Passer sa vie auprès des tout-petits

Andrée-Anne Trudel
Passer sa vie auprès des tout-petits
(Photo : L'Echo - Audrey Leblanc)

Louise Picard en a vu des petits bouts de choux grandir. L’éducatrice au Centre de la petite enfance Les services de garde Gribouillis de Louiseville a choisi de passer sa vie auprès d’eux, de les consoler, les réconforter, les faire sourire et même rire aux éclats. Louise Picard travaille au CPE depuis 1983. La doyenne a assisté à la transformation des services de garde au Québec, mais continue de franchir les portes du CPE de Louiseville tous les matins, avec le même sourire et la même passion.

« En 1983, je terminais ma formation de secrétaire médicale. À l’occasion, je gardais l’enfant d’un parent qui siégeait au conseil d’administration du CPE Les Gribouillis. C’est cette personne qui m’a dit de venir remplacer, qu’il manquait d’éducatrices. Finalement, après 38 ans, je suis encore là! », souligne Mme Picard.

Elle a fait le choix, à l’époque, de mettre un trait sur sa carrière de secrétaire médicale pour se concentrer sur sa nouvelle passion, celle de travailler auprès des enfants. Elle a mis la main sur son attestation d’études collégiales tout en travaillant et au final, elle ne regrette pas du tout son choix. « À cette époque, c’était le début des milieux de garde. Habituellement, les parents faisaient garder leur enfant par un proche ou des grands-parents. On devait faire de la sollicitation auprès des parents pour avoir des enfants à notre garderie », se souvient-elle. Problématique bien différente de celle d’aujourd’hui, où les parents sont parfois contraints à ne pas retourner au travail, faute de place en service de garde!

Les débuts du CPE Les services de garde Gribouillis

Le CPE Les Gribouillis avait ouvert ses portes quelques années auparavant, en 1981, au deuxième étage du centre communautaire dans le rang Petite-Rivière. 30 enfants étaient sur place et côtoyaient des éducatrices comme Louise Picard, éducatrices qui gagnaient à l’époque un salaire de 6,65$ de l’heure, se souvient-elle! Le centre avait une vocation communautaire. Des bénévoles et des parents volontaires s’impliquaient dans l’organisation des activités et contribuaient au bon fonctionnement de l’endroit.

Au fil des ans, les centres de la petite enfance du Québec se sont davantage structurés et ont adhéré à divers programmes éducatifs. Le CPE Les Gribouillis a déménagé en 1984 dans ses locaux actuels de la rue Notre-Dame Sud. « Quand nous sommes déménagés, nous avions 45 enfants. Maintenant, ce sont 80 enfants qui fréquentent le CPE. Nous avons la chance de travailler dans un environnement de travail stimulant, dans de beaux espaces, avec une belle cour. L’environnement de travail et les collègues y sont pour beaucoup », renchérit l’éducatrice.

Ses plus beaux moments

La carrière de Louise Picard n’est pas du tout terminée. Encore animée par la même passion qu’en 1983, l’éducatrice compte encore donner plusieurs autres années aux enfants du CPE. « C’est connu par contre, je compte entamer une retraite progressive l’an prochain et travailler trois jours par semaine. Je ne suis pas prête à quitter complètement. Je suis encore motivée! »

Parmi les beaux moments qui sont gravés à tout jamais dans sa mémoire, il y a l’activité de chocolat de Pâques, au tout début des années 1990. « On a toujours été très avant-gardiste. Je me souviens de cette campagne de financement dans le gymnase. Il était rempli de chocolat de Pâques que nous vendions. Ça sentait le chocolat quand on rentrait dans la bâtisse! Les parents se sont toujours impliqués dans les activités. Le CPE, c’est un milieu de vie », ajoute-t-elle, en énumérant les autres campagnes de financement, comme les tournois de golf, parades de mode et ventes de billets, qui permettaient au CPE de renflouer un peu ses coffres.

Les voyages de fin d’année à la Ronde, au Parc Safari et au Zoo de Granby sont également gravés dans sa mémoire. « Il y avait plein d’autobus devant la garderie le matin. Les parents pouvaient nous accompagner. C’est vraiment dans mes plus beaux souvenirs », affirme-t-elle.

Le souvenir qu’elle chérit le plus est celui d’avoir eu la grande chance et l’immense opportunité d’avoir vu ses propres enfants grandir dans la garderie. Bien qu’elle ne fût pas leur éducatrice, elle se rendait travailler chaque jour avec eux et pouvait partager une partie de leur quotidien. « Pour moi, c’est un gros plus d’avoir pu vivre ça », mentionne-t-elle en ajoutant que l’une de ses filles a d’ailleurs suivi ses traces et est maintenant enseignante en adaptation scolaire auprès des enfants… comme sa mère!

Les défis changeants

Les défis ont changé au fil des ans. Louise Picard note que les conditions de travail et salariales des éducatrices ont toujours été au cœur des préoccupations du personnel. « Depuis environ 10 ans, je dirais, on observe des coupures. On doit jongler avec les restrictions budgétaires. On doit se débrouiller avec ce qu’on a », souligne-t-elle.

Le manque de ressources pour les enfants aux besoins particuliers est également un enjeu présent et majeur. Les enfants « à défi », « à besoins particuliers », sont toujours là et les ressources insuffisantes, selon elle.

Malgré les défis qui changent, Louise Picard a su s’adapter et poursuivre sa carrière avec passion. Depuis les 38 dernières années, elle se rend chaque jour au CPE Les services de garde Gribouillis pour travailler auprès des enfants et elle prend maintenant soin d’enfants dont elle a même déjà gardé les parents! Un travail somme toute exigeant, confirme-t-elle, mais ô combien stimulant et motivant!

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Plante Luc
Plante Luc
1 mois

Bravo Louise. Bonne retraite