Les employeurs invités à guider les proches aidants

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Par Jonathan Cossette
Les employeurs invités à guider les proches aidants
Martin-Charles St-Pierre, Florence Pauquay, Jean Boulet, Daniel McMahon et Diane Cossette. (Photo : Jonathan Cossette)

L’Appui Mauricie a procédé au lancement officiel de sa campagne d’information visant à mieux soutenir les proches aidants qui concilient vie professionnelle, personnelle et soins à un proche. L’organisme a également confirmé la deuxième édition de sa campagne «Je fais un geste pour un collègue proche aidant».

Dans un premier temps, la campagne d’information vise l’amélioration de la qualité de vie de ces aidants-salariés, mais surtout le maintien à l’emploi de ces travailleurs.

«Les statistiques disent que la plupart des proches aidants sont âgés entre 45 ans et 65 ans et sont sur le marché du travail», lance Florence Pauquay, directrice générale d’Appui Mauricie. «Alors il faut trouver un moyen pour les rejoindre, car ces gens-là veulent rester à l’emploi et garder leur statut. Ils ne veulent pas tomber dans la précarité financière, ni perdre leur réseau social.»

«De leur côté, les employeurs veulent garder leurs employés alors c’était important de développer une boîte à outils que nous allons toujours bonifier. Elle va permettre aux employeurs d’identifier leurs proches aidants et de les guider vers les bonnes ressources.»

Financé en partie par le programme conciliation travail-famille du Ministère de la Famille, l’Appui Mauricie mettra en place plusieurs actions d’information et de sensibilisation, dont la diffusion de boîtes à outils aux employeurs.

«En tant que député de Trois-Rivières, mais aussi à titre de ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, je ne peux qu’être favorable au projet de l’Appui Mauricie», a pour sa part commenté le ministre Jean Boulet.

«24% de la population active agit à titre de proches aidants. Plus de 50% d’entre eux travaillent plus de 30 heures par semaines. Ils ont à gérer le stress, la fatigue et l’anxiété. Je fais appel à l’accommodement des employeurs.»

L’aidant-salarié, mieux outillé, pourra développer un meilleur équilibre de vie et ainsi diminuer les risques d’absentéisme ou de présentéisme dû à son rôle d’aidant.

Des ambassadeurs mobilisés

Pour faire mousser cette campagne, pas moins de trois organisations se sont mobilisées pour le maintien à l’emploi des salariés-aidants, soit Ménagez-vous, l’Université du Québec à Trois-Rivières (UQTR) et le Centre de recherche d’emploi de la Mauricie (CREM). Dans le cas du CREM, la directrice générale mentionnait que son équipe déploie depuis plusieurs années des programmes de soutien pour le maintien des travailleurs.

«C’est important pour nous de se joindre au mouvement, surtout qu’on a 2000 personnes qui gravitent autour de l’université. On doit donc avoir un paquet de proches aidants! On doit faire comprendre à ces gens qu’ils doivent se déclarer et on va les aider», a témoigné le recteur de l’UQTR, Daniel McMahon. «Sur le plan personnel, je suis moi-même proche aidant auprès de mes parents, rôle que je partage avec ma sœur. On a souvent ce sentiment de culpabilité, car on voudrait en faire plus pour ceux qui nous ont tout donné.»

«Le mot ambassadeur est un beau terme, mais il est trop gros pour moi seul», a renchéri Martin-Charles St-Pierre, directeur associé de Ménagez-vous. «On est 150 à se déplacer à travers la Mauricie depuis plus de 20 ans. On a toujours été proche de nos employés proches aidants et on a même implanté une règle voulant que la porte de la direction soit toujours ouverte pour permettre aux employés de venir se confier. Alors ce que je dirais aux employeurs, c’est soyez souple avec vos employés.»

Concours

L’Appui Mauricie a annoncé le retour de sa campagne «Je fais un geste pour un collègue proche aidant».

«On invite tous les employés de la Mauricie à identifier leurs collègues proches aidants et à les inscrire. Ces gens-là ont besoin d’un moment de tranquillité et on fait tirer plusieurs prix, dont des nuitées à l’Hôtel Sacacomie et au gîte La Maison sous les arbres», a expliqué Mme Pauquay.

Selon diverses études, 44% des aidants manquent des jours de travail, 15% réduisent leur temps de travail, 10% quittent la vie active et 50 % n’en parlent pas à leur employeur.

 

 

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