles Patlin a fait don de plusieurs morceaux de tissus, et près d’une vingtaine de Fermières ont mis la main à la pâte. Résultat? Dix-huit tapis d’activités de 18 po X 18 po ont vu le jour, plutôt que les cinq ou six projetés au départ par la jeune femme de 37 ans.

Le jour de la distribution à la Villa Louiseville a été chargé d’émotions. «Pauline n’aura finalement jamais eu le sien, car il a servi de modèle aux Fermières. Mais de voir autant de personnes bénéficier du projet qu’elle m’a inspiré me donne bien des frissons», témoigne Kenya, les yeux mouillés, se disant fière et touchée par toutes ces femmes qui ont donné de leur temps, de leur énergie et de leur créativité au bénéfice d’inconnus.

Au moment de recevoir son présent, une dame s’est mise à chanter. Une autre a esquissé un large sourire. Une autre encore a serré son cadeau très fort dans ses bras. «C’est très significatif, indique Simon-Charles Benabou, propriétaire de la Villa Louiseville, rappelant que chaque attention que l’on porte à une personne en perte cognitive lui apporte beaucoup de joie. «Cette clientèle n’a aucune hypocrisie. Tout est vrai. Ça me touche quand je vois ces personnes-là heureuses.»

«J’espère que le projet va faire des petits», rêve tout haut Kenya, qui envisage continuer la production de ces petits tapis avec ses proches pour aider le plus de gens possible.

Son souhait sera probablement exaucé, puisque la présidente du Cercle de Fermières Sainte-Angèle-de-Prémont, Nicole Gagnon, a indiqué que l’expérience pourrait être répétée dans un proche avenir.

Les Fermières de Sainte-Angèle-de-Prémont ont remis des tapis d’activités faits à la main à des résidents en perte cognitive de la Villa Louiseville. Elles sont accompagnées sur la photo de la députée fédérale Ruth Ellen Brosseau et du propriétaire de la Villa Louiseville, Simon-Charles Benabou,
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