Une ferme biologique aux grandes ambitions

Photo de Marie-Ève Veillette
Par Marie-Ève Veillette
Une ferme biologique aux grandes ambitions
Frédéric Morin et son bras droit Guillaume Janelle-Lavallée. (Photo : Photo Marie-Eve Veillette)

La petite terre maraîchère

SAINT-BONIFACE. Même s’il se donne corps et âme à son entreprise agricole depuis quatre ans déjà, le propriétaire de La petite terre maraîchère, Frédéric Morin, se sentait un peu en année de démarrage cet été. C’est qu’il a quitté son champ de Saint-Élie-de-Caxton pour poursuivre sa production à Saint-Boniface.

«On a presque la même superficie en champ cultivé ici qu’à St-Élie [0,8 hectare], mais on a deux fois plus de surface en serre et un tunnel supplémentaire. Contrairement à l’ancien emplacement, on a un terrain plat. Il est nivelé, chaulé et bien fertilisé. Un gros travail de sol y a été réalisé avec les recommandations des agronomes parce qu’avant, c’était un pâturage», mentionne le maraîcher biologique, qui loue sa terre.

Il ne cache pas que les derniers mois ont été très occupés, étant donné qu’il lui a fallu mettre en place tous ses équipements: serre, tunnels, système d’irrigation… «C’est une gosse année. Mais c’est fait. L’automatisation aussi», souffle-t-il.

Il a réalisé ce travail colossal avec l’aide de son bras droit, Guillaume Janelle-Lavallée. C’est avec lui qu’il effectue tout l’ouvrage que requiert une entreprise agricole comme la sienne. «On s’est connu à l’école d’agriculture de Nicolet, raconte M. Morin. Il s’est joint à moi l’été dernier. L’an prochain, on devrait s’associer de façon plus formelle.»

Des employés devraient également s’ajouter au duo. «On parle de deux, peut-être trois employés. Actuellement, c’est vraiment intense comme période, mais on a du plaisir. On aspire tout de même à en arriver à un emploi du temps un peu plus normal.»

Des projets à la tonne

Il faut dire que les projets ne manquent pas et que pour les développer, des bras supplémentaires s’imposent, d’autant plus que La petite terre maraîchère connaît déjà une belle période de croissance: «Notre nombre d’abonnés aux paniers bio augmente. On a doublé par rapport à l’an dernier. On a actuellement 100 abonnements et on prévoit en avoir entre 150 et 175 l’année prochaine».

Parmi les projets envisagés, Frédéric Morin souhaite mettre en place un «vrai» kiosque à la ferme, doté de réfrigérateurs et offrant de bonnes heures d’ouverture, et augmenter la diversité de ses produits. «J’aimerais beaucoup développer les petits fruits bios: bleuets, framboises, fraises avec de l’auto-cueillette», confie le maraîcher, qui prévoit par ailleurs ajouter à ses installations quatre serres d’une dimension de 84×84 pieds, acquises de l’Université Laval.

Il veut également percer le marché de la restauration, qu’il aimerait alimenter à l’année, en fines herbes principalement. «Pour cela, on envisage construire une serre écologique avec panneaux solaires dès l’an prochain, ce qui nous permettra de fonctionner douze mois par année. Elle sera construite selon le principe des Earthships», annonce Frédéric Morin.

Concrètement, elle sera fabriquée avec des pneus recyclés, des grosses poutres de bois et du polythène.

À plus long terme, le site lui-même subira des améliorations esthétiques. Le propriétaire des lieux, Dominic Cossette, projetterait d’aménager une fontaine dans l’étang, de faire de l’empierrement et d’installer des tables pour en faire un lieu un peu touristique, révèle M. Morin. «C’est vraiment l’année 1 d’un gros projet appelé à se développer quand même assez rapidement.»

Déjà, la maison située sur le terrain a été entièrement rénovée pour permettre la location de courts séjours en formule Airbnb. «C’est loué toute la saison. Les gens viennent se promener en famille. C’est ce qu’on souhaite. On veut que ce soit convivial et donner une dimension éducative à tout ça», conclut le maraîcher.

Fou du bio!

Frédéric Morin a toujours aimé cultiver la terre, sans toutefois penser à en faire son métier dans sa jeunesse. «Je me suis longtemps demandé ce que j’allais faire dans la vie», confie celui qui a fini par amorcer une carrière dans le domaine de la relation d’aide. «J’étais bien dans ça, mais quand j’ai construit ma maison et que j’y ai fait mon premier jardin, j’ai réalisé que c’était vraiment ça, ma passion.»

Le jeune homme a alors entrepris une réorientation en s’inscrivant à l’école d’agriculture de Nicolet, dans le but de faire de la production biologique. Aujourd’hui, il est parfaitement heureux aux commandes de son entreprise, Les petites terres maraîchères, à Saint-Boniface, où tout le travail est effectué à la main: «La vie est bien faite: avant je prenais soin des personnes et maintenant, je prends soin des légumes. C’est thérapeutique, être dans un champ!»

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