Dernière messe à Charette pour l’abbé Jean Arvisais

CHARETTE.  Après 20 ans à la paroisse de Charette, l’abbé Jean Arvisais a célébré, le 3 mai, sa dernière messe à l’église Notre-Dame-des-Neiges, entouré d’une communauté venue lui rendre hommage avant son départ à la retraite.

PAR FATOUMATA DAPA/ fdapa@icimedias.ca

Arrivé en 2006 à la paroisse de Charette, l’abbé Jean Arvisais y aura exercé son ministère pendant deux décennies, marquant la vie spirituelle d’une communauté d’environ 1 000 personnes. Cette célébration d’adieu, demandée par les fidèles, s’inscrivait dans la continuité d’un engagement sacerdotal amorcé il y a plus de 60 ans.

“J’étais à la paroisse de Charette depuis 2006. Ça faisait 20 ans que j’étais là. J’avais célébré le 24 décembre, mais les gens de la communauté voulaient que je me salue une dernière fois”, explique-t-il. La messe, suivie d’un moment de partage, s’est déroulée dans une atmosphère qu’il décrit comme “très chaleureuse et très sympathique, à l’image de la communauté”.

Ordonné à 24 ans, l’abbé Arvisais évoque une vocation née d’un appel profond. “Si on a un regard de foi sur nos vies, c’est un appel qu’on a. Et puis l’appel que me lançait le Seigneur, pour moi, était plus fort. Parce qu’à la fois, à ce moment-là, je sortais avec une fille que j’aimais beaucoup, Louise. C’est ce qui est arrivé à dire à Louise, elle a accepté aussi, puis on s’est laissés, puis j’ai accepté de devenir prêtre. C’est tout un autre appel, parce qu’on renonce, à ce moment-là, à fonder une famille. On renonce à avoir une épouse, à des enfants. Mais notre amour porte sur les personnes avec lesquelles on travaille”, confie-t-il, rappelant aussi plusieurs autres renoncements associés à ce choix de vie.

Au fil des décennies, son parcours l’a mené notamment en milieu scolaire, avant d’être appelé, en 2000, à servir la paroisse de Saint-Élie-de-Caxton. Six ans plus tard, il se voit confier également la paroisse de Notre-Dame-des-Neiges de Charette, qu’il continuera de desservir seul à partir de 2015.

Durant ces années, il souligne l’accueil et l’attachement de la population locale. “C’est une communauté assez exceptionnelle. (…) Je me suis toujours senti vraiment chez moi”, dit-il. Malgré les déplacements réguliers, parfois difficiles en période hivernale, il affirme avoir toujours accompli son ministère avec plaisir. “Ce n’était pas une lourdeur d’y aller, c’était un plaisir”, précise-t-il.

Interrogé sur l’héritage qu’il laisse, l’abbé Arvisais évoque une vision inspirée du penseur Jean Vanier. “Aimer quelqu’un, c’est lui révéler qu’il est beau, qu’il est important, qu’il a de la valeur. Si les gens étaient convaincus de ça, je serais l’homme le plus heureux”, affirme-t-il.

La relève est désormais assurée par Benoît Matiri, originaire du Congo, qui prend en charge la paroisse. L’abbé Arvisais se dit confiant pour l’avenir de la communauté, estimant qu’elle est “entre bonnes mains”.

La célébration du 3 mai a constitué pour lui un moment marquant. “Je pense que c’était la première fois que j’étais fêté”, souligne-t-il, touché par les témoignages de reconnaissance. “Ils m’ont dit merci, puis moi, je leur ai dit merci aussi, parce que j’avais reçu plus d’eux que j’avais pu leur donner”, se réjouit-il.

Aujourd’hui retiré, il entame une nouvelle étape de vie, qu’il aborde avec sérénité. Installé près du lac Goulet, il consacre ses journées à la lecture, à la marche et à la baignade, tout en demeurant disponible pour ceux qui sollicitent son soutien spirituel. “Que les gens m’appellent pour me demander de prier pour eux, c’est comme un compliment qu’on me fait. Que je sers encore à quelque chose”, confie-t-il.

À l’aube de ses 89 ans, l’abbé Arvisais retient surtout “un sentiment de gratitude et de joie”. Et s’il n’exerce plus son ministère de la même manière, il poursuit, selon ses mots, “La dernière phrase que je leur ai dite dans mon homélie, et c’est cela que je veux rappeler: leur dire que je les aime et que je continue à les porter dans ma prière. C’est peut-être ça, mon ministère maintenant. C’est un ministère d’intercession auprès du seigneur”, conclut-il.