Une première production de fromage de brebis en Mauricie
SAINT-ÉTIENNE-DES-GRÈS. C’est à deux citadins sans expérience agricole qu’on doit la première bergerie laitière à voir le jour en Mauricie.
Propriétaires de Bergerie La Vieille École, à Saint-Étienne-des-Grès, Marie Alepins et Gabriel Archambault ne se sont pas lancés dans cette aventure en compagnie de leurs sept enfants sans avoir fait minutieusement leurs devoirs.
Le nom de la ferme réfère à la maison qu’ils habitent sur le chemin des Dalles, une ancienne école de rang appartenant au père de Marie. Elle, de Laval, lui, de Sherbrooke, ont d’abord construit leur bergerie en 2022, commencé à traire leurs brebis l’année suivante et prévoient atteindre la capacité maximale de leur installation en 2026 avec une soixantaine de brebis en lactation.
“Pour l’instant, on vend notre lait à la fromagerie La Moutonnière, à Saint-Hélène-de-Chester, mais notre objectif à long terme, c’est de fabriquer notre propre fromage et de l’affiner ici à Saint-Étienne-des-Grès”, mentionne Marie Alepins qui a récemment produit son premier fromage La Vieille École à partir des installations de la Fromagerie des Grondines.
Avec les agneaux que les brebis mettent bas chaque printemps, Marie et Gabriel conservent quelques agnelles pour remplacer les brebis vieillissantes et utilisent les autres pour les transformer en découpes de viandes, saucisses et charcuteries, toutes préparées par Le Rieur Sanglier à Yamachiche.
“Nous fabriquons aussi du savon à partir du lait de brebis et du gras d’agneaux. Il y a juste la laine qu’on n’a pas encore transformée bien qu’on en a utilisé pour isoler notre bâtiment. C’est quelque chose qu’on veut éventuellement aussi développer. Notre but, c’est de garder l’esprit d’une petite entreprise familiale, bien intégrée dans la localité, qui développe ses propres produits dans un circuit court autant que possible”, explique Gabriel Archambault.
Une production singulière
On compte à peine une trentaine de bergeries laitières au Québec, celles-ci étant surtout concentrées dans les régions de l’Estrie et du Centre-du-Québec. Étant donné la singularité de ce type de production, les propriétaires de ferme La Vieille École ont dans leur mire de développer le volet agrotouristique.
“J’ai défriché deux hectares de terrain que je vais transformer en pâturage. Normalement, je vais semer au printemps prochain et si ça va bien, le troupeau pourra aller au champ à la fin de la saison”, prévoit celui qui travaillait auparavant comme ingénieur dans une entreprise familiale à Sherbrooke.
Pour l’instant, la grande majorité du lait de brebis est expédiée à La Moutonnière, à raison de deux fois par semaine, mais à moyen terme, toute la transformation se fera à Saint-Étienne-des-Grès.
“Il y a des coûts associés au transport. Parce qu’on vient de démarrer, c’est la seule façon de transformer notre lait mais éventuellement, on veut construire une fromagerie et une salle d’affinage ici parce que c’est comme ça que ça sera économiquement rentable”, explique Marie Alepins qui entretemps peaufine son métier de fromagère à Grondines.

(Photo Bernard Lepage)
Comme beaucoup de producteurs de brebis laitières au Québec, le couple opère sur une base saisonnière, c’est-à-dire que la traite de lait débute au printemps et se termine à l’automne, en même temps qu’une bonne partie du troupeau d’agneaux est envoyée à l’abattoir avant d’être revalorisée pour sa viande.
“Nous avons construit une bergerie froide, c’est-à-dire qu’elle n’est pas isolée et n’est pas chauffée l’hiver. Les brebis n’ont aucun problème avec ça. Et cette façon de faire est plus en accord avec elles parce que les moutons se reproduisent naturellement à l’automne et les agneaux arrivent dans la nature au printemps. C’est un animal plus rustique que la vache par exemple”, termine Gabriel Archambault.
Pour en savoir plus sur la Bergerie La Vieille École, visitez leur site web (www.fermevieilleecole.com) qui comprend notamment une boutique en ligne avec leurs produits transformés.
Fromage de brebis ou fromage de chèvre?
Confondu souvent à tort avec le fromage de chèvre qui a un goût plus prononcé, celui de brebis se distingue en étant plus riche en calcium et en vitamine B que le fromage de vache laitière par exemple. Le lait de brebis est aussi plus digeste que le lait de vache commercial tout comme le lait de chèvre. Parce qu’il est plus riche en matière grasse et en protéines, avec 10 litres de lait de brebis, on peut produire 8% plus de fromage qu’avec la même quantité de lait de vache.
