Vers des coupures de services en transport collectif en Mauricie?

MAURICIE.  La Table des élus dénonce les coupures du gouvernement du Québec en transport collectif. En annonçant les modalités du Programme d’aide au développement du transport collectif (PADTC), le ministère des Transports et de la Mobilité durable modifie les règles de façon rétroactive, ce qui pourrait causer des déficits et même des diminutions de services en Mauricie.

Le gouvernement a tardé à dévoiler les orientations du PADTC et voilà qu’il annonce qu’il coupe dans les dépenses engagées en 2025.

“C’est une aberration, s’insurge le président de la Table des élus de la Mauricie, Guy Veillette. On est à la fin de 2025 et on nous annonce les modalités du programme qui se déploie en cours d’année 2025. C’est ridicule qu’on arrive avec ça un an plus tard. Les MRC et les Villes de la Mauricie ont engagé des dépenses importantes pour le développement de nouveaux circuits, et là on se fait dire de façon rétroactive: finalement, vous n’aurez pas droit à ce que ce soit indexé ou ce que vous aviez prévu, on ne pourra pas répondre à ces demandes financières.”

Également préfet de la MRC des Chenaux, M. Veillette s’inquiète moins pour sa MRC qui avait fait preuve de prudence dans ses prévisions.

“Sur le territoire de la MRC des Chenaux, l’effet n’est quand même pas trop catastrophique. On avait été très conservateur dans les prévisions budgétaires. C’est un montant entre 15 000 $ et 20 000 $ à peu près qu’il nous manque. On est capable d’aller ponctionner et d’aller trouver ça dans certaines réserves qu’on avait, mais pour d’autres territoires, ça représente plusieurs centaines de milliers de dollars.”

Dans la MRC de Maskinongé, on pourrait assister à une diminution de services.

“Je pense que ça va se traduire par des baisses de services. Le service de transport de Maskinongé est vu comme étant un des beaux exemples au Québec de développement et de réponse aux besoins du territoire. Ils sont en constante adaptation mais là, on vient de leur couper les ailes comme ça ne se peut même pas. Nous, on prend un exemple sur ce qui se fait là-bas, ils sont une référence pour beaucoup de régions dans la façon d’opérer un service de transport collectif. Oui, il risque d’avoir des diminutions parce que les municipalités ne peuvent pas supporter les factures supplémentaires que ça peut représenter, donc il y a vraiment des choix à faire.”

Pour la première fois depuis des années, le programme 2022-2024 avait permis de renforcer les réseaux de transport à travers la Mauricie. Ces coupes et changements d’envergure nécessitent une période de transition, fait valoir la Table des élus considérant que le gouvernement revient sur ses engagements en imposant des modalités rétroactives pour l’ensemble de l’année 2025.

“On présente des prévisions budgétaires et on a les réponses à peu près un an et demi plus tard avec le paiement. C’est difficile de fonctionner comme ça alors qu’on doit répondre d’une façon instantanée aux besoins de transport sur le territoire. Quand on opère un service de transport, on ne peut pas dire qu’on l’opère d’une façon approximative. Les gens comptent sur le transport pour leurs déplacements médicaux, leurs déplacements en lien avec les études, aller travailler. On doit faire preuve de rigueur.”

La Table des élus de la Mauricie estime que ces importantes coupures en transport collectif sont en complète incohérence avec les orientations gouvernementales qui imposent aux MRC une planification du développement en matière de mobilité durable et de transport collectif via leur schéma d’aménagement et de développement.

“Le gouvernement ne nous aide pas, malgré le fait que ce soit une orientation gouvernementale en aménagement du territoire qui dit qu’on doit favoriser la mobilité durable sur le territoire et ça passe notamment par le transport collectif.”

Les élus de la Mauricie demandent au gouvernement de revoir ses modalités et de respecter ses engagements.

“J’ai peu d’espoir, mais on ne peut pas vivre avec des effets rétroactifs parce qu’il faut aller piger l’argent quelque part. C’est dans les poches du contribuable qu’on va aller le chercher, je trouve que c’est inadmissible de vivre ça comme ça. C’est quelque chose qui peut être très pénalisant parce qu’on veut répondre aux besoins, établir des nouveaux circuits, revoir nos façons de faire, on ne peut pas faire ça à ce moment-là, on vit avec des inconvénients qui sont vraiment concrets pour les utilisateurs.”