Une usine de biométhanisation dans l’ancien abattoir Lucyporc?
YAMACHICHE. Un producteur porcin de Yamachiche veut transformer l’ancien abattoir Aliments Lucyporc, propriété d’Olymel et fermé en 2019, en une usine de biométhanisation d’une capacité de 120 000 tonnes d’intrants agricoles.
Propriétaire de l’abattoir Viandes du Canton et de diverses fermes porcines, Donald Caron a vu sa demande auprès de la Commission de la protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) être approuvée sous conditions en février dernier.
Le promoteur, qui opère également Ferme Les 3 Petits Caron et les entreprises Fermes DMS et Proporsain qui gèrent diverses fermes porcines au Québec mais principalement en Mauricie, prévoit que le quart des intrants agricoles, soit 30 000 tonnes, proviendront de ses propres installations.
Le reste proviendra d’un réseau de producteurs agricoles locaux prévoit, Donald Caron, et “les digestats générés par le procédé seront redistribués aux exploitants agricoles, offrant ainsi une valorisation des résidus sous forme de fertilisants organiques, en cohérence avec une approche d’économie circulaire.”
Spécialisée dans le support aux projets de gaz naturel renouvelable (GNR), la firme conseil Qarbonex a été mandatée par Donald Caron pour analyser le potentiel de développement d’un projet de biométhanisation dans la région de Yamachiche. “Leurs études démontrent un potentiel de production de GNR suffisant pour assurer la justification économique du projet”, peut-on lire dans la décision de la CPTAQ.
Le propriétaire de Viandes du Canton souligne que son projet de “biométhanisation s’inscrit dans les objectifs du Plan de développement de la zone agricole (PDZA) de la MRC de Maskinongé en matière de gestion des résidus agricoles et de développement de l’économie circulaire.(…) La gestion déficiente des résidus agricoles est identifiée comme un enjeu majeur dans le portrait diagnostic du PDZA.”
Le promoteur indique que le gaz naturel renouvelable produit par l’usine de biométhanisation pourra être injecté dans le réseau gazier d’Énergir dont la conduite est située à environ 150 mètres de l’ancien abattoir, à l’intersection de la route 138 et du Chemin du Canton Sud.
Donald Caron indiquait attendre l’approbation de la CPTAQ avant d’entreprendre les premières étapes du projet, incluant l’analyse technicoéconomique, la demande de subventions et l’ingénierie préliminaire.
La Commission a finalement autorisé le projet, qui bénéficiait du soutien de l’UPA de la Mauricie, bien que sa préférence pour l’établissement d’usines de biométhanisation demeure qu’elles soient aménagées dans des zones industrielles et commerciales.
Dans sa décision, la CPTAQ accorde son autorisation conditionnelle à ce “qu’au moins 75% de la masse totale des intrants d’origine agricole provienne d’entreprises agricoles situées à moins de 50 kilomètres du site visé. L’autorisation est conditionnelle à ce que la majorité des intrants traités par l’usine de biométhanisation provienne de sources agricoles, les autres intrants pouvant provenir de sources agro-industrielles ou d’autres matières organiques admissibles, conformément au cadre réglementaire applicable.”
Nos demandes d’entrevues avec le promoteur Donald Caron sont restées sans réponse.
